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“Nous devons rémunérer en fonction de l’impact et non de l’input”

Britt Buseyne est chercheuse, écrivaine et créatrice de podcasts sur l’entrepreneuriat durable, dans lesquels elle dénonce nos idées rigides sur le travail. “Nous créons l'illusion de la flexibilité alors qu’en général, rien ne change fondamentalement.”

“Depuis que j'ai décroché mon diplôme, j'ai beaucoup réfléchi pour savoir ce que je voulais faire”, confie la jeune femme de 28 ans. “Comme bon nombre de mes amis, je n'arrivais pas à trouver ma voie et je changeais constamment d'emploi. Cela m'a perturbée. Je me suis demandé si le problème venait de moi. Je me suis renseignée auprès de mes connaissances ou de personnes partageant les mêmes valeurs et j'ai remarqué que le problème était plus profond. Quand j'ai commencé à m'intéresser au sujet, j'ai découvert des entreprises qui adoptaient une approche différente.”

Le fait que Britt Buseyne soit si impliquée n'a rien d'étonnant. En tant que psychologue clinicienne, elle a l'œil pour la dimension humaine des choses. Et elle a fini par pénétrer l'univers des RH. “Ce qui était somme toute logique, puisque c'est la branche de transition où les psychologues cliniciens deviennent des psychologues d'entreprise”, affirme-t-elle. En tant que jeune recruteuse, elle a découvert les divergences entre ce que les entreprises recherchent et ce que les talents en quête d'un défi espèrent trouver. De là est né son intérêt pour le travail durable.

Travailler pour les employés

Pour définir la durabilité, Britt Buseyne revient à sa traduction anglaise: sustainability. The ability to sustain. Autrement dit, la capacité à maintenir quelque chose sur le long terme.

Si l'input n'est plus uniforme, pourquoi exigeons-nous que tout le monde travaille huit heures pour générer un certain output?
Britt Buseyne
créatrice de podcasts sur l'entrepreneuriat durable

“Le travail durable est par définition viable à long terme. Cela doit se traduire par un travail adapté aux besoins de l'employé. Nous devons définir l'entreprise en fonction de l'employé plutôt que l'inverse. Les employés ne travaillent pas seulement pour l'entreprise: celle-ci doit aussi travailler pour les employés et se comporter comme un vecteur social.”

Impact vs input

Dans la chronique sur la durabilité qu’elle signe pour le magazine Trends, Britt Buseyne a écrit sur l'importance d'une rémunération basée sur l'impact plutôt que sur l'input. Elle y dénonce la semaine de quatre jours de travail… ou plutôt la semaine de travail de cinq jours en quatre, qui crée l'illusion du temps et de la flexibilité. Alors qu'en réalité, cela revient à réaliser le plus grand volume de travail possible en un nombre fixe de jours.

La rémunération en fonction de l'impact, en revanche, crée de la durabilité, affirme-t-elle. “La rémunération à l’aune de l'input relève d'une époque où une contribution (input) spécifique et assez uniforme était nécessaire pour obtenir un certain résultat (output)”, détaille-t-elle. “Prenez l'exemple du temps de production. Combien de temps faut-il pour fabriquer un produit? Un délai de travail raisonnablement uniforme est lié à cette production. Pourtant, dans l'évolution des emplois et des entreprises, cette uniformité est passée au second plan. De nombreux emplois relèvent aujourd'hui de la haute technologie et requièrent davantage d'input mental que physique. Si l'input n'est plus uniforme, pourquoi exigeons-nous que tout le monde travaille huit heures pour générer un certain résultat?”

Fil rouge

La durabilité est comme un fil conducteur dans la vie de la jeune femme. “Quelles marques dois-je acheter? Comment consommer moins d'énergie? Plus je me penchais sur la question, plus j'abordais le sujet de manière systématique. Je n'ai pas ma propre maison, je suis en colocation. Je partage ma voiture via une plateforme peer-to-peer. Je mange principalement végétarien et je consomme de façon très consciente.”

Elle en a même fait sa profession. “Quand je regarde autour de moi, je vois beaucoup de gens qui abandonnent ou qui ont du mal à faire face à ce que le travail exige d'eux. J'ai maintenant une plateforme que je peux utiliser pour questionner cette dimension. L'objectif de tout ce que je fais est de créer un dialogue autour de la durabilité. Je pense que les gens s'écoutent trop peu et osent trop rarement douter et changer d'avis. Je souhaite que cela change.”

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