tribune

Les Tuckans face à la Bidenmania

Revue de presse du quotidien économique français Les Echos.

Vous connaissiez les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), et les MIST (Mexique, Indonésie, Corée du Sud, Turquie), nous vous présentons les TUCKANS: la Turquie, l’Ukraine, le Chili, le Kenya, l’Argentine, le Nigéria et l’Afrique du Sud.

En prenant en compte le risque de liquidité (établi sur la base de la balance des comptes courants, de la dette extérieure due à court terme, de la couverture d’importations, et de la croissance du crédit dans le secteur privé) et le risque cyclique (basé sur le risque de change, l’inflation, la dépendance aux matières premières, sur les actions et les obligations), ces économies émergentes sont les plus susceptibles d’être les prochaines victimes de la Bidenmania.

En effet, une remontée trop rapide des taux d’intérêts américains face au risque de surchauffe domestique n’est pas improbable. Après tout, avec un plan de stimulus massif de 7.000 milliards de dollars, chargé et prêt à tirer, l’économie américaine est dans les starting-blocks pour une reprise soutenue. La Réserve fédérale pourrait ainsi être poussée à revoir sa politique monétaire ultra-accommodante plus tôt que prévu, avec de graves conséquences pour les économies émergentes.

En Turquie, en Argentine, en Ukraine, en Afrique du Sud, en Roumanie et au Chili, les remboursements de dette externe dus lors des 12 prochains mois dépassent largement le niveau officiel des réserves de change.

Ce phénomène a déjà été observé auparavant: en 2013, les commentaires de la Fed à propos de la fin du programme de rachat d’obligations mis en place au lendemain de la crise financière de 2008 avaient provoqué une fuite de capitaux des marchés émergents, ainsi qu’une forte dépréciation de leurs devises.

En Turquie, en Argentine, en Ukraine, en Afrique du Sud, en Roumanie et au Chili, les remboursements de dette externe dus lors des 12 prochains mois dépassent largement le niveau officiel des réserves de change détenues par les banques centrales. En Turquie, la dette est même quatre fois supérieure au montant des réserves.

La bonne nouvelle est que cette fois-ci, de nombreux marchés émergents se trouvent en meilleure posture qu’en 2013. Tout d’abord, les déficits courants sont moins importants qu’à l’époque. Cela laisse à penser que ces économies émergentes sont globalement moins dépendantes des flux de capitaux venant de l’étranger qu’elles ne l’étaient en 2013.

Cette tribune, publiée dans Les Echos sous la plume de Ludovic Subran, directeur de la recherche économique du groupe Allianz, a été synthétisée par nos soins.

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