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Le manque de pouvoir politique des jeunes menace l'Allemagne

©AFP

Revue de presse du journal allemand Deutsche Welle.

Les jeunes électeurs en Allemagne peuvent-ils influencer l’issue des élections dans leurs intérêts ? La réponse est malheureusement non.

En Allemagne, ce sont les électeurs âgés qui décident de l’avenir politique du pays. C’est aussi le cas pour les élections fédérales de 2021. Leur domination démographique est écrasante: les statistiques officielles indiquent que 57% des électeurs ont plus de 50 ans, tandis que 14,4% ont moins de 30 ans.

Le climat est important, les pensions encore plus

Il n’y a pas que les électeurs qui aient vieilli, les politiciens aussi. Au sein du précédent Bundestag, seuls 3 députés sur 709 avaient moins de 30 ans. Sur les 6,211 candidats au scrutin de dimanche, 1,031 ont moins de 30 ans.

30%
Selon un récent sondage, seuls 30% des Allemands de plus de 50 ans prenaient en considération "l’intérêt des jeunes pour la protection du climat et de l’environnement" au moment de voter.

On aura beau tourner et retourner le problème, les intérêts des jeunes n’ont aucune chance d’être entendus sans le soutien des précédentes générations. Il suffit de regarder le débat sur la lutte contre le changement climatique, qui est d’une importance toute particulière pour les jeunes.

Le soutien des Allemands plus âgés sur le sujet varie de sondage en sondage, mais le plus récent montre que 81% des Allemands pensent qu’il reste beaucoup de travail à faire contre le changement climatique. Mais un sondage mené en juillet et en août par une association environnementale allemande révélait que seuls 30% des plus de 50 ans prenaient en considération "l’intérêt des jeunes pour la protection du climat et de l’environnement" au moment de voter.

Vieux hommes, nouvelles politiques?

Le principal souci des partis politiques lorsqu’ils doivent façonner un programme est de ne pas effrayer les électeurs plus âgés.

L’élection du 26 septembre offre au plus vieux candidat à s’être jamais présenté à la Chancellerie l’opportunité de préparer le terrain pour un changement. À 63 ans, Olaf Scholz, ministre des Finances, vice-Chancelier et candidat du Parti social-démocrate pour succéder à Angela Merkel, espère former un gouvernement avec les Verts pour faire avancer la lutte contre le dérèglement climatique.

Alors même que chaque parti politique parle de l’importance de la jeune génération, leur principal souci lorsqu’ils doivent façonner un programme est de ne pas effrayer les électeurs plus âgés. Lors de sa campagne, Olaf Scholz a même mis ses doigts en losange, selon la posture classique de Merkel, pour souligner qu’il représentait la constance.

Les évolutions démographiques forcent la main de la démocratie, et sur le terrain des opinions politiques, les personnes âgées ont plus d’influence que les jeunes générations. En théorie, les électeurs plus âgés pourraient utiliser leur influence pour soutenir les intérêts de leurs enfants et petits-enfants en même temps qu’ils limiteraient leur propre pouvoir. Dans la pratique, cependant, c’est une illusion politique de croire que cela arrivera. Ce qui n’est pas un illusion, par contre, c’est le risque que la recherche à tout prix de stabilité ne se transforme en stagnation.

Cet article, publié dans Deutsch Welle sous la plume d'Astrid Prange, a été synthétisé et traduit par nos soins.

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