tribune

Ne précipitons pas l'interdiction des véhicules thermiques!

Revue de presse du quotidien économique français Les Echos.

La Commission européenne vient d'annoncer, dans le cadre de son plan climat pour atteindre la neutralité climatique d’ici à 2050, la fin, d'ici à 2035, de la commercialisation des véhicules thermiques.

En tant que telle, l'interdiction de la vente de véhicules thermiques est d'abord un symbole. La réglementation existante impose déjà des émissions moyennes de 60 grammes de CO2/km pour les véhicules vendus en 2030, et cette cible sera encore durcie d'ici à 2035.

Le véritable débat porte en revanche sur l'interdiction à cette même échéance des véhicules hybrides rechargeables. Les interdire serait une erreur, tant sur le plan écologique, qu'économique et social.

Sur le plan écologique, la batterie d'un véhicule 100% électrique est cinq à six fois plus grosse que celle d'un hybride rechargeable. Cela correspond à un contenu carbone additionnel de l'ordre de 5 à 6 tonnes de CO2.

Si vous avez besoin de faire quelques longs trajets chaque année, il vaut bien mieux un véhicule hybride rechargeable à la batterie justement dimensionnée qu'une voiture 100% électrique lestée de plus de 600 kg de batteries!

Si vous avez besoin, comme la plupart des Français, de faire quelques longs trajets chaque année, il vaut bien mieux un véhicule hybride rechargeable à la batterie justement dimensionnée qu'une voiture 100% électrique lestée de plus de 600 kg de batteries!

Sur le plan économique, le moteur thermique représente des centaines de milliards d'euros d'investissements accumulés dans de la R&D, des usines, des infrastructures. Décider de les rendre inutiles par anticipation, cela ne coûte peut-être rien directement à l'État, mais cela a un impact massif sur des milliers d'entreprises et des centaines de milliers d'emplois industriels.

Sur le plan social, enfin, interdire le moteur à combustion renchérira le prix des voitures neuves, les rendant encore moins accessibles aux ménages de la classe moyenne.

Au lieu d'une interdiction générale dès 2035 des moteurs thermiques, hybrides ou non. Une bien meilleure mesure consisterait par exemple en un plafond d'émissions de CO2 des véhicules vendus, mesurées tout au long du cycle de vie. Cela inciterait les constructeurs à véritablement réduire le contenu carbone des véhicules vendus (dont celui des batteries), tout en les laissant libres du choix des technologies.

Cette tribune, publiée dans Les Echos sous la plume d'Aloïs Kirchner (senior fellow politique industrielle à l'Institut Montaigne), a été résumée par nos soins.

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