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"La transition énergétique n'est réalisable que dans un cadre européen très intégré"

©Elia

D’un gestionnaire de réseau belge à un acteur de premier plan dans la transition énergétique locale et internationale, Elia a accompli une transformation impressionnante ces dernières années.

Elia est surtout connue du grand public pour son activité de gestionnaire de réseau, mais l’entreprise a considérablement évolué. Comment vous définiriez-vous aujourd’hui?

Chris Peeters: “Elia assure effectivement le développement et l’entretien de nos infrastructures de réseau, ce qui constitue sans doute la plus visible de nos tâches. Mais nous veillons également à ce que l’approvisionnement en électricité soit garanti, puisque nous gérons le centre de contrôle national et les informations concernant les réserves. Pour résumer, nous faisons en sorte que le système électrique soit opérationnel en toutes circonstances et que l’offre et la demande demeurent équilibrées en permanence. Enfin, il reste le volet ‘facilitation du marché’: Elia maintient des barrières d’entrée aussi basses que possible pour de nouveaux acteurs commerciaux sur le marché belge de l’électricité. Nous développons des services et des mécanismes qui permettent au marché de fonctionner via différentes plateformes. Outre le fait de favoriser la compétitivité économique, cela assure une prospérité accrue pour la société tout entière.”

Les nouveaux défis impliquent par ailleurs de nouvelles infrastructures. Un domaine dans lequel vous avez été particulièrement actifs ces dernières années.

Chris Peeters: “C’est vrai. Le passage à l’énergie renouvelable nous contraint à adapter la configuration du système. Auparavant, les grandes centrales électriques – pensez à Doel et Drogenbos – étaient souvent situées à proximité de villes ou de sites industriels importants. Nous devons désormais adapter cette infrastructure à une production d’électricité verte souvent très locale – par exemple via des panneaux solaires ou des éoliennes – mais aussi à la production en  gros volumes d’électricité verte, qui s’effectue fréquemment beaucoup plus loin de l’utilisateur final, dans de gigantesques parcs éoliens en mer ou dans de vastes centrales solaires notamment. Et dans la mesure où la production d’électricité verte n’est pas toujours constante, nous devons investir plus massivement dans l’interconnectivité et la flexibilité: nous échangeons de l’électricité avec l’étranger – dans les deux sens – afin de maintenir le système en équilibre. Tout cela exige de lourds investissements.”

Si la transition climatique est omniprésente, les consommateurs l’approchent surtout sous l’angle des producteurs d’électricité. À tort?

Chris Peeters: “Non, je pense que nous avons surtout été actifs en coulisses jusqu’à présent, mais les choses évoluent peu à peu. Par exemple, les consommateurs conçoivent de plus en plus le potentiel et les avantages d’une production d’électricité locale, ce qui nous place sur le devant de la scène en tant que gestionnaire de réseau. Plusieurs projets d’infrastructure très ambitieux sortent d’ailleurs de terre, comme Ventilus en Flandre-Occidentale et le MOG en mer du Nord, qui contribueront à notre visibilité.”

Comment voyez-vous l’apport social d’une entreprise comme Elia dans l’ensemble du débat sur le climat?

Bernard Gustin: “Nous devons veiller à ce que toutes les innovations technologiques qui peuvent soutenir la transition climatique soient intégrables aussi aisément et efficacement que possible au réseau d’électricité. Je compare volontiers notre rôle à celui d’un arbitre de football: plus il passe inaperçu, mieux il fait son travail. Ne vous y trompez pas, cependant. Nous parlons d’une révolution majeure dans le paysage énergétique, révolution dans laquelle nous jouons un rôle social de premier plan. En Belgique comme au niveau européen. Car l’importance croissante de la production d’électricité verte favorise l’interconnexion des réseaux au-delà des frontières.”

Quel est votre principal défi pour les années à venir?

Chris Peeters: “Les ambitions climatiques sont revues à la hausse dans toute l’Europe. Nous devons donc accélérer encore nos investissements dans la création de nouvelles infrastructures et l’adaptation des infrastructures existantes. Et ce, tout en limitant au maximum les nuisances locales causées par ces travaux d’envergure.”

Elia se montre très active en Allemagne. L’époque du simple “gestionnaire du réseau belge” est-elle révolue?

Chris Peeters: “Effectivement. Dans notre secteur, il n’est plus possible de réfléchir autrement qu’à l’échelle européenne. La transition énergétique n’est réalisable que dans un cadre européen très intégré. Les gestionnaires de réseau qui n’opèrent qu’à l’échelle nationale seront très rapidement marginalisés.”

Bernard Gustin: “Le groupe Elia appartient au Top 5 européen. Si l’on considère notre impact, néanmoins, nous pointons assurément dans le Top 3, grâce, entre autres, à notre présence dans deux pays. Nous représentons donc un acteur national très actif au-delà de ses frontières, ce qui nous procure une longueur d’avance en termes de culture et d’organisation. Ces dernières années, nous nous sommes transformés en un groupe multinational doté d’un actionnariat belge robuste. Au niveau du groupe, nous prévoyons quelque 5,6 milliards d’euros de nouveaux investissements pour continuer de développer le réseau européen durant les cinq prochaines années.”

©Elia

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