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Comment les start-up gardent-elles la tête hors de l'eau en cette période de coronavirus?

Mathieu Lardinois, Sales Manager chez Skyforce: “Le gouvernement ne doit pas traiter les start-up différemment des PME. Il faut une approche généralisée qui rétablisse progressivement l'ensemble du tissu économique.”

Les start-up usent de leur flexibilité pour lutter contre la crise du coronavirus. Mais cette bataille dévoile aussi la vulnérabilité de leurs réserves financières. Leur croissance prometteuse est freinée brutalement. Deux start-up dévoilent leur façon d’aborder cette crise.

Fondée en 2019 et basée à Bruxelles, Skyforce protège les indépendants et les PME des cyberattaques. En moins d'une année, cette entreprise de cinq collaborateurs a décuplé ses effectifs. Parmi eux, 42 sont au chômage technique en raison de la crise du coronavirus.

Il s'agit de représentants commerciaux, de techniciens d'installation et de personnel RH, comme en témoigne Mathieu Lardinois, cofondateur et Sales Manager: “Nous n’avions pas d'autre option. De nombreux clients sont réticents à laisser entrer des techniciens et des vendeurs dans leur entreprise en raison des mesures de sécurité. Et bien sûr, nous voulons protéger la santé de nos employés autant que possible.”

Le service d'assistance et le service clientèle de Skyforce fonctionnent pourtant à plein régime. Beaucoup de personnes travaillent à domicile, et le nombre de questions relatives aux technologies de l'information augmente en conséquence. “Heureusement, la fermeture temporaire de notre entreprise n'est pas nécessaire. Bien que nous n'ayons pas d'autre choix que d'attendre que la tempête passe.”

Des projets réduits

Dataroots, lancée en 2017 et spécialisée dans l'IA et l'apprentissage machine, peut elle aussi survivre sans fermeture temporaire. “Les dommages subis par notre entreprise ne sont pas trop lourds pour l'instant”, déclare son CEO, Jonas Tundo. “Bien sûr, nous ressentons le choc, mais nous nous estimons heureux que les clients n'aient pas encore annulé de projets, même s'ils ont réduit l'ampleur de certains d’entre eux.”

En réponse, Dataroots reporte le recrutement de personnel et les investissements supplémentaires. “Malheureusement, nous avons dû mettre certains de nos 41 employés au chômage technique. Mais nous sommes résolument tournés vers l'avenir: nous voulons survivre à cette crise en tant qu'entreprise saine et avec toute notre équipe.”

Les charges de personnel restent une pierre d'achoppement pour de nombreuses start-up. Si ces coûts sont réduits, davantage d'emplois seront maintenus à moyen terme.
Jonas Tundo
CEO de Dataroots

Lettre ouverte

Entre-temps, plus de 600 start-up ont signé une lettre ouverte au gouvernement pour demander des garanties de financement supplémentaires. Nombre d’entre elles voient la croissance prévue de leurs revenus reportée ou annulée.

Les investisseurs et les institutions financières “démissionnaires” mettent à leur tour en danger la trésorerie des jeunes entreprises. La lettre demande notamment à l'État de garantir 75% des besoins d'investissement des start-up financièrement saines.

“Nous avons signé cet appel”, confirme Jonas Tundo. “Non parce que nous serions les premiers bénéficiaires de ce soutien, ni dans le but de sauter sur les barricades. Le gouvernement est à l'écoute de l'évolution des besoins des entreprises et prend des mesures.”

Frais de personnel

Pour les entreprises particulièrement vulnérables, comme certaines start-up, le gouvernement pourrait faire un peu plus, juge Jonas Tundo. “En fonction des besoins et de l'urgence de l'entreprise, et de préférence par étapes – un report de paiement ou des réductions sur les cotisations de l'employeur, par exemple. Les charges de personnel restent une pierre d'achoppement pour de nombreuses start-up. Si ces coûts étaient réduits, davantage d'emplois seraient maintenus à moyen terme.”

Skyforce s'attend à ce que le gouvernement décide de certaines mesures spontanément. “Des mesures supplémentaires seront nécessaires lorsque la vie reprendra son cours”, souligne Mathieu Lardinois. “Le gouvernement ne doit pas traiter les start-up différemment des PME. Il faut une approche généralisée qui rétablisse progressivement l'ensemble du tissu économique.”

Nouveaux produits

Comment procéder après la crise? “Il faudra reprendre le fil de la croissance et rattraper le retard accumulé”, répond Jonas Tundo. “Le plus difficile, c'est le timing. Nous n'avons aucune idée de la durée des mesures de quarantaine. Ce qui nous contraint à ajuster nos prévisions d'activité chaque semaine. Diriger une entreprise et gérer une équipe dans ce brouillard n'est pas une sinécure.”

Skyforce exploite cette période pour préparer la formation par vidéoconférence destinée aux vendeurs et aux techniciens. Et développe à cette fin son propre système de vidéoconférence.

“Nous travaillons également sur un nouveau produit”, confie Mathieu Lardinois. “Une sorte de package de relance pour les indépendants et les PME. Et nous envisageons de proposer nos services et produits par téléphone. Cette diversification des produits et des services nous permettra, espérons-le, d’être mieux armés contre une éventuelle crise future.”

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