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Pourquoi les entrepreneurs français traversent-ils l’Atlantique?

La revue de presse du quotidien français Les Echos.

Les offres de soutien aux entreprises et aux start-up innovantes foisonnent en France. Pour autant, combien de licornes françaises ont encore leur siège social en France? Combien d’entrepreneurs n’ont pas cédé aux sirènes des investisseurs américains et franchi l’Atlantique? Pourquoi la magie de la Silicon Valley continue-t-elle d’opérer.

Plusieurs raisons à cette traversée de l'Atlantique. La première: les montants investis. Là où les venture capitalists (VC) n’hésitent pas à mettre plusieurs dizaines de millions d’euros sur la table en série A, en France les montants vont de quelques milliers à 5 millions d’euros tout au plus. 

Deuxième raison: la dette. Outre-Atlantique, générer de la dette n’est pas un sujet. Uber, Facebook, Amazon, Tesla et bien d’autres ont, pendant des années, engrangé des pertes abyssales sans pour autant être lâchés par leurs VC. Ce que les investisseurs regardent avant tout, ce sont les perspectives de développement et le marché potentiel d’une entreprise. En France, les investisseurs veulent non seulement voir un produit et/ou un service finalisé avant d’investir, mais ils attendent aussi des résultats commerciaux immédiats. Or, développer un produit ou un service ne se fait pas sans R&D, marketing et développement commercial. Autant de phases qui nécessitent du temps, des gens et de l’argent.

Enfin, en France, le droit à l’échec n’existe pas. Or, une entreprise n’est-elle pas le résultat d’échecs résolus, d’ajustements réguliers pour s’adapter aux évolutions du marché ou de changement radical quand cela s’avère nécessaire?

Grand pays, les États-Unis bénéficient d’un marché bien plus vaste que celui de la France. En France, le marché très restreint contraint les entrepreneurs à traduire leurs solutions en anglais et à l’adapter aux différents pays européens pour pouvoir bénéficier d’un champ commercial plus vaste. Ces développements à la fois techniques, mais aussi marketing et commerciaux, nécessitent une fois encore du temps et des investissements financiers importants.

Dans un tel contexte, rien d’étonnant à ce que la France ne parvienne pas à rivaliser avec un pays offrant des conditions aussi attrayantes. Il faut désormais aller plus loin en mettant sur la table des montants bien plus importants et en assouplissant les conditions de financement. En France, l'argent existe. Il faut juste le donner aux bonnes entreprises, les jeunes, les TPE et PME, celles qui font de la R&D, qui ne pratiquent pas l’évasion fiscale et créent de l’emploi en France et en Europe.

Cette tribune, publiée dans Les Echos sous la plume de Richard Bessis , PDG de MyPRM, a été synthétisée par nos soins.

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