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“Big Tech” et risque réglementaire : à quoi pourrait ressembler l’avenir ?

En Europe comme aux États-Unis, jamais les géants du secteur technologique n’ont été exposés à un risque réglementaire aussi élevé. L’investisseur doit-il s’en inquiéter et renoncer aux valeurs technologiques ? Tracy Li, analyste spécialiste de l’internet chez Capital Group, met à profit son expérience du secteur bancaire pour répondre à cette question.

“Les entreprises du secteur technologique font aujourd’hui face à trois principaux risques réglementaires”, prévient Tracy Li, analyste spécialiste de l’internet chez Capital Group. La confidentialité, tout d’abord, est un enjeu complexe qui fera l’objet d’âpres négociations. Toute législation prendra donc du temps. “On oublie souvent que les sociétés en font plus pour se réguler elles-mêmes, et entre elles, alors que la réglementation intervient fréquemment a posteriori”, pointe la spécialiste.

La gestion des contenus, ensuite. Jusqu’à présent, les réseaux sociaux n’ont guère été tenus responsables des contenus publiés sur leurs plateformes. “Un consensus de plus en plus large devrait émerger pour contraindre ces plateformes à accroître la transparence, à améliorer la gouvernance des contenus et à supprimer, dans les 24 heures, tout contenu jugé illégal par un tribunal”, pointe Tracy Li. Certes, cette nouvelle réglementation risque de faire augmenter les coûts de mise en conformité et le nombre d’amendes. Mais elle devrait permettre aux géants du secteur de creuser l’écart avec leurs concurrents.

Les considérations antitrust, enfin. Les pratiques anticoncurrentielles liées aux grandes plateformes internet sont sans doute le principal problème systémique aux yeux des instances de réglementation. Comme Tracy Li le fait remarquer, “on pourrait voir émerger un système de règles antitrust différenciées selon la taille de la plateforme”. Dès lors, pour éviter la naissance de monopoles, les opérations de fusion et acquisition seront nettement plus difficiles à mettre en œuvre.

De la “Big Bank” à la “Big Tech”

Faut-il, en tant qu’investisseur, s’inquiéter de cette pression réglementaire et, partant, se tenir à distance des valeurs technologiques ? Pour répondre à cette question, Tracy Li tire plusieurs enseignements de son expérience d’analyste du secteur bancaire, expérience durant laquelle elle a étudié les effets de la loi Dodd-Frank sur les grandes banques.

Tracy Li, analyste spécialiste de l’internet chez Capital Group ©Capital Group

“Les investisseurs ont tendance à consacrer trop de temps à tenter de prévoir les effets des décisions réglementaires”, estime-t-elle. “Ils gagneraient sans doute à déterminer si les entreprises sont prêtes et aptes à s’y adapter.”

Or, les banques l’ont prouvé, “les entreprises peuvent surmonter d’impressionnantes vagues réglementaires, voire en sortir renforcées”. Le secteur technologique subit actuellement une forte pression, c’est vrai. Toutefois, les banques, qui se sont vu imposer près de 28.000 nouvelles règles et restrictions avec l’entrée en vigueur de la loi Dodd-Frank au lendemain de la crise financière, ont recommencé à surperformer nettement dès 2013. Des résultats qu’elles ont ensuite maintenus jusqu’en 2020.

La capacité d’adaptation au durcissement de la réglementation est un atout puissant et souvent sous-estimé, qui fait pourtant toute la différence. En quelques années, les banques se sont ainsi adaptées aux nouvelles exigences introduites par la loi Dodd-Frank : elles ont procédé à des restructurations, réalisé des gains d’efficience, appris à optimiser leurs fonds propres et acquis de nouveaux avantages concurrentiels. “Ce sont ces entreprises qui ont prospéré durant le reste de la décennie”, pointe encore la spécialiste.

Le quatrième enseignement concerne le niveau initial des valorisations, une dimension cruciale selon Tracy Li. L’une des principales raisons de l’envolée des actions des grandes banques après l’entrée en vigueur de la loi Dodd-Frank tient en effet à leur faible valeur de départ. La valorisation reflète l’ampleur du risque réglementaire, qui, par exemple, est d’ores et déjà pris en compte dans le cours des actions d’Alphabet et de Facebook.

Avantages concurrentiels renforcés

On le voit, le durcissement de la réglementation ne sera donc pas totalement néfaste aux géants technologiques. “Les préoccupations liées à la confidentialité ou à la gestion des contenus renforceront, bien plus qu’elles ne saperont, les avantages concurrentiels des très grandes plateformes”, conclut Tracy Li. “Car ces dernières possèdent souvent des protocoles solides et d’importantes ressources pour traiter les questions de confidentialité et de conformité au droit.”

Bien sûr, les retombées des réformes sont difficiles à anticiper avec précision, et le devenir d’une entreprise dépend souvent davantage de ses caractéristiques propres, en particulier la faculté d’adaptation de sa direction, sa capacité à développer des produits et services innovants et sa valorisation actuelle. Mais grâce à un suivi attentif de ces indicateurs et des évolutions juridiques et réglementaires, il est possible de trouver des opportunités d’investissement intéressantes parmi les “Big Tech”.

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