Publicité

Pourquoi tant de travailleurs pauvres?

©BELGAIMAGE

Revue de presse du quotidien néerlandais Het Financieele Dagblad.

Le gouvernement a dépensé des milliards pour sauver des entreprises déficitaires. Les fonctionnaires ont reçu 38 euros de plus par mois pour acheter du papier toilette parce qu'ils travaillent à domicile. Mais dans chaque classe d'école, il y a en moyenne deux enfants qui ne peuvent pas fêter leur anniversaire et qui se rendent à l'école sans avoir pris un petit-déjeuner. Sur 13 enfants, un grandit dans la pauvreté.

Certains de leurs parents ont un emploi rémunéré. Il y a environ 220.000 travailleurs pauvres aux Pays-Bas. La pauvreté des travailleurs est persistante. Et elle se maintient également en période d'expansion, souligne l'Institut néerlandais pour la recherche sociale (SCP). On parle d'employés avec des contrats de 20 heures par semaine, qui gagnent 10,42 euros bruts par heure et qui doivent rester disponibles six jours par semaine et le soir. Ce sont aussi des indépendants du secteur culturel qui n'ont parfois qu'un seul client. Et les personnes ayant des contrats à durée indéterminée qui gagnent trop ou trop peu pour la Sécurité sociale.

Au cours des dernières décennies, nous avons travaillé de plus en plus, avec l'idée que cela nous émanciperait et nous rendrait indépendants, mais rien n’est plus éloigné de la vérité.

«Il n’y a qu’une seule chose de pire qu'un travail pénible, c’est l’absence de travail», déclarait, en 2018, Mariëtte Hamer, présidente du Conseil économique et social (SER). Les nombreuses personnes qui ont un travail pénible ne seront évidemment pas d’accord, souligne la sociologue Marguerite van den Berg. Au cours des dernières décennies, nous avons travaillé de plus en plus, avec l’idée que cela nous émanciperait et nous rendrait indépendants, mais rien n’est plus éloigné de la vérité, conclut-elle. Le travail est incertain, il nous exploite et nous épuise.

Et cela ne s'applique pas seulement aux employés faiblement rémunérés. Cela s'applique également à l’universitaire qui a un contrat de 3,5 jours, mais à qui on dit de s'attendre à travailler cinq jours. Idem pour les futurs journalistes qui doivent faire d'interminables stages non rémunérés.

Le SER conseille, entre autres, d’augmenter le salaire minimum et de simplifier le système de prestations. Van den Berg, elle, se demande pourquoi nous travaillons autant. À chaque avancée technologique, la promesse était que l’augmentation de la productivité allait entraîner une réduction de la semaine de travail. Mais, cela n’est jamais arrivé. Le temps libre est inutile pour les capitalistes. «Quand tout le travail est fait, ils inventent simplement plus de travail», décrit-elle.

Ce commentaire publié dans Het Financieele Dagblad a été traduit et résumé par nos soins.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés