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"Trop de télétravail pénalise à la fois le salarié et l’entreprise"

Mathilde Castadot, experte Salesforce chez Easi et Jean-François Herremans, Co-PDG d'Easi (© Marco Mertens)

Solution-miracle pendant la crise sanitaire, le télétravail révèle aujourd’hui ses limites. Il faut y recourir de façon raisonnée et adaptée, estiment Jean-François Herremans et Mathilde Castadot, d’Easi. Sous peine de perdre tous les bienfaits du collectif et de l’interaction directe, au détriment des équipes et de l’entreprise.

"Dans la guerre des talents actuelle, on ressent une forte pression du marché en faveur du télétravail", reconnaît Jean-François Herremans, qui dirige depuis trois ans Easi, fournisseur de solutions de service informatique. "Contrairement à une quotité fixe stipulée dans les contrats, par exemple trois voire quatre jours par semaine, comme chez certains Big Four, chez Easi nous sommes pour un télétravail adapté à la personne, à son poste, aux missions auxquelles elle se consacre à l’instant T."

Un collaborateur qui doit mobiliser toute sa capacité de concentration pour élaborer un cahier des charges, ou analyser les termes d’un contrat international, bénéficiera de plus de tranquillité à son domicile, tandis qu’une réunion de brainstorming sera infiniment plus fructueuse si ses participants sont physiquement ensemble.

Un informel si riche

"À distance, on va droit au but, donc on perd les digressions créatives, la richesse du non-verbal et des temps morts", analyse Mathilde Castadot, Salesforce Expert arrivée voici trois mois chez Easi. "Or, ces pauses laissent le loisir de réfléchir, d’imaginer autre chose et de se revoir un peu plus tard dans la journée pour rassembler nos idées."

© Marco Mertens

Après deux ans de télétravail, j’ai redécouvert le plaisir d’avancer en équipe, de déjeuner ensemble et de discuter de tout et de rien.
Mathilde Castadot
expert en salesforce chez easi

"Une réunion ‘en vrai’ crée et entretient les relations, ce qui participe au climat de confiance indispensable à une coopération efficace et détendue. En revenant dans un bureau, après deux années complètement à distance, j’ai redécouvert le plaisir d’avancer en équipe, de déjeuner ensemble et de discuter de tout et de rien. On co-crée notre environnement de travail, notre activité, avec une dimension spontanée, naturelle, plus riche que des contacts planifiés. Et on fait ainsi naître des opportunités pour l’entreprise! Une foule de détails d’apparence anodine révèlent leur importance; ainsi, les tableaux blancs installés dans les bureaux d’Easi enrichissent les discussions. On improvise des schémas, des cartes mentales, on jette quelques idées en vrac… Le lien main-œil-cerveau fonctionne à plein! Par contraste, j’ai ressenti le côté laborieux et limité des outils numériques équivalents."

La culture d’entreprise, l’enthousiasme pour ses missions, l’appartenance collective ne se transmettent pas par voie électronique, confirme le CEO: "Faire partager une vision, l’intensité d’un engagement… cela passe par la présence physique. Le rôle d’un dirigeant est aussi de s’assurer que ses équipes sont bien dans leur travail, que chacun trouve du plaisir dans l’accomplissement de ses tâches. Si nous avons remporté huit fois le titre de ‘Best Workplace’, c’est parce que nous avons créé les conditions d’un épanouissement individuel et collectif. Un climat qui ne peut naître que si le télétravail est utilisé ponctuellement et à bon escient. Nous ne sommes pas contre le travail à domicile s'il présente un avantage, mais il n'est pas acceptable de faire travailler vos employés à domicile pendant trois ou quatre jours. C'est mauvais pour leur santé mentale, pour l'esprit de groupe. Et en fin de compte, votre entreprise en souffrira aussi."

Il n'est pas acceptable de faire travailler vos employés à domicile pendant trois ou quatre jours. C'est mauvais pour leur santé mentale et pour l'esprit de groupe.
JEAN-FRANÇOIS HERREMANS
Co-PDG d'Easi

"Tout cela alimente la recherche de sens et de flexibilité que réclame ma génération", complète Mathilde Castadot. "Et l’équilibre vie privée/vie professionnelle se renforce. Aller au bureau puis rentrer chez soi dessine aussi des frontières plus nettes par rapport au télétravail: on déconnecte mieux."

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