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“Pour avoir de l’impact, il faut privilégier le long terme”

Maritza Cabezas, stratège en investissement chez Triodos Investment Management.

La hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie touche les pays émergents de manière disproportionnée. C’est pourquoi certains investisseurs se tournent vers de nouveaux horizons. “Si l’on vise un développement durable, il faut disposer de flux de capitaux stables”, prévient Maritza Cabezas, stratège en investissement chez Triodos Investment Management.

La flambée inflationniste que nous connaissons aujourd’hui est un phénomène mondial. Les marchés émergents n’y échappent pas, bien au contraire: de nombreuses personnes y sont plus durement touchées en raison de l’augmentation du coût de la vie, indique Maritza Cabezas, stratège en investissement chez Triodos Investment Management. 

“À cause de l’inflation, vous obtenez moins avec la même somme. Autrement dit, l’inflation érode votre pouvoir d’achat. Les habitants des pays à bas revenus disposent de moins d’économies et donc de marges restreintes pour compenser cette perte de pouvoir d’achat. En outre, les groupes les plus vulnérables consacrent 40 à 60% de leurs revenus à leur alimentation. Lorsque les prix des produits alimentaires partent à la hausse, ils le ressentent proportionnellement beaucoup plus.” 

Ce n’est donc pas un hasard si certains qualifient l’inflation d’“impôt sur la pauvreté”. À l’instar de l’Occident, les gouvernements des pays émergents prennent des mesures pour amortir l’impact de la hausse des prix. Mais comme la pandémie de Covid-19 a fortement affecté leurs budgets, ils ont moins de moyens pour soutenir les ménages. 

La forte inflation et la pandémie ont aggravé les inégalités et la pauvreté.
Maritza Cabeza
Stratège en investissement chez Triodos Investment Management

Maritza Cabezas remarque également que ces moyens ne sont pas toujours utilisés de la façon la plus efficace. “Souvent, les gouvernements distribuent des subsides ou contrôlent les prix. Or, il faudrait que ces subsides soient temporaires et ciblés et non pas permanents et accordés à tout le monde.” 

Stagflation 

Il y a de fortes chances que les marchés émergents restent confrontés, pendant le reste de l’année, à un ralentissement de leur croissance et à une inflation élevée, poursuit l’experte. On ne peut pas non plus exclure un scénario de stagflation – en d’autres termes, de croissance zéro tandis que les prix continuent à monter. “Ce n’est pas notre scénario de base mais les probabilités qu’il finisse par se produire sont nettement plus importantes qu’auparavant.” 

En cause: les banques centrales occidentales, qui ont appuyé plus fortement que prévu sur la pédale de frein et revu plus rapidement les taux d’intérêt à la hausse. Avec sa politique, la banque centrale américaine en particulier a donné le ton pour les marchés émergents. “De nombreux pays émergents font face à un déficit de leur balance des paiements parce qu’ils importent davantage qu’ils n’exportent”, note Maritza Cabezas. “Ce fossé doit être comblé en attirant des capitaux étrangers. Cet argent leur est actuellement prêté à des taux plus élevés.” 

Les investisseurs se laissent encore trop souvent influencer par des objectifs à court terme et par la recherche de gains rapides.
Maritza Cabezas
Stratège en investissement chez Triodos Investment Management

Investissements durables et avec impact 

Après la pandémie et face à la flambée des prix de l’énergie, les pays émergents sont confrontés à leur deuxième choc en peu de temps. Cette situation a clairement laissé des traces. Par exemple, ils ont fait un pas en arrière en matière de réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. “Jusqu’en 2019, nous avons constaté une amélioration mais, depuis, nous avons reculé dans plusieurs domaines. La pauvreté et les inégalités, entre autres, se sont accrues.” 

Trop d’investisseurs se laissent influencer par des objectifs à court terme et par la recherche de gains rapides, regrette enfin la spécialiste des marchés émergents. “Pour atteindre les objectifs de développement durable, nous avons besoin de flux de capitaux stables. Et les investisseurs doivent adopter une vision de long terme s’ils veulent avoir l’impact qu’ils recherchent.” 

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