tribune

Le pass sanitaire peut-il faire trépasser la croissance française?

Revue de presse du quotidien français Le Figaro.

L'extension du pass sanitaire en France, sur lequel se prononce le Conseil constitutionnel ce jeudi, va porter un coup à la croissance 2021 en détournant la population de la consommation et du tourisme.

Les confinements ont coûté déjà 7,9 points de PIB à la France en 2020. Ils nous ont coûté la croissance des premiers mois de 2021 avec une baisse de la richesse nationale de 0,1 point au premier trimestre de cette année.

Le pass sanitaire obligatoire pour les lieux de loisir, le restaurant, la piscine, certains shopping centers… risque encore donner encore un coup sur la tête à des milliers de TPE, PME du tourisme et centres commerciaux dans toute la France.

Nul ne peut être certain que ces mesures nous permettraient d'éviter un 4e confinement à l'automne.

Il est paradoxal de vouloir atteindre 6% de croissance en 2021 tout en mettant en place des restrictions qui vont détourner les Français de la consommation et des sorties du quotidien pendant l'été. Et nul ne peut être certain que ces mesures nous permettraient d'éviter un 4e confinement à l'automne.

C'est donc le moment de se poser la question: ces contraintes vont-elles conforter la richesse nationale ou planter la croissance?

Tous les professionnels des secteurs concernés annoncent des impacts négatifs entre 18% et 60% en moins du chiffre d'affaires annuel. Soulignons que, dans le secteur du tourisme, 60% du chiffre d'affaires se fait entre juillet et septembre. Le secteur du tourisme, c'est environ 170 milliards d'euros par an de chiffre d'affaires en France pour une année normale. En 2020, la perte pour le tourisme est estimée entre 60 et 75 milliards d'euros et ce, malgré une plutôt bonne saison en juillet août l'an dernier.

Ces pertes auraient un impact négatif net sur la richesse nationale entre 0,3 et 0,7 point de PIB. Et encore, cela ne compte pas l'effet sur les centres commerciaux. La croissance 2021 de la France serait forcément impactée.

Cette dégradation aurait aussi pour corollaires de nouvelles dépenses publiques pour aider les entreprises concernées alors que le déficit public 2021 de la France est déjà prévu à 228 milliards d'euros. Sans compter aussi les moindres recettes fiscales et sociales.

Soulignons enfin qu'en Europe, aucun pays n'a adopté des contraintes aussi coercitives.

Ces mesures vont impacter tout de suite notre croissance pour, soi-disant, la protéger demain.

Cette tribune, publiée dans Le Figaro sous la plume d'Agnès Verdier-Molinié (directrice de la fondation Ifrap), a été synthétisée par nos soins.

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