tribune

Le vaccin des riches et celui des pauvres

Revue de presse du quotidien canadien La Presse.

Les Québécois ont attendu longtemps l’essentiel avant de revoir leurs proches et leurs aînés, isolés dans les maisons de repos. Mais pour beaucoup d’immigrants, c’est une tout autre histoire!

Beaucoup ont perdu des proches restés au pays et n’ont pas pu faire leur deuil. Tout se vivait virtuellement, par téléphone ou sur les réseaux sociaux. En Algérie, en Tunisie, en Inde et dans beaucoup d’autres pays, la vaccination a commencé très tard et est administrée au ralenti. On a vu circuler d’horribles vidéos de gens mourant en direct devant des hôpitaux, faute d’oxygène.

Sa maman ne peut pas venir… parce que le Canada n’accepte pas le vaccin chinois, Sinovac!

Une jeune Marocaine Aya n’avait pas vu sa mère depuis le début de la pandémie. Elle a tout fait pour que celle-ci se fasse vacciner, afin de pouvoir la mettre dans le premier avion pour Montréal. Au terme de démarches longues et harassantes, on lui annonce que sa maman ne peut pas venir… parce que le Canada n’accepte pas le vaccin chinois, Sinovac! L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pourtant reconnu ce vaccin et d’autres!

Au tout début de la pandémie, l’OMS avait parlé du vaccin comme d’un bien commun pour l’humanité. La logique sanitaire aurait voulu qu’on vaccine les populations vulnérables partout dans le monde, mais la distribution des vaccins a été influencée par un "nationalisme vaccinal" qui a pris des allures de guerre d’influences. Cette guerre d’influence est devenue un enjeu de puissance. Le sort des millions de victimes du covid ne pèse pas lourd devant la volonté de contenir l’influence de la Russie (qui a nommé son vaccin Spoutnik V) et de la Chine, notamment en Afrique et dans d’autres pays pauvres.

La solution est simple: il suffit de donner les recettes des vaccins à d’autres laboratoires de partout dans le monde pour qu’ils puissent produire le vaccin et qu’on en finisse avec cette pandémie. Autrement, les pays riches pourront vacciner leurs populations autant de fois qu’ils le voudront, et même envisager une 3e, une 4e et même une 10dose, mais si l’autre partie de la planète n’est pas vaccinée, ce maudit covid trouvera toujours le moyen de muter, de telle sorte que les nouveaux variants deviennent encore plus résistants aux vaccins… et on se retrouvera tous à la case départ de notre confinement!

Cette tribune, publiée dans La Presse sous la plume de Nadia Zouaoui, journaliste et documentariste, a été résumée par nos soins.

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