Non, Trump ne reviendra pas

©AFP

Revue de presse du quotidien néerlandais NRC Handelsblad.

La question cruciale, aujourd’hui, est liée à l'avenir de Trump. Jusqu'au 6 janvier, la plupart des commentateurs jugeaient que le refus de Trump de reconnaître sa défaite ne servait pas seulement son ego, mais préparait aussi son retour à la Maison-Blanche en 2024.

Quelles sont les chances? Pas nulle, mais il a tant d’obstacles à surmonter – beaucoup plus qu’en 2016 – que son retour est improbable.

Premier obstacle : l'âge. En 2024, Trump aura 78 ans. Dans quelle mesure sera-t-il encore en forme? Bien sûr, il y a le contre-argument : Biden. Mais il a gagné principalement parce qu'il incarnait l'alternative.

Deuxième obstacle : Trump a perdu les élections. Contrairement à 2016, l'électeur sait ce qu'il (ne) peut (pas) faire. Et la majorité l'a rejeté. Il est très improbable que Trump puisse changer l'image négative qui existe de lui en dehors de ses partisans invétérés, notamment parce qu’à aucun moment de son mandat – fait exceptionnel - une majorité l'a considéré positivement.

Troisième obstacle: la culture du vainqueur. D’un côté, cela rend Trump d’autant plus désireux d’avoir une seconde chance, mais, d’un autre côté, les perdants des courses présidentielles bénéficient rarement d’une seconde chance. Un président qui a échoué (Ford, Carter, Bush père) sort par la petite porte.

Quatrième obstacle : Trump n'a que peu d’adeptes au sein de l’appareil du parti. Il est craint, mais pas aimé car il humilie les concurrents ouvertement. Ils en ont assez de lui et ne pleureront pas son départ. La docilité des autres repose sur la peur, un atout qu’il perdra n’étant plus au pouvoir.

Cinquième obstacle: depuis le 20 janvier, Trump est un citoyen qui n’a plus le droit de travailler et de graves poursuites judiciaires sont à prévoir.

Sixième obstacle : Trump ayant perdu la direction du parti, il lui manque la plate-forme politique que possèdent ses concurrents avec leur poste de sénateur. Et puis, d'ici 2024, il y aura plusieurs jeunes républicains qui se lèveront pour dire : maintenant, c'est mon tour. Trump pourrait bien sûr se présenter en tant que candidat indépendant. Mais alors, comme Ross Perot en 1992, il diviserait l'électorat républicain et un démocrate gagnerait facilement.

Cet article publié dans l’édition du 20 janvier du NRC Handelsblad a été traduit et résumé par nos soins.

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