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Sur les marchés, les investisseurs naviguent entre optimisme et réalisme

Christofer Govaerts, stratégiste en chef de la banque Nagelmackers ©Marco Mertens

Du fait de leur nette progression fin 2023, il est moins probable que les marchés boursiers réitèrent la performance cette année.

Baisse des taux d'intérêt américains: seulement reportée

Les investisseurs ont été forcés de redescendre sur terre au cours des deux derniers mois de 2023. Alors qu'au troisième trimestre, ils s'attendaient encore à quatre baisses de taux d'intérêt – ramenées à deux par la suite – à la fin de l'année, ils anticipaient jusqu'à six baisses des taux d'intérêt américains en 2024. Et ce, en dépit de la position attentiste de la Réserve fédérale face à l'enthousiasme excessif des marchés.

Depuis lors, il semble clair que cet optimisme n'est plus de mise. “Ces dernières semaines, les indicateurs macroéconomiques américains ont balayé le consensus selon lequel une récession se profile à l'horizon”, déclare Christofer Govaerts, stratégiste en chef de la banque Nagelmackers. “En effet, le marché du travail tourne toujours à plein régime et les pressions inflationnistes restent fortes. Il ne fait aucun doute que l'économie américaine ralentira tôt ou tard. Mais pas aussi rapidement qu'on l'avait initialement prévu. Ce qui devrait également repousser le timing et le rythme des baisses de taux d'intérêt à plus tard. Une première baisse des taux d'intérêt au printemps? Peu probable.”

Zone euro: l'inflation n'est pas encore suffisamment refroidie

Pour la zone euro, c'est une autre histoire. En octobre, tout le monde s'accordait encore à dire que le pire était derrière nous sur le front économique, et que le ciel allait s'éclaircir peu à peu. Aujourd'hui, les indicateurs révèlent que le ciel s'est encore assombri. “En se basant uniquement sur les perspectives de croissance, on pourrait anticiper une première baisse des taux en Europe plutôt qu'aux États-Unis”, souligne Christofer Govaerts. “Cela dit, tout le monde à la BCE n'est pas impatient de réduire les taux d'intérêt prochainement, même si la croissance ralentit fortement. La raison? Outre les mauvais chiffres de croissance, l'inflation n'a pas encore suffisamment baissé. Même si ce retard risque de déclencher une récession, on estime qu'il vaut mieux attendre que l'inflation se normalise. Par conséquent, la première baisse des taux d'intérêt dans la zone euro n'est peut-être pas pour demain non plus.”

Un autre facteur compromet le scénario d’une baisse rapide des taux d'intérêt: les troubles au Moyen-Orient, qui entretiennent le spectre de l'inflation. “Alors que les chaînes d'approvisionnement ont commencé à se normaliser l'année dernière, les problèmes refont surface aujourd'hui en raison des troubles en mer Rouge. Les pressions inflationnistes s'atténuent donc plus lentement, ce qui pourrait aussi inciter les banques centrales à garder leurs munitions un peu plus longtemps.”

Quelle direction les marchés boursiers prennent-ils?

Les élections dans certaines grandes économies – dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Inde, l'Indonésie et le Mexique – pourraient bouleverser le jeu de stratégie géopolitique cette année. “Donald Trump a déjà laissé entendre que l'Europe ne pourrait pas compter sur son soutien si d'autres grondements se faisaient entendre dans la région – en l'occurrence en Ukraine. S'il remporte les élections, la sonnette d'alarme sera tirée en Europe. Au cours de la période précédant les élections, nous assisterons à une volatilité accrue sur les marchés.”

Quant aux actions, notre préférence va aux américaines. Même si elles sont relativement plus chères que les actions européennes et celles des pays émergents, elles parviennent à exceller année après année.

Christofer Govaerts
stratégiste en chef de la banque Nagelmackers

Pour ce qui concerne les marchés, leur envol durant les deux derniers mois de 2023 laisse moins de place au potentiel de hausse. “Alors qu'il y a quelques mois, nous prévoyions une marge de hausse de 5% pour les obligations en 2024, nous avons revu ces prévisions à la baisse, à 3,5%”, confie Christofer Govaerts. “Malgré la forte progression observée dans les derniers mois de 2023, nous maintenons le potentiel à 7% pour les actions. Tant les actions que les obligations méritent toujours leur place dans un portefeuille, bien que nous trouvions à nouveau les actions légèrement plus attrayantes que les obligations.”

“Quant aux actions, notre préférence va aux américaines. Même si elles sont relativement plus chères que les actions européennes et celles des pays émergents, elles parviennent à exceller année après année. Enfin, pour ce qui concerne la Chine, il est clair que la croissance s'essouffle depuis plusieurs années. Sans dramatiser, nous ne pensons pas que le pire soit derrière nous. La Chine demeurera un acteur important dans les indices, mais à court terme, le tableau reste sombre.”

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