Surveiller sans bâilloner

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Revue de presse du quotidien français Les Echos.

Entre Big Brother et un état totalement libertaire, il existe forcément une troisième voie. Entre une Chine qui censure et contrôle tout et des Etats-Unis idéalisés perçus comme les champions d'une liberté d'expression sans limite, l'Europe doit trouver un point d'équilibre permettant de préserver un climat propice au débat d'idées et à la confrontation d'opinions entre citoyens civilisés.

Au lendemain de l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, personne ne peut nier que l'émergence des réseaux sociaux digitaux joue à la fois un rôle d'excitation de la haine et d'amplification de la violence. Désormais tout le monde peut techniquement dire tout haut ce qu'il veut en se protégeant derrière un anonymat à toute épreuve. Et chaque message peut être diffusé instantanément dans le monde entier.

Internet nous a tous dotés d'un mégaphone digital d'une puissance considérable. Certains en font un usage bénéfique permettant de promouvoir la science, les connaissances, les loisirs comme la démocratie. D'autres en font un outil de violence verbale et physique. Et les dérives constatées sur le front des fakenews comme de la haine en ligne sont telles qu'il est devenu urgent d'agir. Il faut trouver des moyens de mieux surveiller et punir les seconds, sans bâillonner les premiers.

Ne cédons pas à la facilité d'un débat trop caricaturé. Il n'est pas question de ficher tout le monde en permanence ou de tout censurer mais plutôt de se donner les moyens de remonter efficacement le fil digital pour retrouver ceux qui, au nom de leur liberté, cherchent à étouffer celle des autres.

Le gouvernement et la police n'ont pas le droit de lire toutes nos lettres , d'écouter tous nos coups de fil ou de saisir nos comptes en banque. Mais sous l'autorité des juges et en cas de dérives prévues par la loi, ils peuvent agir. Il faut les doter des mêmes moyens d'action dans un univers digital où le cryptage ou l'anonymat ne doivent pas protéger les terroristes. Les masses de messages et de datas à traiter sont telles qu'il faut aussi responsabiliser les plus grandes plateformes qui disposent de la puissance informatique et financière pour agir mais qui, aujourd'hui, n'ont aucune incitation à le faire.

Cet article publié dans l’édition du 21 ocotobre du quotidien Les Echos a été résumé par nos soins.

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