Quand un courant alternatif se transforme en déferlante

©KBC Asset Management

L’investissement durable est en plein essor. Mais qu’entend-on exactement par ce terme? Comment les entreprises et les États sont-ils sélectionnés? Et qu’en est-il du rendement? Autant de questions que nous avons posées au pionnier de l’investissement durable en Belgique, KBC Asset Management.

De Tchernobyl à Paris

"Le développement durable doit répondre aux besoins économiques et sociaux actuels sans compromettre la capacité des générations futures à pourvoir à leur propres besoins." C’est ainsi que KBC Asset Management définit aujourd’hui la durabilité. Le gestionnaire de fonds a parcouru énormément de chemin depuis le lancement du premier fonds d’investissement durable belge en 1992.

"La définition concrète de l’investissement durable évolue avec l’esprit du temps", confirme Kenneth De Bruycker, l’un des deux experts des investissements durables chez KBC Asset Management. En 1992, par exemple, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et le déboisement de la forêt amazonienne dominaient l’actualité et le débat public. Les premiers fonds durables étaient par conséquent très axés sur l’environnement. Ces fonds thématiques privilégiaient les entreprises qui apportaient des solutions à des problèmes écologiques. Dix ans plus tard éclatait le scandale comptable de l’entreprise de gaz et d’électricité Enron. La définition de durabilité fut alors étendue.

"UN OUTIL POUR UN CHANGEMENT SOCIAL POSITIF"

"La durabilité n’est pas un concept creux chez KBC Asset Management. C’est pourquoi nous avons récemment entrepris d’améliorer notre impact positif sur la société. Nos fonds durables y jouent un rôle important: ils constituent un moyen de provoquer un changement positif. Ceux qui choisissent cet investissement optent pour le rendement financier et une contribution au développement durable. Les deux notions ne s’excluent pas. Nous exerçons le plus beau job dont on puisse rêver dans le monde financier. Certes, nous recherchons du rendement pour nos investisseurs et notre employeur, mais nous l’associons à un changement social. Nous en tirons énormément de satisfaction."  

"C’est à cette époque que sont apparus les premiers fonds bestin- class", poursuit Kenneth De Bruycker. "On sélectionnait les entreprises affichant les meilleurs scores en matière d’environnement, de politique sociale et de gouvernance dans leur secteur." L’impact investing, la forme la plus récente d’investissement durable, va plus loin encore.

"Pour constituer un tel fonds, nous ne nous contentons pas d’apprécier le processus de production et la gestion des entreprises: nous étudions également la contribution de leurs produits et services au développement social durable", indique Kenneth De Bruycker. Aujourd’hui, les clients de KBC ont le choix parmi quelque 150 fonds d’investissement durable. Le catalogue comprend des fonds thématiques, des fonds best-in-class et des fonds d’impact investing La gamme est tellement large que les investisseurs peuvent composer un portefeuille parfaitement équilibré constitué exclusivement de produits durables.

Après la crise financière de 2008, on a réalisé que la durabilité pouvait également s’avérer intéressante d’un point de vue financier. Des thèmes médiatiques comme la Conférence de Paris sur le climat ont également favorisé cette prise de conscience. "Alors que l’investissement durable relevait encore des stratégies ‘alternatives’ en 1992, il est à présent parfaitement commun."

"L’assortiment est si large que vous pouvez constituer un portefeuille équilibré en le composant exclusivement de produits d’investissement durable."
Carolien Bodewes
expert des investissements durables chez KBC Asset Management

Expertise

C’est précisément cette évolution constante de la notion de développement durable qui a incité KBC à se faire assister par un conseil consultatif dans la constitution de ses fonds. Ce conseil se compose de huit professeurs actifs dans des domaines divers, allant de l’économie à l’éthique, et se réunit quatre fois par an. Les analystes de KBC Asset Management assistent aux débats.

"Ces experts sont une source d’inspiration pour notre méthode de travail et s’assurent que le screening de durabilité s’effectue correctement", complète Kenneth De Bruycker. Pour la composition des fonds durables, KBC Asset Management part de l’univers de base des analystes financiers. En sont exclues les entreprises qui enfreignent les principes de l’investissement socialement responsable (ISR) ou sont actives dans des secteurs controversés, comme le commerce des armes.

"Ces critères de sélection s’appliquent également aux fonds conventionnels, mais nous sommes nettement plus stricts pour les fonds d’investissement durables", prévient Carolien Bodewes. Par la suite, l’univers est à nouveau affiné: "Pour les fonds best-in-class, nous attribuons aux entreprises des scores en fonction de paramètres liés à l’environnement de travail, au respect de la nature et à la bonne gouvernance. Seules les entreprises qui obtiennent les meilleurs résultats dans leur secteur sont retenues."

"Dans quel monde voulezvous vivre demain? C’est la question qu’il faut vous poser avant d’investir. L’investissement durable combine un rendement dès aujourd’hui et, pour le futur, un monde vivable pour vous et vos enfants."
Luc Van Liedekerke
président du SRI Advisory Board et professeur à la KUL et à l’université d’Anvers

Le scoring est effectué sur la base des données de Sustainalytics, un bureau de recherche indépendant spécialisé dans le développement durable. La méthodologie est différente pour les fonds thématiques et l’impact investing.

"Là, nos analystes recherchent activement les entreprises qui apportent réellement des solutions à des problèmes sociaux par leurs produits ou services", précise Kenneth De Bruycker. Pour les fonds thématiques, ces recherches sont menées dans un thème environnemental délimité, la pénurie d’eau par exemple. L’impact investing cible tous les aspects du développement durable, de la problématique du vieillissement à l’analphabétisme.

"Ces fonds d’investissement visent exclusivement des entreprises spécialisées et innovantes, assure Kenneth De Bruycker. Des entreprises qui font vraiment la différence." 

FONDS ECO

Les fonds thématiques investissent en actions d’entreprises qui contribuent à l’émergence d’une solution pour un problème environnemental donné. KBC Asset Management propose des fonds thématiques liés au changement climatique, à la pénurie d’eau ou à la quête de sources d’énergie alternatives. Dans ce dernier fonds, on trouvera par exemple des actions d’entreprises actives dans l’énergie éolienne, mais aussi des producteurs de batteries qui favoriseront l’essor des énergies renouvelables.

BEST-IN-CLASS

Ces fonds investissent à la fois dans des entreprises (actions, obligations) et des Etats (obligations). Hormis quelques secteurs controversés, toutes les industries sont prises en considération. La différence avec les fonds conventionnels? Seuls les Etats et entreprises qui obtiennent le meilleur score en matière de durabilité peuvent être sélectionnés. Le screening se fonde sur trois piliers: environnement, politique sociale et gouvernance. KBC Asset Management comparera, entre autres, les émissions de CO2, la politique sociale interne et la transparence fiscale des entreprises d’un secteur donné.

IMPACT INVESTING

Les fonds d’impact investing se tournent vers des actions d’entreprises dont le produit ou service a clairement une influence positive sur la société. Pensez aux entreprises de recyclage qui participent ainsi à la réduction des déchets, ou à celles qui développent des édulcorants alternatifs et luttent contre l’obésité. L’univers d’investissement est limité à environ 80 entreprises rentables et qui font la différence.