tribune

Trump provoque une épidémie de candidats incompétents

Revue de presse du quotidien américain The Los Angeles Times.

Une des retombées les plus dommageables de la présidence Trump est d’avoir persuadé des personnes totalement incompétentes qu’elles pouvaient, et devraient, se porter candidates à une fonction publique et que, du moins parfois, des Américains seraient assez bêtes pour voter pour elles.

Après tout, n’est-ce pas ce qu’on a clairement retenu de la victoire de Donald Trump en 2016? Nul besoin d’être intelligent ou expérimenté, serein ou convenable pour gagner une élection. Il suffit d’avoir de l’argent, du culot et une personnalité hors normes.

Trump a été le premier président dans l’histoire américaine à avoir été élu sans la moindre expérience politique ou militaire. Et nous en récoltons  à présent les fruits: l’ancien décathlonien médaillé d’or (ayant changé de genre entre-temps) Caitlyn Jenner est candidat(e) au poste de gouverneur de Californie. Matthew McConaughey — oui, l’acteur — obtient de bons scores dans les sondages pour l’élection du gouverneur du Texas. Lara Trump, épouse d’Eric, avait envisagé sérieusement de se présenter à l’élection d’un des deux postes de sénateur fédéral pour la Caroline du nord, avant d’y renoncer, "pour le moment".

Commencer par siéger dans un conseil municipal? C’est bon pour les tocards!

Ces candidats dilettantes n’ont jamais exercé de fonction publique et excluent de s’engager en politique au bas de l’échelle. Commencer par siéger dans un conseil municipal? C’est bon pour les tocards!

Certes, tout le monde a le droit de se présenter à une élection majeure. Mais cela ne nous oblige pas à prendre au sérieux chaque candidature.

Amateurisation galopante de la politique américaine

L’"amateurisation" de la politique américaine est pourtant en plein boom. En 1990, les candidats inexpérimentés avaient battu des prétendants expérimentés dans moins de 25% des élections primaires pour un poste de député fédéral. En 2016, cette proportion avait grimpé à près de 55% chez les Républicains et à quelque 35% chez les Démocrates.

Nombre d’Américains n’y voient aucun problème. Ils adoptent une attitude cynique, se fiant à leur "instinct": les "outsiders" sont plus fiables que les politiciens de carrière. En réalité, cela ne date pas de l’ère Trump. Mais le phénomène a atteint un nouveau sommet depuis lors.

On ne peut que le regretter. La politique est une affaire sérieuse, qui demande à conclure des compromis complexes, alors que les élus inexpérimentés adoptent souvent une approche trop idéologique. Si vous ne me croyez pas, rappelez-vous simplement les années Trump.

Cette chronique, publiée dans The Los Angeles Times sous la plume de Nicholas Goldberg, a été traduite et synthétisée par nos soins.

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