Sous la responsabilité de JP Morgan Asset Management

Durabilité et pays émergents

 © Frank Toussaint
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"Nous effectuons 5.000 visites d'entreprise chaque année dans les pays émergents"

Les gestionnaires de portefeuille qui souhaitent investir dans les entreprises durables des pays émergents doivent réaliser un énorme travail de terrain afin d’en évaluer tous les risques.

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Pour analyser le caractère durable des entreprises, les analystes et gestionnaires observent trois critères dits "ESG": leur impact écologique, social et la qualité de leur gouvernance. On note cependant des différences claires selon que leur regard se pose sur une entreprise occidentale ou une firme implantée dans un pays émergent, souligne Guy Janssens, Head of Sustainable and Responsible Investments chez BNP Paribas Fortis Private Banking. "L’investisseur ne peut avoir les mêmes attentes. En Europe, la gouvernance des entreprises cotées en Bourse est généralement bonne, parce que la réglementation et le contrôle sont de qualité. On peut espérer que ce soit également le cas pour les pays émergents d’ici quelques années, y compris pour les critères écologiques et sociaux."

Ce n’est pas un hasard si la gouvernance est le premier aspect abordé dans cette énumération. "C’est le plus important des critères ESG, surtout dans les pays émergents", observe Nicolas Deblauwe, directeur général de J.P. Morgan Asset Management pour le Benelux. "Il faut y prêter une grande attention, surtout lorsqu’on a affaire à un actionnaire majoritaire – qu’il s’agisse de l’État dans une entreprise publique ou d’une famille dans une société familiale. Des problèmes de gouvernance peuvent également se poser lorsque l’État se montre très interventionniste sur le plan de la réglementation. Autant d’éléments dont nous tenons pleinement compte dans notre processus d’investissement."

Quelle est la qualité des informations liées aux critères ESG dans les pays émergents? "Les données disponibles sont nettement moins nombreuses que dans les pays développés", admet Amit Mehta, gestionnaire de fonds au sein de l’équipe Emerging Markets & Asia Pacific equities de J.P. Morgan Asset Management. "Il y a par exemple moins d’audits externes, et les barrières linguistiques ne facilitent guère les choses. Surtout pour les entreprises de petite capitalisation boursière, ces problèmes sont  plus importants."

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J.P. Morgan Asset Management les résout par une panoplie d’expertises. La société de gestion effectue ainsi quelque 5.000 visites d’entreprises par an dans les pays émergents –passant parfois à plusieurs reprises dans une même entreprise. "Cela représente beaucoup de travail", souligne Nicolas Deblauwe. "Nous déployons une équipe de plus de 100 analystes et gestionnaires de portefeuilles qui s’occupent quotidiennement du suivi de ces entreprises." S’y ajoutent les spécialistes des pays et les experts des différentes branches industrielles, tandis que des fournisseurs de données comme Sustainalytics et MSCI attribuent des scores ESG.

"Avant d’investir dans une entreprise, nous l’avons donc étudiée sous toutes les coutures", résume le directeur général. "Nous ne nous contentons pas des aspects financiers. Quel regard l’entreprise porte-t-elle sur l’environnement? Comment investit-elle pour garantir sa pérennité? Comment se comporte-t-elle vis-à-vis des actionnaires minoritaires? Seul le management est capable de répondre à ces questions."

"Notre plateforme de recherche est structurée de manière à pouvoir répartir aisément les entreprises en catégories et juger si elles comptent parmi la crème de chaque catégorie", prolonge Nicolas Deblauwe. "Nous voulons investir dans les sociétés qui gèrent leurs activités comme nous attendons qu’elles le fassent."

Check-liste

Concrètement, le gestionnaire de fonds fait appel à une check-list composée de 98 questions permettant d’évaluer la qualité et les risques. "La plupart de ces questions portent sur des critères ESG", poursuit Nicolas Deblauwe. "En particulier la gouvernance, un paramètre très important dans les pays émergents. Nous passons également beaucoup de temps à échanger des idées avec les entreprises, surtout au sujet des aspects où nous pensons qu’elles pourraient faire mieux. Il s’agit par exemple de la composition du conseil d’administration, des droits des actionnaires minoritaires et de l’adaptation de la rémunération de la direction à leurs performances. Il est essentiel d’intégrer ces préoccupations dans le processus d’investissement, parce qu’il s’agit en fin de compte d’analyser les capacités de ces entreprises à 10 ou 20 ans, et pas juste sur les 12 prochains mois."

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Amit Mehta livre un exemple de dialogue constructif. "Voici quelque temps, nous avons eu une réunion avec le management du géant de l’électronique Samsung, après que plusieurs Galaxy Note eurent pris feu. Nous voulions savoir comment ils allaient communiquer et exécuter le rappel des produits. La discussion a été très intéressante. En Corée du Sud, nous constatons qu’on peut enfin discuter et inciter les entreprises à réduire leur montagne de liquidités en versant des dividendes. Symboliquement, nous pensons qu’il est important que Samsung prenne l’initiative dans ce domaine, parce que c’est une entreprise-phare en Corée."

Les gestionnaires de fonds ESG parviendront-ils à contraindre les chaebols – les célèbres conglomérats industriels coréens au fonctionnement notoirement opaque – à faire preuve d’une plus grande transparence? "Je voudrais imaginer que ce soit le cas", sourit Amit Mehta. "Certes, les fonds qui intègrent les critères ESG peuvent avoir une influence, mais le véritable changement proviendra de l’intérieur, et les choses commencent d’ailleurs à bouger. En outre, il faudra qu’un conglomérat important serve d’exemple. Les évolutions récentes sont en tout cas prometteuses."

"Il est impossible d’aider ceux que l’on exclut"

"Lorsque nous avons une réunion avec des dirigeants d’entreprises de pays émergents, nous ne le faisons pas toujours dans un contexte négatif, pour identifier ce qui ne va pas", prévient Nicolas Deblauwe, directeur général de J.P. Morgan Asset Management pour le Benelux. "Notre objectif peut tout aussi bien être d’aider l’entreprise à opérer de meilleurs choix."

Le gestionnaire de fonds n’exclut pas systématiquement de ses options d’investissement les entreprises qui se sont vu attribuer un mauvais score en matière d’ESG au terme d’un audit externe. "C’est toute l’idée de l’engagement positif", remarque Nicolas Deblauwe. "Plutôt que d’exclure les entreprises, il convient de les aider à adopter les critères ESG. À condition naturellement qu’elles évoluent dans la bonne direction. Nous le contrôlons en leur rendant visite régulièrement. Quoi qu’il en soit, nos gestionnaires de fonds tiennent compte du fait que ces entreprises comportent des risques plus élevés. Elles sont donc sanctionnées dans notre processus d’investissement."

Que se passe-t-il lorsqu’une entreprise renâcle devant cette engagement positif? "Le cas échéant, notre devoir consiste à en tirer les conclusions qui s’imposent. Car en définitive, nous sommes responsables de nos décisions face aux clients dont nous investissons l’argent."

Ce document est fourni à titre d'information uniquement, les opinions qu'il contient ne constituent en aucun cas un conseil ou une recommandation en vue d'acheter ou de céder un quelconque investissement ou intérêt y afférent. Les analyses présentées dans ce document sont le fruit des recherches menées par J.P. Morgan Asset Management, qui a pu les utiliser à ses propres fins. Sauf mention contraire, toutes les données chiffrées, prévisions, opinions, informations sur les tendances des marchés financiers ou techniques et stratégies d’investissement mentionnées dans le présent document sont celles de J.P. Morgan Asset Management à la date de publication du présent document. Elles sont réputées fiables à la date de rédaction. Elles peuvent être modifiées sans avis préalable. La performance et les rendements passés ne préjugent pas des résultats futurs. Il est à noter par ailleurs que la valeur d’un investissement et les revenus qui en découlent peuvent évoluer en fonction des conditions de marché. Aucune certitude n'existe quant à la réalisation des prévisions. Les entreprises/actions précitées sont mentionnées exclusivement à des fins d’informations. Leur mention ne doit pas être considérée comme une recommandation d’acheter ou de vendre. Publié par J.P. Morgan Asset Management (Europe) S.à r.l.

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