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L’économie circulaire, source d’innovation

La Wallonie ambitionne de devenir leader européen de l’innovation circulaire. Grandes entreprises, PME, académiques, pouvoirs publics, clusters, pôles de compétitivité, fédérations sectorielles, centres de recherche: tous sont mobilisés pour faire de la Wallonie une terre d’innovation circulaire, où l’économie circulaire se nourrit de l’innovation, et inversement. On en parle avec Julien Amadou, Project Leader Circular Economy au Sirris, le centre collectif de l’industrie technologique.

On parle beaucoup d’innovation ouverte. En quoi l’économie circulaire s’inscrit-elle dans cette approche?

Innover dans son coin n’a plus de sens aujourd’hui, et cela vaut pour le circulaire. Toute entreprise qui veut s’engager fermement dans cette approche doit avoir une vue globale qui nécessite de collaborer avec les revendeurs, les fournisseurs mais aussi les consommateurs finaux voire même les concurrents. C’est toute la beauté et le challenge.

Pourquoi est-ce essentiel?

L’économie circulaire implique la mutualisation et le partage de ressources, d’informations et de la valeur. Être circulaire, cela ne se résume pas à optimiser ce qu’il se passe au sein de votre entreprise, choix des matières, des procédés… C’est aussi idéalement se préoccuper de la phase d’utilisation de vos produits ou services et de leur fin de vie car ces étapes ont aussi beaucoup d’importance. De plus, pour savoir comment améliorer vos procédés, votre business model ou la fin de vie de vos produits, vous avez besoin d’informations qui viennent des autres. Echanger des connaissances et des bonnes pratiques, nous rend individuellement et collectivement plus efficients. C’est la clé. De là, on peut travailler la consommation responsable des ressources. La vôtre, mais aussi celle de vos clients!

Il faut donc une approche collective de toute la chaine de valeur?

Idéalement, oui. Une entreprise est un maillon de la chaine, elle est dépendante de celui qui le précède et celui qui le suit et aura du mal à agir et avoir de l’impact de manière isolée. La bonne nouvelle, c’est que si 10-15 % des maillons s’y mettent alors toute la chaine s’active. Dans le cadre de la stratégie Circular Wallonia , le SPW a notamment défini la construction, le plastique, la métallurgie et le textile comme chaines de valeurs prioritaires afin de travailler sur leurs consommations de ressources et d’énergie. Mais il est important aussi de favoriser des actions cross-sectorielles et des échanges d’expériences entre filières car on doit aussi réfléchir le circulaire de façon territoriale ; par exemple, un intrant ou un sortant d’une chaine peut en alimenter une autre. C’est aussi pourquoi l’implication de tous les acteurs – fédérations sectorielles, clusters, pôles de compétitivité…- est importante pour favoriser ces échanges et permettre aux entreprises d’appréhender toutes les possibilités liées à l’économie circulaire et ne plus voir ça comme une contrainte.

On y vient: pour une entreprise qui ne s’est pas construite sur le circulaire, l’approche est-elle rentable?

Pas sans s’adapter, bien sûr. Passer au circulaire, c’est d’abord questionner sa raison d’être et repenser la rentabilité. La valeur peut être autre que simplement financière ; la réputation, la marque employeur, l’accès aux données ou la résilience sont aussi une manière de prospérer. Mais cela peut aussi aller très vite en fonction du contexte global: j’observe, par exemple, qu’il y a deux ans encore les matières plastiques recyclées étaient snobées. Aujourd’hui, la quasi-totalité des volumes qui seront collectés pour les 2 ans à venir sont déjà vendus! La question des approvisionnements devient primordiale, la mise en place de collaborations ou d’approches locales devient une opportunité.

Plusieurs entreprises en Wallonie démontrent que le circulaire est déjà créateur de valeur: Reprocover est parvenue à produire des caniveaux, des chambres de visite ou des passages à niveaux à partir de matériaux thermodurcissables difficilement recyclables. Ou encore dans le secteur de l’équipementier automobile, AISIN propose du remanufacturing de boites de vitesses à des prix compétitifs. Et cela va même plus loin: les anciennes boites collectées sont une mine d’information pour améliorer leurs produits.

Innover dans son coin n’a plus de sens aujourd’hui, et cela vaut pour le circulaire.
Julien Amadou
Project Leader Circular Economy au Sirris

Améliorer dans quel sens?

En prolongeant la durée de vie ou en améliorant l’efficience. La philosophie de l’économie circulaire, c’est de préserver la valeur plutôt que de la créer pour ensuite la jeter. C’est aussi de dématérialiser. On ne vend plus le même produit au même client plusieurs fois, mais on l’accompagne pour qu’il dure plus longtemps ou consomme moins. Wouters-tecnolub, par exemple, ne vend plus forcément ses machines d’huilage industriel, mais les loue et propose son expertise pour diminuer drastiquement la consommation de lubrifiants. Elle met ainsi à disposition une fonctionnalité plutôt qu’un produit tout en minimisant l’utilisation de consommables. Cette approche "as a service" est un changement de modèle et une innovation commerciale.

La technologie peut-elle jouer un rôle?

La technologie seule ne résoudra pas le problème, c’est aussi une affaire d’organisation, de comportement et de consommation. Elle doit être raisonnée et raisonnable afin d’éviter un certain nombre d’effets rebonds. Partage, utilisation efficace, reconditionnement, réutilisation: les boucles internes de l’économie circulaire ont besoin de données pour être fonctionnelles. Or souvent, les entreprises ne savent pas ce qu’il advient de leur produit une fois vendu. Tout système qui permette de collecter de l’information à ce sujet a de la valeur et permet de préserver la valeur de leur produit. De manière générale, les technologies de l’industrie 4.0 sont des bons supports aux stratégies circulaires. Au-delà de leur rôle dans la préservation de la valeur, elles peuvent aussi permettre d’écoconcevoir et de produire de manière plus efficiente. Mais on peut aussi activer les approches low-tech ou frugale.

La formation a aussi un rôle important, l’économie circulaire nécessite une vision globale souvent en contradiction avec la tendance à l’hyperspécialisation. J’ai eu personnellement la chance de suivre la formation du Forem de facilitateur en économie circulaire ; sans elle, je n’aurais pas la possibilité qui m’est offerte aujourd’hui d’aider les entreprises wallonnes à s’engager dans l’économie circulaire.

Quinzaine de l’économie circulaire & innovation

L'innovation au service de l'économie circulaire (et inversement): rencontre le 09 juin avec les entreprises pionnières Comet, Copains, Ecostéryl & Materia Nova. Plus d'informations ici.

Le SIRRIS et le CETIC présenteront le 10 juin le projet AI4Recycle,qui met l’intelligence artificielle au service de l’optimisation industrielle dans les usages du plastique recyclé. Plus d’informations ici

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