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Les assureurs face au risque climatique

Etienne Bouas-Laurent, CEO d’AXA Belgium

Les graves inondations que la Belgique a connues cet été font du changement climatique une réalité concrète pour le secteur des assurances. Après la gestion des conséquences immédiates de la catastrophe, le temps est venu d’envisager des solutions durables à long terme. Etienne Bouas-Laurent, CEO d’AXA Belgium, fait le point sur la situation et ouvre des pistes de réflexion.

“Les inondations des 15 et 16 juillet derniers en Wallonie représentent un événement unique par son ampleur et sa soudaineté”, pointe Etienne Bouas-Laurent. “Devant l’impact immense qu’elles ont eu sur une partie de la population wallonne, les courtiers en assurances et employés des compagnies d’assurances ont initié une mobilisation sans précédent. Certains ont reporté leurs vacances, d’autres en sont revenus plus tôt pour travailler sans compter, week-ends compris.”

Des réunions de coordination quotidiennes ont été organisées pour optimiser la gestion des sinistres. “Nous nous sommes efforcés d’agir le plus efficacement mais aussi le plus humainement possible, en essayant de répondre au mieux aux besoins de nos clients et de nos distributeurs. Un délai d’observation étant parfois nécessaire, toutes les expertises n’ont pas pu être réalisées dans l’immédiat. Nous avons également été confrontés à une pénurie d’experts. Le travail n’est donc pas terminé. Mais notre objectif est d’indemniser les clients au plus vite.”

Intervention doublée des assureurs

Du point de vue financier, le secteur des assurances a fait preuve de solidarité. “Au sein de leur fédération professionnelle (Assuralia), les assureurs ont collectivement doublé leur plafond de couverture des risques simples, portant celui-ci de 350 à 700 millions d’euros. Les assureurs ont également consenti un prêt de l’ordre de 1 milliard d’euros à la Région wallonne afin que les assurés puissent bénéficier d’une indemnisation complète de leurs dégâts en fonction des conditions de leur contrat.”

Bouleversement des modèles de prédiction

L’une des leçons à tirer de ces inondations est que le système en place, avec le Fonds des calamités régionalisé, ne permet pas de faire face à des événements majeurs.
Etienne Bouas-Laurent
CEO d’AXA Belgium

Pour ce qui est de la préparation du secteur à une telle catastrophe, Etienne Bouas-Laurent souligne que cet événement est considéré comme un risque bicentenaire, dont la probabilité est très faible.

“Ce dont nous sommes convaincus, en revanche, c’est que le réchauffement climatique a une influence certaine sur les catastrophes naturelles. Sa caractéristique est qu’il est exponentiel et non linéaire, ce qui nous oblige à reconsidérer nos modèles prédictifs. Auparavant basés sur l’observation du passé, ceux-ci doivent désormais intégrer des hypothèses sur lesquelles pèsent encore de nombreuses incertitudes. Et c’est moins la sévérité des catastrophes naturelles qui est en jeu que leur fréquence, en augmentation. Tout cela a un coût. Par conséquent, il faut s’attendre à un accroissement des prix.”

Mutualiser les risques au niveau national

“L’une des leçons à tirer de ces inondations est que le système en place, avec le Fonds des calamités régionalisé, ne permet pas de faire face à des événements majeurs”, juge Etienne Bouas-Laurent. “Avec les différents gouvernements fédéral et régionaux, il faut très rapidement trouver une solution au travers d’un modèle public-privé. Pourquoi un tel partenariat? Parce que les risques liés aux grandes catastrophes naturelles sont systémiques: énormément de foyers et d’entreprises sont touchés en même temps. Il est donc difficile d’imaginer que la seule mutualisation au travers d’un mécanisme d’assurances privées va suffire. Au-delà d’un certain niveau de risque, que l’on peut chiffrer, une intervention de l’État est incontournable – de l’État fédéral plutôt que des Régions. La couverture des risques exige de les mutualiser, et couvrir les catastrophes naturelles a davantage de sens au niveau national que régional. Par l’intermédiaire du secteur, nous menons un dialogue nourri avec les autorités afin d’élaborer un modèle efficace pour le futur.”

Investissements durables

En amont, le groupe AXA tient à jouer un rôle de prévention par le biais d’actions regroupées sous l’appellation Net-Zero Insurance Alliance. “Une première initiative vise à rendre notre portefeuille d’investissement neutre en carbone”, éclaire le CEO. “Une deuxième, lancée en avril, regroupe huit des principaux assureurs et réassureurs européens autour d’une politique de souscription plus ‘verte’, dont l’action aboutira à considérer les activités de certaines entreprises comme non assurables parce que polluantes.”

Le Net-Zero Insurance Alliance aboutira à considérer les activités de certaines entreprises comme non assurables parce que polluantes.
Etienne Bouas-Laurent
CEO d’AXA Belgium

Le groupe AXA a mis en œuvre un programme mondial de formation pour ses collaborateurs, qui sera étendu à des écoles et des entreprises. Soit neuf modules interactifs pour comprendre les causes du changement climatique et les risques qui en découlent. “Nous avons vu certains de nos collaborateurs transformés après avoir suivi ce programme. En outre, le groupe a établi un plan de gestion durable des forêts à l’échelle mondiale, pour un investissement de l’ordre de 1,5 milliard d’euros.”

Réduction de l’empreinte carbone

Des mesures fonctionnelles sont prises par AXA Belgium elle-même. “Nous avons réduit de 25% nos émissions de CO2 au cours des cinq dernières années en déménageant notre siège sur un nouveau site économe en énergie, bien desservi par les transports publics. Et nous avons l’intention d’aller plus loin encore avec la réduction des déplacements grâce au télétravail, l’évolution de notre flotte et, enfin, la poursuite de notre programme de numérisation.”

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