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“Depuis la crise du coronavirus, les CEO ont besoin de trois nouvelles compétences”

©Frank Toussaint

La pandémie de coronavirus a ébranlé notre monde ces deux dernières années. Les collaborateurs de tous niveaux – CEO compris – ont dû affronter de nombreuses incertitudes aux plans personnel et professionnel. Beaucoup de chefs d’entreprise ont souffert de problèmes de santé mentale. “Aujourd’hui, ils ont besoin de nouvelles compétences pour garantir un avenir à leur entreprise et à eux-mêmes”, estime le professeur de management Frederik Anseel.

Une étude suédoise a analysé la santé mentale des CEO sur une période de 15 ans et l’a comparée avec celle de la population générale. Une des principales révélations de cette étude est qu’en temps normal, les chefs d’entreprise affichent une meilleure santé mentale que la moyenne de la population. L’étude a également montré qu’il existait une certaine sélection naturelle parmi les CEO: “Les patrons doivent prouver qu’ils sont résilients et qu’ils peuvent encaisser des coups avant d’être nommés à ce poste”, explique notre compatriote Frederik Anseel qui, après avoir mené une carrière académique internationale, est aujourd’hui professeur de management et Senior Deputy Dean de l’UNSW Business School à Sydney.

Seul au sommet

Les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ont tendance à ne pas poser leur candidature pour des postes élevés, car elles savent que la pression est énorme. Malgré tout, 6% des CEO ont déjà fait appel au moins une fois à de l’aide médicale pour des problèmes d’angoisse et de stress et 3% pour de la dépression. “Si ces chiffres sont inférieurs à ceux de la population générale, ils ne sont pas à prendre à la légère”, prévient l’expert. Une étude américaine a étudié l’impact des crises au sein des entreprises sur le taux de mortalité des CEO. Lorsqu’une entreprise traverse une crise aiguë, avec une baisse de 30% ou plus du cours de l’action, le taux de mortalité des CEO augmente et leur processus de vieillissement s’accélère. “Ils vieillissent d’un an et demi en moyenne”, chiffre Frederik Anseel.

Certains CEO sont désormais très doués en communication virtuelle et ont même appris à réaliser des clips TikTok avec une communication rapide, punchy et inspirante.
Frederik Anseel
professeur de management et Senior Deputy Dean de l’UNSW Business School à Sydney

Si nous extrapolons ces données et que nous les appliquons à ce qui s’est passé pendant la crise du coronavirus, la pression et le stress ont été énormes pour les CEO d’entreprises ayant vu leur valeur boursière s’effondrer de 20 à 40%. La pandémie provoquant encore de nombreuses incertitudes, perturbations et tensions géopolitiques, les patrons ne sont pas encore sortis de la zone de danger. La plupart des CEO s’identifient à leur entreprise et se sentent personnellement responsables de ce qui lui arrive. “Ils sont seuls au sommet”, résume Frederik Anseel. “En d’autres termes, après les réunions et les concertations, les CEO se retrouvent isolés pour prendre les décisions. La pression qui en résulte est difficilement comparable avec celle des autres fonctions.”

Nouvelles compétences pour les CEO

La pression constante sous laquelle beaucoup de CEO ont dû travailler ces deux dernières années – et qui n’a peut-être pas complètement disparu – exige de nouvelles compétences. La première porte sur la capacité de faire face aux incertitudes. “Lorsque les parties prenantes influentes se montrent nerveuses, les CEO doivent s’attaquer à l’origine de ces inquiétudes et adapter leur communication à ces groupes-cibles”, éclaire Frederik Anseel. “Cela exige un très haut niveau d’intelligence émotionnelle.”

Une deuxième compétence que les CEO doivent acquérir est la capacité à diriger une organisation hybride de façon optimale. Tout ce qu’ils ont appris sur le management dans le monde analogique et l’ancien environnement physique doit être transposé dans le nouvel univers numérique. “Certains CEO sont désormais très doués en communication virtuelle et ont même appris à réaliser des clips TikTok avec une communication rapide, punchy et inspirante.”

Troisième compétence indispensable pour les CEO: la volonté assumée de s’occuper de la santé mentale et du bien-être des parties prenantes, aussi bien à l’extérieur qu’au sein de leur entreprise. De nombreux CEO ont l’habitude de cacher et de contrôler leurs émotions, mais en tant que role models, ils doivent se montrer plus ouverts sur ce plan. “Cela permet de créer un environnement sûr pour les autres collaborateurs, car ils montrent ainsi que nous rencontrons tous, à un moment ou à un autre, des difficultés psychologiques et que c’est tout à fait normal”, conclut Frederik Anseel. “Si le CEO se montre ouvert et prêt à partager ces expériences, les autres se sentiront plus à l’aise pour discuter de leurs propres difficultés.”

Article basé sur cette publication en anglais de l’UNSW Business School Sydney (avec leur autorisation).

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