Sous la responsabilité de 
Degroof Petercam

Investissements responsables:
tout le monde gagnant

 © Daniel Rosenthal
3 Temps de lecture

"Nous encourageons les retardataires à faire mieux"

On consacre beaucoup d’attention au développement durable des entreprises, nettement moins à celui des pays. À tort, estime-t-on chez Degroof Petercam, qui a développé son propre modèle.

Publicité

Publicité

Publicité

"La restructuration des obligations publiques grecques et la perte, par la France et le Royaume-Uni, de leur très enviée note AAA ont fait voler en éclats le mythe d’obligations publiques sans risque ces dernières années", remarque Ophélie Mortier, stratégiste Investissements Responsables auprès de Degroof Petercam. "En d’autres termes, il est important d’élargir son champ de vision et de ne pas se focaliser sur les comptes financiers des pays."

Bien que le marché des obligations publiques soit nettement plus vaste que celui des actions, on consacre étonnamment peu d’attention à la durabilité des pays. Ce n’est pas le cas chez Degroof Petercam qui, à la demande d'un client désireux d'investir dans des obligations publiques durables, a lancé son propre classement en 2008. Celui-ci est fondé sur cinq critères: "transparence et valeurs démocratiques", "populations, soins de santé et distribution de la richesse", "environnement", "enseignement" et "économie". Les deux premiers affichent un poids cumulé de près de 60%.

"Le mythe d’obligations publiques sans risque a volé en éclats ces dernières années"
Ophélie Mortier Stratégiste Investissements Responsables auprès de Degroof Petercam

Critères et pondérations ont été établis par un groupe de scientifiques – trois experts indépendants en politique internationale, environnement et biotechnologie, et trois experts internes de la banque. Tous les six mois, ils se réunissent pour évaluer les modèles analytiques et apporter les rectifications nécessaires. Les gestionnaires de fonds de Degroof Petercam sont les bienvenus aux débats, précise Ophélie Mortier. "Cette interaction garantit un lien avec ce qui se fait sur les marchés."

Depuis près de 10 ans, ce modèle classe les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) selon une approche "best-in-class", du plus au moins durable. Ce n’est pas un hasard si l’on trouve, en haut du classement, des pays dont les entreprises obtiennent des scores élevés en matière d’environnement, de responsabilité sociale et de gouvernance, tels que les pays scandinaves.

Pays émergents

Le problème des investissements dans ces nations exemplaires est que le taux proposé sur leurs obligations publiques est particulièrement bas. Les investisseurs à la recherche de rendements plus élevés doivent dès lors se tourner vers les pays émergents. En 2013, Degroof Petercam a donc élargi son univers aux obligations publiques de 87 économies émergentes, qu’elle soumet également à une analyse de durabilité.

Cette analyse ne porte cependant pas sur les mêmes enjeux que pour les pays de l’OCDE, nuance Ophélie Mortier. "Ici, nous observons par exemple l’accès à l’eau potable, les droits politiques, le taux de scolarisation des enfants de 12 ans, le nombre de vaccinations."

 © REUTERS © REUTERS

Les valeurs démocratiques occupent une place centrale dans ce modèle de durabilité, et pas uniquement pour des préoccupations idéologiques. "Les recherches académiques démontrent l'existence d'un lien clair entre la qualité des institutions d’un pays et le risque que l’État ne puisse pas rembourser ses dettes."

Si la plupart des marchés émergents ne sont pas des exemples de développement durable et de démocratie, Ophélie Mortier entrevoit une amélioration: "Un grand nombre de ces pays montrent des signes encourageants. L’objectif n’est dès lors pas de laisser de côté les pays qui présentent des scores plus faibles en matière de développement durable. Car nous voulons précisément les inciter à adopter les meilleures pratiques."

C’est également la raison pour laquelle les progrès accomplis au cours des années écoulées ont un poids important dans le score de développement durable. "Seuls les pays qui ne répondent pas aux exigences minimales absolues pour qu’il soit question de démocratie sont systématiquement exclus. C’est le cas de la Russie et de la Chine."

Plus le score de développement durable est faible, plus le rendement est élevé. Il n’est toutefois possible d’investir qu’un maximum de 10% du fonds, qui pèse aujourd'hui près de 212 millions d’euros en gestion, dans le dernier quartile. Il faut également investir au moins 40% des actifs dans le premier quartile, où les pays émergents d’Europe de l’Est sont particulièrement bien représentés

Publicité

Publicité