Non, les philosophes ne sont pas épidémiologistes

A suivre le raisonnement de certains philosophes, vu que le progrès technologique nous permet de vivre plus vieux, nous devrions être prêts à sacrifier les personnes âgées. ©Photo News

Revue de presse du quotidien néerlandais NRC Handelsblad.

Depuis un an que sévit le coronavirus, des philosophes proclament que l'humanité est à l’origine de cette misère. La lutte contre la pandémie menée par le gouvernement avec des mesures comme le confinement, le couvre-feu et la vaccination serait une forme de "fascisme" grâce à laquelle l'État et la technocratie étendraient leur influence.

Ces philosophes s’accordent aussi pour dire que le progrès technologique nous permettant de vivre plus vieux, nous devrions être prêts à sacrifier les personnes âgées. Mais pour qui se prennent-ils ?

La question apparemment simple de savoir ce qu'est la philosophie est l'une des plus difficiles que l'on puisse poser à un philosophe. Il est plus facile de dire ce qu'elle n'est pas : la philosophie n'est  pas une science empirique. Cela signifie qu'un philosophe ne doit pas faire de déclarations empiriques sur la réalité, car celles-ci sont basées sur la recherche et il faut laisser cela à la science. Les philosophes se tiennent donc généralement à l'écart des questions critiques telles que : ce que vous dites est-il vrai ? Quelles sont les preuves de son existence ?

"Alors que l'on pourrait s'attendre à ce que leur critique du système de santé technocratique soit fondée sur la compassion pour les plus faibles, ces rois philosophes proposent une politique sévère dans laquelle les personnes âgées seraient sacrifiées au profit des jeunes."

Cela n’empêche toutefois pas ces détracteurs des règles anti-corona de jeter le trouble en empilant les accusations de bureaucratie et en alimentant la méfiance envers la science. L'analyse se poursuit ensuite avec le caractère inévitable d'une catastrophe naturelle et dans cette "folie collective", bien sûr, les Pays-Bas se transforment en un "État fasciste avec couvre-feu".

Il est également frappant de constater l'empressement avec lequel ces philosophes prennent la place des décideurs politiques. Alors que l'on pourrait s'attendre à ce que leur critique du système de santé technocratique soit fondée sur la compassion pour les plus faibles, ces rois philosophes proposent une politique sévère dans laquelle les personnes âgées seraient sacrifiées au profit des jeunes.

S’agissant d'affirmations philosophiques, on s'attendrait à ce qu'elles soient la conclusion d'un argument. Au lieu de cela, elles sont présentées comme des idées que nous devrions accepter au nom de l'autorité du philosophe. Mais sans justification concluante, ce ne sont jamais que des opinions proclamées.

Ce commentaire publié dans NRC Handlsbald a été traduit et résumé par nos soins.

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