tribune

Roger Federer ou l'éloge de la quarantaine

Revue de presse du quotidien français Le Figaro.

Roger Federer, la légende vivante du tennis, vient de fêter son quarantième anniversaire. 40 ans! Un âge canonique pour un champion de tennis.

Cet anniversaire constitue une belle occasion de réfléchir sur ce que représente le fait d'avoir quarante ans. C'était l'âge minimum requis pour devenir consul à Rome. L'expérience primait. Mais quarante ans, c'est aussi, l'âge limite pour recevoir les lauriers de la médaille Fields, la plus haute distinction mathématique. Hommage à la créativité juvénile. Dans le monde de l'entreprise, c'est encore une autre paire de manches: la quarantaine vous fait basculer dans la catégorie des seniors.

"Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse, mais cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse."
Victor Hugo
Écrivain

Relativité, donc, de la notion de jeunesse, de vieillesse, d'âge mûr, de séniorité… "Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse, mais cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse", disait Victor Hugo, qui incarna si bien toutes les étapes de l'existence.

Et le Victor Hugo de la balle (jaune), alors? Champion sénescent, mais également tout jeune quadra, vétéran des courts qu'il éclabousse de sa grâce depuis deux décennies, Federer donne l'exemple d'une longévité hors du commun dans sa discipline. Il retarde le moment de dire: "C'est assez! Stop!".

Pour les joueurs et joueuses de tennis, la quarantaine est rugissante, voire fatale et la plupart des cracks de la balle jaune mettent un terme à leur carrière bien avant cette échéance fatidique. Federer, lui, est un "cas". Encore classé dans les 10 meilleurs joueurs du monde, il s'ingénie à faire mentir la grande loi du vivant et de l'excellence sportive, celle de l'obsolescence programmée. Et il semble y prendre un plaisir malin et … enfantin.

Il s'impose depuis quelques années comme un vieux cuir sans pareil, signataire persistant d'un tennis de rêve malgré genoux douloureux et concentration en berne par moments.

L'essentiel, se plaît-il à nous dire, est de durer et de continuer à prendre du plaisir. Il affronte désormais des adversaires qui pourraient être ses rejetons, il gambade comme s'il avait vingt ans (quoique …), il affiche un sourire d'enfant quand il bat des jeunes loups, il râle à l'occasion comme un gosse, bref: orgueilleux et volontaire, pétulant et amoureux du spectacle, il fait de la résistance! Belle leçon de vie, de vitalité et d'amour.

Cette tribune, publiée dans Le Figaro sous la plume de David Brunat, a été synthétisée par nos soins.

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