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Le Salvador fait le pari du bitcoin. Le début d’une surenchère?

Nayib Bukele, le président salvadorien. ©REUTERS

Revue de presse du quotidien américain Boston Globe.

Le Salvador est devenu le premier pays à adopter le bitcoin comme monnaie légale.

Le bitcoin y a désormais le même statut juridique que le dollar américain, qui reste la monnaie officielle. "Tout peut être payé en bitcoins et personne ne peut refuser le paiement", a précisé Nayib Bukele, le président salvadorien, sur les réseaux sociaux. "Même les impôts peuvent être payés avec des bitcoins. Même les prêts". De fait, les entreprises sont désormais légalement tenues d'accepter les bitcoins comme moyen de paiement, à l'exception de celles qui ne disposent pas de la technologie pour le faire.

Le fait que Bukele se soit servi des réseaux sociaux pour répondre à des questions de politique intérieure salvadorienne est très caractéristique de sa démarche. Il utilise aussi beaucoup Twitter et évite les médias traditionnels au profit des influenceurs de YouTube. Mais ses récentes tendances autoritaires ont alarmé les autorités américaines qui envisagent de prendre des sanctions contre des responsables du gouvernement salvadorien. Ce n'est donc pas tout à fait une coïncidence si les pays misent massivement sur les cryptomonnaies sont précisément ceux qui font face à des sanctions financières de la part des États-Unis.

La décision du Salavor pourrait marquer le début d'une surenchère entre les nations pour attirer cette richesse volatile, estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Cette nouvelle approche constitue une forme de «représailles populistes et intelligentes de Bukele à l’égard des États-Unis», analyse Nic Carter, un capital-risqueur local, expert des cryptomonnaies. Et il a raison. Comme l’a expliqué Bukele, l’idée est aussi d’attirer des capitaux dans le pays, sachant que les transferts de fonds des Salvadoriens vivant à l’étranger représentent déjà environ 23% du PIB.

Cette nouvelle politique fait que les détenteurs de bitcoins - estimés à environ 100 millions de personnes dans le monde - regardent désormais le Salvador d'un œil neuf. "Il y a beaucoup de crypto capitaux qui circulent et qui cherchent un foyer", analyse Carter. « Ce sont des gens indifférents à l'endroit où ils vivent mais sensibles à la réglementation et à la politique fiscale ».

La décision de Bukele pourrait donc marquer le début d'une surenchère entre les nations pour attirer cette richesse volatile, estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars. D’autres dirigeants d'Amérique latine ont d’ailleurs exprimé leur intérêt pour ouvrir leur économie au bitcoin.

Cette tribune publiée par The Boston Globe a été traduite et résumée par nos soins.

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