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L'ADN de l'entrepreneur

 © Wim Kempenaers
3 Temps de lecture

"L'avenir est à l'écosystème"

Jurgen Ingels

Partager ses connaissances ? Cela peut sembler étrange, pourtant c’est l’un des éléments contribuant au succès d’une entreprise. Bien que Jurgen Ingels ait trouvé cette idée et bien d’autres dans le secteur de la fintech, elle est tout aussi pertinente pour les entreprises actives dans d’autres secteurs.

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" L’époque où le client achetait des applications ici et là, puis engageait une entreprise pour les intégrer est révolue : désormais, il veut une solution totale intégrée. Simultanément, tout change si vite qu’il est impossible de tout faire soi-même. La spécialisation est indispensable pour être compétitive au niveau international. " C’est le principal défi. Jurgen Ingels lève immédiatement un coin du voile sur la meilleure manière de le relever : " Il faut créer un écosystème. "

Argent, plateforme et connaissances partagées

Après cinq années dans le private-equity, Jurgen Ingels a créé Clear2Pay en 2000. Son entreprise technologique propose aux banques une solution permettant de transférer aisément de l’argent au niveau international. À présent que son entreprise External links a été vendue, il met ses connaissances et son expérience à profit pour donner un coup de pouce aux autres jeunes entreprises fintech qui en ont besoin pour grandir. " Le contexte actuel est à nouveau totalement différent ", reconnaît-il.

" Pour réussir, trois éléments sont requis. Tout d’abord de l’argent : c’est pourquoi nous avons créé Smartfin Capital. " Mais – et c’est le deuxième élément – les entreprises doivent également savoir ce que veut exactement leur client final, comment il utilise leurs produits, mais aussi d’autres produits connexes. Dans la fintech, c’est un défi technique auquel une plateforme qui relie différentes applications apporte une solution.

Troisièmement, il est désormais clair qu’une seule entreprise ne peut pas tout faire toute seule. Elle doit se concentrer sur un aspect partiel et y devenir la meilleure. " Et là, il faut collaborer avec d’autres qui sont les meilleurs dans leur domaine pour construire ensemble des produits qui sont les meilleurs au monde ", explique-t-il. " Cette idée d’écosystème et de partage de connaissances devient très importante. "

Chacun son rôle

Les acteurs fintech particulièrement agiles vont-ils évincer les grandes banques plus rigides et reprendre leur rôle ? Jurgen Ingels n’y croit pas. " Une banque est une banque, une entreprise technologique est une entreprise technologique. Une entreprise technologique ne deviendra jamais une banque. Mais les acteurs technologiques vont aider les banques à fluidifier leur fonctionnement, à gagner en efficacité. Les banques doivent embrasser ces acteurs technologiques et intégrer leurs applications dans leur propre environnement pour rendre la vie de leurs clients plus agréable et confortable. Dans ce cas, le client n’aura aucune raison de s’en aller. "

De la même manière, une banque ne deviendra jamais une entreprise technologique. Jadis, une banque pouvait recruter mille informaticiens et tout garder sous contrôle de A à Z. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Grâce à l’open source, une petite start-up peut se nourrir des connaissances et de l’expertise de peut-être cent mille des meilleurs développeurs au monde. Leur approche aussi est totalement différente. " Aujourd’hui, une entreprise technologique va construire un produit qui n’est pas parfait, le commercialiser et créer une deuxième version sur base du feed-back reçu du marché. Après plusieurs itérations, vous obtenez un produit qui répond parfaitement aux exigences du marché. "

Enfin : ne parlons-nous que du secteur financier ? Non, répond clairement Jurgen Ingels. " Cela vaut également pour les soins de santé, la logistique… Le monde évolue rapidement, mais retenez que le temps réel et les données ne cessent de gagner en importance, quel que soit l’environnement. "

Entreprendre, c’est partager des connaissances. Les cinq conseils de Jurgen Ingels.

1. Les entreprises qui entendent être compétitives au niveau international doivent se concentrer sur ce en quoi elles peuvent être les meilleures.

2. Facilitez la vie du client si vous le connaissez, pas uniquement en ce qui concerne votre propre produit, mais aussi plus largement.

3. Tant les " vieilles " banques que les jeunes " entreprises fintech " ont un rôle à jouer. Elles doivent se renforcer mutuellement en offrant une solution à leurs clients.

4. Real time. Data driven. Ce sont les exigences que les applications doivent satisfaire aujourd’hui.

5. Aucune entreprise n’opère seule. Pour réussir, une entreprise doit collaborer au sein d’un écosystème, nouer des liens et partager des connaissances.

 

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