tribune

Les cinq leçons à retenir du Brexit

Revue de presse du magazine britannique The New European

Cinq ans après le référendum qui allait conduire in fine à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, voici les cinq leçons que nous pouvons tirer de ce long processus de Brexit.

1. Les Britanniques connaissent désormais mieux l’Union européenne
Le lendemain  du référendum, la première question la plus introduite sur Google au Royaume-Uni était "Qu’est-ce que cela signifie de quitter l’Union européenne?"

Les Britanniques ne sont d’accord que sur un point: ils n’aiment pas l’accord de sortie obtenu.

Les Britanniques ont ainsi dû apprendre la portée de toute une série de dispositions législatives qu’ils auraient dû connaître pour voter en connaissance de cause. La situation inextricable créée par le Brexit en Irlande du nord est l’un des principaux points largement passés sous silence par les partisans du "Leave".

2. Le Royaume-Uni est toujours divisé
En cinq ans, le fossé entre les "Remainers" et les "Leavers" est toujours là. Pire encore, les positions relatives au Brexit signifient davantage pour les citoyens que les appartenances aux partis politiques. Les Britanniques ne sont d’accord que sur un point: ils n’aiment pas l’accord de sortie obtenu.

3. La confiance mutuelle en a pris un coup
La confiance entre les citoyens, les institutions et les gouvernements sort meurtrie du Brexit. Entre Bruxelles et Londres, elle a atteint un plancher le mois dernier. Il faudra plus que des groupes de travail et des mécanismes de règlement des conflits pour la restaurer.

4. Le Brexit est loin d’être achevé
Le  "choc de la désintégration" créée par la sortie de l’union douanière et du marché unique formalisée dans un accord de coopération minimaliste va amener les deux parties à continuer à négocier pendant des années, voire des décennies, pour l’améliorer.

5. Le Brexit aura des effets à long terme pour les deux parties
Le Brexit a paradoxalement révélé une unité sans précédent parmi les 27 États membres de l’Union européenne, mais aussi une remise en question de sa véritable nature. Elle devra redéfinir ses rapports en interne et avec ses voisins et partenaires.

Côté Royaume-Uni, les relations entre l’exécutif et le parlement, très antagonistes durant le Brexit, devront elles aussi être revues.

Quant aux rapports entre les deux parties, ils restent à définir. Mais une chose est sûre : le Royaume-Uni ne va pas couper les ponts avec le continent et se retrouver au milieu de l’Atlantique.

Cette tribune, publiée dans The New European sous la plume d'Uta Staiger (executive director à l'UCL European Institute, University College London), a été traduite et synthétisée par nos soins.

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