tribune

Quand la Chine et la Russie nous donnent des leçons de soft power

Journaliste

Revue de presse de l'Institut Bruegel.

Alors que le Covid-19 continue de faire rage en Europe, la Chine et la Russie semblent donner à l'UE des leçons de soft power sur son propre terrain. Plusieurs pays membres et des pays voisins se sont en effet tournés vers Pékin et Moscou pour obtenir des fournitures supplémentaires de vaccins.

Pékin fournit ainsi gratuitement ses vaccins aux citoyens chinois et à 53 autres pays, tout en cherchant à contrer les opinions critiques suite à la dure répression chinoise à Hong Kong et au Xinjiang, et en vantant sa réussite économique, ses réalisations scientifiques et médicales, sa culture et sa langue.

Pendant ce temps, le vaccin russe Spoutnik V est de plus en plus accepté en Europe. Et ce, malgré les tensions accrues avec Moscou suite à l'emprisonnement d’Alexey Navalny et au récent renforcement des troupes russes près de l'Ukraine. La Russie accompagne aussi ses offres de vaccins ou de production conjointe de messages de soft power, s'attardant sur les échecs européens et soulignant le soutien russe aux pays couverts par les politiques d'élargissement et de voisinage de l'UE.

La Chine et la Russie poussent une porte ouverte en Europe de l'Est en raison des stratégies chancelantes de l'UE dans les Balkans.

La Chine et la Russie poussent une porte ouverte en Europe de l'Est en raison des stratégies chancelantes de l'UE dans les Balkans. L'UE leur a promis l'adhésion lors du sommet de Thessalonique en 2003. Depuis lors, seule la Croatie a adhéré à l'UE et il y a peu de chances que d'autres pays suivent dans un avenir proche.

Pour autant, le pouvoir d'attraction de la Chine et de la Russie auprès de ces pays reste limité. Malgré la réussite chinoise à contenir la pandémie et à disposer rapidement de vaccins, peu de personnes en Europe et dans sa périphérie orientale cherchent à imiter le modèle de société chinois. La Russie n’offre guère plus d’attrait. La désinformation, la répression intérieure et les cyber-attaques ne contribuent, du reste, pas à rendre ces régimes sympathiques.

L'UE doit renforcer sa position dans la région par des politiques plus inclusives, des signaux plus clairs et des mesures énergiques pour contrer la désinformation. Un soutien sans faille dans la lutte contre la pandémie est le moyen le plus tangible pour l'UE de démontrer son engagement en faveur du bien-être des pays voisins, qui attendent de Bruxelles qu'elle fasse preuve de solidarité.

Cette analyse rédigée par Michael Leigh et publiée par l'institut Bruegel a été résumée et traduite par nos soins.

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