Le jour où les travailleurs se sont libérés de la tyrannie de l'horloge

©AFP

Revue de presse de la revue britannique The Economist.

Il y a 200 ans, un dispositif a commencé à dominer le monde du travail. Non, pas la machine à vapeur mais l'horloge. Avec l’essor industriel et celui des usines, les gens ont ainsi commencé à être payés sur base du nombre d'heures prestées, plutôt que sur leur production matérielle.

Aujourd’hui, la tyrannie de l'horloge fléchit. Une enquête menée par la messagerie d'entreprise Slack, auprès de 4.700 travailleurs à domicile, dans six pays, a ainsi révélé que le travail flexible était perçu de manière très positive, améliorant à la fois l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée et la productivité. Les travailleurs flexibles ont même obtenu de meilleurs résultats en ce qui concerne le sentiment d'"appartenance" à leur organisation que ceux qui travaillent en horaire 9h/17h.

©REUTERS

Il n'est guère surprenant que les travailleurs préfèrent la flexibilité. Travailler selon un horaire rigide de huit heures est incroyablement contraignant. De nombreuses familles doivent constamment jongler avec les horaires et renoncer à de précieuses vacances pour faire face aux urgences domestiques.

Il n'est pas non plus trop étonnant que les travailleurs à domicile se sentent plus productifs. Après tout, peu de gens ont la capacité de se concentrer pendant huit heures d'affilée. Il y a des moments dans la journée où les gens ont besoin de se relaxer; ce sont des moments où ils (re)trouvent de l'inspiration et rechargent leur batterie pour la suite.

Le travail à distance n'est évidemment pas possible pour tout le monde. Mais pour de nombreux employés de bureau, il est parfaitement sensé. Ils peuvent maintenir certains rendez-vousfixes dans la semaine (les réunions du personnel, par exemple) mais accomplir leurs tâches à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Les employés de bureau peuvent donc désormais être rémunérés pour les tâches qu'ils accomplissent plutôt que pour le temps qu'ils y consacrent.

Il faut se féliciter de cette libération des travailleurs du joug du temps. L'horloge était un maître cruel et beaucoup de gens seront heureux d'échapper à sa domination. D’ailleurs, d’après l’étude menée, seulement 12% des travailleurs interrogés souhaitent retrouver un horaire de travail normal.

Cet article publié dans l’édition de The Economist du 17 octobre a été traduit et résumé par nos soins.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés