Un "ministre de la solitude" pour endiguer les suicides au Japon

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Revue de presse du magazine japonais Nikkei Asia.

Alors que le Japon est toujours en lutte contre le coronavirus, le télétravail et le manque de contacts sociaux isolent et stressent de plus en plus les Japonais. Le taux de suicide y a d'ailleurs fortement augmenté pour la première fois depuis 11 ans.

Le problème est jugé tellement grave que le Premier ministre Yoshihide Suga vient de désigner un "ministre de la solitude", en la personne de Tetsushi Sakamoto.

Si en 2008, la Grande-Bretagne avait, elle aussi, pris l'initiative de nommer un ministre de la solitude face au problème de l'isolement croissant de ses personnes âgées. Au Japon, la solitude touche tous les groupes d'âge, notamment les enfants, les jeunes, les femmes et bien sûr les personnes âgées.

Cet isolement y est souvent exacerbé après des catastrophes naturelles, comme ce fut le cas après le grand tremblement de terre de Hanshin en 1995, ou celui de Fukushima en 2011.

Les morts solitaires, appelées "kodokushi" en japonais, sont devenus une préoccupation publique majeure au Japon.

De nombreuses victimes âgées n'ont alors d’autre choix que de s'installer dans des logements temporaires, où beaucoup d'entre elles finissent par y mourir sans personne à leur chevet. Ces morts solitaires, appelées "kodokushi" en japonais, sont devenus une préoccupation publique majeure au Japon.

La pandémie n'a fait qu’empirer les choses. Encouragés à rester chez eux et à éviter les contacts rapprochés, les Japonais âgés, qui n'ont pas l’habitude de communiquer en ligne, sont aujourd'hui davantage isolés du monde extérieur.

Parallèlement, les jeunes générations, même celles qui maîtrisent les technologies, souffrent aussi des mesures prolongées de distanciation sociale. La fermeture des bureaux et des écoles signifie qu'elles n'ont quasiment plus de contacts avec leurs collègues et amis. Nombreux sont ceux, aussi, qui ont perdu leur emploi, ce qui ajoute à leur situation un stress économique.

Le gouvernement japonais estime que toutes ces difficultés ont contribué à une augmentation (+750 cas) du nombre de suicides – la première depuis 2009, juste après la crise financière –, qui a touché 20.919 personnes l'an dernier.

Le Japon détient toujours le triste record du taux de suicide le plus élevé de tous les pays industrialisés du G7, avec 14,9 suicides pour 100.000 personnes, selon l'OCDE.

Cet article publié dans le magazine Nikkei Asia a été traduit et résumé par nos soins.

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