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Aides et subsides: pour maximiser son potentiel d’investissement

François Amorison, Sophie Bourez et Antoine Delépine © Frank Toussaint

Bien exploités, les dispositifs wallons et européens peuvent épauler très efficacement une entreprise. Mais ils l’obligent aussi à de la rigueur dans l’exécution et le reporting.

Quand on lui parle subsides et aides publiques, le réflexe de l’entrepreneur est souvent de froncer les sourcils face à ce qu’il considère comme un labyrinthe de mesures aux formalités contraignantes. Pourtant, Antoine Delépine, responsable du département aides publiques au sein de CBC Banque, parvient à en résumer le paysage assez simplement.

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Il évoque pour commencer les chèques-entreprises. Ceux-ci allègent la facture d’un consultant agréé auquel une PME fait appel lorsqu’elle ne dispose pas des compétences en interne et qu’elle souhaite bénéficier de conseils, par exemple pour un audit numérique ou énergétique. Deuxième niveau: celui des aides spécifiques octroyées par des agences wallonnes. On pense entre autres à l’AWEX pour l’internationalisation des activités, et au FOREM pour l’emploi.

“Tant l’Europe que la Région wallonne placent de plus en plus l’accent sur la réponse aux défis environnementaux et climatiques.”

Antoine Delépine
Responsable du département aides publiques chez CBC Banque

L’expert mentionne ensuite les aides à l’investissement. Elles peuvent provenir de fonds wallons ou être renforcées par des fonds européens comme le FEDER, qui les conditionnent à la contribution au développement économique de certaines zones territoriales. À l’intérieur de cet éventail, la Wallonie a notamment mis en place des aides spécifiques aux investissements pour la protection de l’environnement et l’utilisation durable de l’énergie. Enfin, les aides à la recherche et à l'innovation technologique de la Région wallonne peuvent être sollicitées pour tout projet de recherche industrielle ou de développement expérimental.

Stratégie économique régionale

Le gouvernement wallon est occupé àboucler sa réforme des aides à l'investissement, qui entrera en vigueur au printemps 2024. Si la dimension “emploi” en demeure la pierre angulaire, la contribution à la transition écologique y est également très valorisée. “Tant l’Europe que la Région wallonne placent de plus en plus l’accent sur la réponse aux défis environnementaux et climatiques”, note Antoine Delépine. “Cela se traduit déjà dans les mesures d’aides FEDER. C’est aussi la direction que prennent les dispositifs dans leur ensemble.”

Par ailleurs, la Région a mené depuis 2021 une réforme des aides à la recherche afin d’en rendre l’accès plus aisé et d’assurer un alignement avec la stratégie de spécialisation intelligente (S3), appelée à cadrer la politique de recherche, d’innovation et industrielle de la Wallonie. “Cette volonté se reflète aujourd’hui dans la façon dont les instances d’accompagnement s’organisent et réfléchissent à leur mission”, témoigne Sophie Bourez, codirectrice de Wagralim, le pôle de compétitivité wallon dédié aux systèmes alimentaires.

Effet multiplicateur

Emploi, transition écologique, digitalisation, internationalisation, innovation… Faut-il dès lors que tout dossier de demande d’aides, pour être validé, soit guidé par ces thèmes portés par la direction de la Politique économique wallonne? Antoine Delépine recadre: “Cela peut certainement apporter un effet multiplicateur, mais ce n’est pas une condition sine qua non.” Il rappelle par ailleurs qu’on ne peut prétendre à deux subsides wallons pour un même investissement.

L’important, pour une entreprise, n’est donc pas tant de cocher toutes les cases en s’inventant de nouveaux besoins – de quoi alimenter un “effet d’aubaine” que tout pouvoir subsidiant tente de minimiser – que de trouver la solution qui convient le mieux à son projet. “C’est là que l’aide d’un professionnel peut s’avérer indispensable.”

“Pour la création de Durwood, les aides à l'emploi et à l'investissement ont été capitales dans l’accomplissement de nos projets.”

François Amorison
Cofondateur de Duurwood

Élément structurant

François Amorison est cofondateur de Durwood, une société active dans la préservation, le sourcing et le traitement durable du bois, ainsi que dirigeant de la Brasserie des Carrières. Dès les débuts de son aventure entrepreneuriale, il a sollicité des aides à l’emploi et à l’investissement. “Pour la création de Durwood, elles ont été capitales dans l’accomplissement de nos projets”, confie-t-il.

“Bien plus qu’un complément, une aide est alors considérée comme un élément structurant de financement”, pointe Antoine Delépine. Une entreprise bouclera ensuite celui-ci en combinant par exemple des solutions bancaires avec des prêts subordonnés, via Wallonie Entreprendre ou les Invests wallons locaux , pour ne citer qu’eux.

Dans certains cas, l’intégralité de l’aide ne sera perçue qu’après que le projet correspondant aura été finalisé. Ainsi, la dernière tranche d’un appui wallon à l’investissement n’est parfois liquidée que deux ans après la réalisation. De quoi fragiliser la trésorerie des plus petites entreprises. La banque peut alors intervenir en préfinançant le projet à concurrence du montant de l’aide accordée, souligne Antoine Delépine.

De la start-up à l’entreprise mature

Depuis le montage d’une ligne de production jusqu’à l’édification d’un immeuble logistique, les aides à l’investissement sont accessibles aussi bien à une start-up ou une scale-up qu’à une société plus mature. Les entreprises les plus jeunes recourront davantage à des dispositifs spécifiques à la création ou au développement d’entreprise.

L’optimisation plutôt que l’aubaine

Désormais, c’est vers le soutien public à la R&D que François Amorison se tourne. “Au début de l’activité, on joue sa peau tous les jours et on est focalisé sur l’opérationnel. Mais à présent, nous savons que notre croissance passera avant tout par l’innovation et le soutien que nous pouvons obtenir à cet égard.”

Il insiste cependant sur un point: attendre qu’un subside “tombe” pour initier une activité de recherche est une erreur. Il s’agit d’abord d’identifier et de structurer un projet de qualité, puis d’en optimiser la mise en œuvre au moyen des aides accessibles. Au-delà de l’aspect purement financier, et qu’il s’agisse d’un projet de recherche ou d’investissement, l’appel à un tiers subsidiant engage une entreprise dans une dynamique de résultats et de reporting autour de laquelle on peut fédérer une équipe.

“Les aides publiques de l’Europe ou de la région wallonne dans les projets de R&D permettent aux entreprises de rester compétitives car elles contribuent au financement du risque lié à la recherche.”

Sophie Bourez
Codirectrice de Wagralim

Sophie Bourez abonde totalement dans son sens. “Un état d’esprit R&D permanent, même s’il est difficile à entretenir dans des PME, est crucial. Ensuite, il faut rencontrer les bons interlocuteurs en partant de son projet, plutôt que d’essayer de faire artificiellement correspondre celui-ci à une aide existante.” Espérer rendre toute sa R&D ou son innovation dépendante de subsides n’est dès lors pas une option à long terme. “

“Les aides publiques de l’Europe ou de la région wallonne dans les projets de R&D permettent aux entreprises de rester compétitives car elles contribuent au financement du risque lié à la recherche. Il est important de veiller à ce que ces projets s’inscrivent bien dans la stratégie de développement de l’entreprise. ”

Aujourd’hui, tant l’analyse préalable d’un projet – notamment la capacité de l’entreprise à le financer et à le faire vivre – que le contrôle et le suivi des autorités subsidiantes pendant son exécution sont des éléments qui garantissent un bon usage des fonds publics au bénéfice de projets R&D porteurs et de qualité.”

Crédibilité

Ainsi, une entreprise qui néglige ouvertement un projet pour lequel elle a été aidée risque, dans l’avenir, de se voir fermer des portes en cas de nouvelle demande. Mais qu’en est-il d’une entreprise qui se révélerait incapable de mener un projet à bien ou obligée de le redimensionner, par exemple sous l’effet des crises successives que nous avons connues? “Il y a des cas de force majeure: si l’analyse d’un dossier établit clairement que ce sont des facteurs exogènes qui sont en cause, la société ne jouera pas sa crédibilité”, rassure Antoine Delépine. “Au sein des organismes subsidiants, on sait aussi que la vie d’une société n’est pas un long fleuve tranquille!”

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