Une monnaie digitale fondante pour contrer l'excès d'épargne

L'idée d'une monnaie fondante revient actuellement par le biais des monnaies digitales souveraines. ©AFP

Revue de presse du quotidien français Les Echos.

La crise du Covid a provoqué une explosion de l’épargne des ménages. Que faire de tout cet argent qui s’accumule dans les bas de laine et les comptes en banque?

On revient ici aux fameuses formules keynésiennes sur le caractère néfaste de l’épargne et sur "l’appel à l’euthanasie des rentiers".

Pour faire revenir cet argent dans le circuit économique: il y a l’impôt d’un côté et l’inflation de l’autre. Or, depuis le début de la crise, depuis que l’État a décidé d’intervenir massivement, les pouvoirs publics, au moins les pouvoirs publics français, sont allés répétant qu’il n’y aurait pas d’impôt pour apurer les déficits. Le déficit se creuse, la poche des épargnants se remplit, mais il n’est pas question que le second vienne au secours du premier.

Alors l’inflation? Mais les prix s’obstinent dans la stabilité. Mieux encore, les taux d’intérêt se sont effondrés au point de devenir négatifs pour certains emprunts lancés par certains pays. On ne pourra donc pas compter sur le taux d’inflation doublé des taux d’intérêt pour pousser l’épargne vers la consommation.

Faire comprendre aux détenteurs d’encaisse qu’il ne faut pas tarder à consommer.

Une monnaie fondante, c'est une monnaie dont la valeur, c’est-à-dire le pouvoir d’achat, régresse avec le temps de sa détention. C’est un moyen non ambigu de faire comprendre aux détenteurs d’encaisse qu’il ne faut pas tarder à consommer.

Ces derniers temps, l’idée revient par le biais des monnaies digitales souveraines. La version la plus aboutie de ces propositions prévoit les moyens d’identifier les "jetons" individuellement et de les "marquer" à la fois selon leurs titulaires successifs, selon leur utilisation, et selon les caractéristiques de leur détention, dont la durée. Il deviendrait donc possible d’affecter des taux de dévalorisations appuyés sur les durées de détention identifiées via les caractéristiques enregistrées et cryptées de "chaque" jeton.

On entendra que ceci conduit à briser la confidentialité et l’anonymat de la détention d’actifs monétaires. On retiendra que les solutions prétendant à la réinsertion de l’épargne thésaurisée viennent de trouver ici une formulation à la fois originale et moderne!

Cette tribune publiée dans Les Echos a été synthétisée par nos soins.

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