tribune

Pourquoi il faut réguler l'espace

Revue de presse du quotidien économique français Les Echos.

Avec les vols de Richard Branson et de Jeff Bezos, sans oublier Elon Musk, le retour à la réalité s’accélère pour nous rappeler que l’humanité est, dès qu’il s’agit de territoires, composée d’intérêts, publics et privés, concurrents et belliqueux.

Chacun, à sa manière, a l’ambition de démocratiser l’accès à l’espace pour permettre à des millions de personnes d’y vivre et d’y travailler. Bezos veut réduire son coût afin d’y transférer les activités polluantes pour sanctuariser la Terre. Elon Musk s’inscrit dans la même tendance parce que l’humanité s’étend et qu’il veut accroître son espace vital. Richard Branson, quant à lui, persiste dans son rêve originel, les voyages touristiques.

Tous les trois sont des entrepreneurs aisés dont la firme peut mobiliser des fortunes en investissements, partiellement financés par les agences d’État.

Les États-Unis ont adopté, en 2015, le Space act, qui modifie totalement l’esprit d’universalisme du cosmos en accordant aux entreprises privées américaines le droit d’en exploiter les ressources.

Car il nous faut prendre garde. Aujourd’hui, l’équivalent de 1,7 Terre nous est nécessaire pour subvenir à nos besoins du fait de la surconsommation et du gaspillage.

Nous pourrions voir les premières missions minières dans l’espace d’ici à dix ans.

Des détecteurs ont mis au jour, sur des astres lointains, l’existence de grandes quantités de matières premières et même de précieux "métaux rares" dont l’importance stratégique est fondamentale. Nous pourrions voir les premières missions minières dans l’espace d’ici à dix ans.

C’est pourquoi il convient d’appeler à une régulation au nom des générations futures. Les préoccupations environnementales doivent être aujourd’hui au centre de notre réflexion pour protéger ces objets célestes, car il n’est pas certain qu’elles guident les milliardaires de l’espace. Il faut surtout veiller à ce qu’il n’y ait aucun monopole, tant public que privé.

La nouveauté réside en effet dans le fait que des entreprises privées soient aujourd’hui de véritables opérateurs sous le contrôle et le financement participatif des États. Veut-on leur permettre d’obtenir davantage de pouvoirs qu’ils n’en ont déjà sur Terre? L’histoire dira quels pays auront pris les décisions les plus conformes aux aspirations et aux intérêts de leurs peuples.

Cette tribune, publiée dans Les Echos sous la plume de Michel Ruimy (économiste, professeur à Sciences Po et directeur du think tank Spak) a été synthétisée par nos soins.

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