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"Euphorie et panique sont mauvaises conseillères en matière d'investissement"

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Ce sont les émotions qui font de nous des êtres humains, mais aussi, bien souvent, de piètres investisseurs. Les algorithmes peuvent nous venir en aide. Il reste certes de la place pour les idées humaines – à condition de les "robotiser".

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"Voici un phénomène que l’on observe fréquemment: lorsque les Bourses progressent, l’optimisme des investisseurs va crescendo, et ils commencent à négliger les risques", déplore Geert Van Herck, stratégiste en investissement chez Keytrade Bank. "Vous voyez par exemple qu’un grand nombre d’investisseurs particuliers et de fonds ne conservent guère de liquidités. Lorsque le sentiment et les Bourses se retournent, c’est le contraire. Dans la panique, les émotions prennent le pas sur les méninges, ils vendent tout et se retrouvent avec d’énormes liquidités, précisément au moment où ils devraient à nouveau investir. Or, ils ne feront leur retour sur le marché que lorsque les Bourses se seront déjà redressées et qu’elles se montreront donc à nouveau chères."

Les conséquences financières de ces émotions violentes ne sont pas négligeables, poursuit-il: "Sur les 25 dernières années, l’indice boursier américain S&P 500 affiche un rendement annuel moyen de 6 à 7%, alors que l’investisseur américain n’a généralement enregistré qu’un rendement annuel de 2 à 3% sur la même période. Sous l’emprise tour à tour de l’euphorie et de la panique, il a acheté et vendu au mauvais moment."

Portefeuille idéal

En utilisant un conseiller robot qui ne se laisse pas guider par les sentiments mais par des algorithmes, les investisseurs bannissent les émotions du processus d’investissement. Le robot bâtit un portefeuille idéal sur la base de séries de chiffres et des préférences personnelles du client.

Cela ne signifie pas que l’humain soit exclu du processus d’investissement, remarque Geert Van Herck. "Chez KeyPrivate, notre service de gestion de patrimoine en ligne, nous travaillons avec un modèle hybride. En plus du logiciel robot, il subsiste une intervention humaine via le comité d’investissement. Lors de nos réunions mensuelles, nous cherchons cependant, comme les robots, à éviter les émotions et les prédictions."

Comment cela se passe-t-il concrètement? "Le comité d’investissement analyse la composition de nos portefeuilles et leur évolution dans le temps. Dans ce processus, nous examinons notamment les indicateurs de tendance, tels que les moyennes des semaines, des mois et des années précédents. S’ils commencent à changer d’orientation, il est fréquent que la tendance du marché suive. Si nécessaire, nous intervenons. Il est très différent de discuter chaque mois de ce que les banques centrales ou Donald Trump feront ou non, et de modifier ses positions sur cette base."

"Il est très différent de discuter chaque mois de ce que les banques centrales ou Donald Trump feront ou non, et de modifier ses positions sur cette base."
Geert Van Herck stratégiste en investissement chez Keytrade Bank

Cette méthode "mécanique" permet d’amortir les chocs propagés par de grosses crises comme celle de 2007-2008, remarque Geert Van Herck. "Ceux qui surveillent l’évolution des moyennes historiques étaient déjà en partie sortis du marché à ce moment. C’est pour moi le rôle principal du comité d’investissement: établir quand le temps est venu de se montrer un peu plus offensif ou défensif, et donc de conserver plus ou moins de liquidités en portefeuille."

Pour résumer, le comité d’investissement conserve cependant toujours le dernier mot. Il trace les grandes lignes de la stratégie d’investissement des clients KeyPrivate, puis les conseillers robots procèdent à sa mise en œuvre concrète. "Nous faisons tourner cet algorithme chaque mois à partir des données les plus récentes des marchés financiers", prolonge Geert Van Herck. "L’algorithme établit ensuite un portefeuille optimal pour chacun des 10 profils de risque que nous définissons. Le conseiller robot a alors le choix parmi 12 trackers. Cinq d’entre eux suivent des indices d’actions régionaux, comme l’Euro Stoxx 50 et le Nikkei 225, cinq autres suivent des segments du marché obligataire, telles les obligations à haut rendement et les obligations publiques, et les deux derniers suivent les prix de l’or et des métaux industriels, le cuivre et le zinc notamment. Nous ne modifions les portefeuilles que si le comité d’investissement est d’accord avec ce que proposent les robots."

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