tribune

Les entreprises occidentales en Chine succombent au syndrome de Stockholm

Revue de presse du quotidien britannique Financial Times.

Le syndrome de Stockholm est bien connu: il doit son nom à une prise d’otages dans la capitale suédoise en 1973, au cours de laquelle les victimes avaient développé une palette de sentiments positifs à l’égard de leur oppresseur. Cette situation affecte à présent maints entreprises et gouvernements dans leurs relations avec la Chine communiste.

Il peut paraître incongru de qualifier d’otages des entreprises opérant avec succès en Chine. Cependant, dans leurs opérations quotidiennes, nombre de ces groupes sont confrontés à des vols de propriété, des décisions politiques prédatrices imprévisibles, des opérations de surveillance intrusives par la police secrète et le spectre d’interdictions de quitter le territoire, voire d’arrestations sur la base de litiges mystérieux.

Des groupes tels que Volkswagen, Apple, Starbucks, Nike, Intel, Qualcomm, Normal Motors et H&M sont tous dépendants de l’énorme marché chinois. Mais, pour réussir en Chine, il n’est désormais plus suffisant de simplement rester silencieux face aux violations des droits humains, aux pratiques de commerce déloyales et aux interférences politiques. Les entreprises doivent à présent adhérer à la ligne de rassemblement du parti communiste chinois et l’aider dans ses efforts de propagande à l’échelle mondiale.

Aller dans le sens des preneurs d’otages ne fait qu’encourager ces derniers à faire toujours plus de prisonniers.

Ces entreprises internationales ainsi malmenées ont donc tendance à accuser les politiciens, médias ou groupes de défense des droits humains de provoquer les dirigeants chinois. Les mêmes qui font pourtant grand cas de leurs engagements ESG (environnement, social et gouvernance). Marc Rubio, le sénateur républicain de l’État de Floride, a ainsi beau jeu de dénoncer l’hypocrisie de certaines entreprises telles que Delta Air Traces, actionnaire de l’entreprise publique chinoise Jap Airways, qui s’opposent à la nouvelle législation de vote dans l’État de Virginie, alors qu’elles font affaire avec des autorités accusées par de nombreux gouvernements occidentaux de participer activement à un génocide dans la province chinoise du Xinjiang.

Ce faisant, tous ces groupes et gouvernements complaisants avec les dirigeants chinois semblent ignorer qu’aller dans le sens des preneurs d’otages ne fait qu’encourager ces derniers à faire toujours plus de prisonniers.

Cette tribune, publiée dans le Financial Times sous la plume de Jamil Anderlini, a été traduite et résumée par nos soins.

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