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"La chimie n'est pas le problème mais la solution"

François Cornelis ©Studio Dann

Avec un tiers des exportations belges et près de deux tiers de tous les investissements privés dans la recherche & développement, la chimie et la pharmacie constituent les piliers industriels de l’économie et de la prospérité belges. Pour François Cornelis, président du jury de l’essenscia Innovation Award, cela ne fait aucun doute: “La chimie n’est pas le problème mais la solution.”

Les secteurs chimique et pharmaceutique sont essentiels pour l’économie belge. Pensez-vous que leur rôle gagnera encore en importance à l’avenir?

La part relative de la chimie et des sciences de la vie dans la création de prospérité en Belgique augmente année après année. Tout simplement parce que les réponses aux grandes interrogations sociétales devront en grande partie venir de ces secteurs.

Dans quels domaines la Belgique se distingue-t-elle? Où manifeste-t-elle le plus de potentiel?

Dans la transition de l’économie linéaire à l’économie circulaire. L’industrie chimique devra réaliser les percées fondamentales pour produire et consommer de manière plus efficiente: de nouveaux processus de production utilisant moins de matières premières et d’énergie, des matériaux plus faciles à recycler et une application plus large de la biotechnologie. 
Il existe par ailleurs des innovations qui autorisent la conversion du CO2 en matière première intéressante, ou qui transforment l’hydrogène en une source 
d’énergie verte. La chimie démontrera une fois encore qu’elle n’est pas le problème mais la solution. Quant à la pharma et à la biotech, elles conserveront leur rôle-clé dans la recherche sur le cancer et le développement de soins de santé adéquats pour une population vieillissante.

Comment conservons-nous ces innovations en Belgique?

Ces dernières années, notre pays a créé un cadre fiscalement attractif pour encourager les investissements dans la recherche & développement. Ces mesures doivent être maintenues, voire étoffées. Ceci dit, le secteur prend lui aussi ses responsabilités: avec la cellule “brevets” d’essenscia, nous aidons les entreprises à protéger leur propriété intellectuelle. Au travers de l’Innovation Circle, nous soutenons les start-up prometteuses. Des initiatives telles que Catalisti, GreenWin et BioWin servent quant à elles à promouvoir l’innovation ouverte, en jetant un pont entre les entreprises et les instituts de connaissance. 
Pour autant, l’élément déterminant demeure la disponibilité du capital-risque. C’est ainsi que les innovations peuvent basculer du statut d’expérimentation en labo à celui de produit commercialisé à l’échelle industrielle. 

Quels sont, selon vous, les principaux défis que le secteur doit relever?

Le défi majeur, tant en Belgique qu’en Europe, réside dans le soutien politique à une stratégie industrielle ambitieuse qui conjugue objectifs écologiques et principes économiques. À ce titre, la prochaine législature sera cruciale. Nous devons donner à l’industrie toutes les chances de continuer à investir, innover et créer de l’emploi. 
Cela nous amène au second défi: attirer les jeunes talents. Nous devons inciter davantage de jeunes à se tourner vers la science et la technologie. Ce sont eux, les ingénieurs et découvreurs de demain. La chimie et les sciences de la vie ont besoin d’eux.