Une initiative de Schroders

Investir en toute sécurité en période de turbulences

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"Difficile de ne pas vanter les pays émergents"

Cela fait bien longtemps que les économies émergentes ne sont plus un simple pari sur une hausse des matières premières. Leur croissance est désormais structurelle. "Pour autant, il est encore possible d’y obtenir des rendements élevés, surtout avec les ‘petites’ actions", souligne Edward Evans, spécialiste en la matière chez Schroders.

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"Bien que notre équipe d’investisseurs en actions dans les pays émergents soit de nature plutôt défensive, il est de plus en plus difficile de ne pas vanter abondamment ce segment", s’exclame Edward Evans, spécialiste des pays émergents au sein du gestionnaire de portefeuille Schroders. "Comment ne pas les aimer? Les émergents devraient afficher cette année une croissance de 4,5%, contre 1,9% pour les pays occidentaux. Pour la première fois depuis 2008, nous voyons les deux groupes enregistrer une croissance raisonnable, ce dont profiteront surtout les émergents. Grâce aux valorisations qui y ont cours, ils représentent l’un des rares endroits où il est encore possible d’obtenir un rendement intéressant."

Ce rendement est en grande partie attribuable aux bêtas élevés des pays émergents, un indicateur de l’exposition au marché. Les actions dont le bêta est supérieur à 1 enregistrent des fluctuations plus marquées que le marché dans son ensemble, à la hausse comme à la baisse. Elles sont donc plus risquées, mais pour un rendement attendu supérieur. Avec la reprise de l’économie mondiale, cela s’avère positif, affirme Edward Evans, qui poursuit son raisonnement au sein même des pays émergents: "Traditionnellement, ce bêta est également plus important chez les petites capitalisations que chez les grandes, ce qui implique que les premières réagiront plus fortement à une possible hausse du marché – et recèlent donc un atout supplémentaire."

Les investisseurs doivent être attentifs aux points d’inflexion dont ils peuvent profiter.
Edward Evans Spécialiste des pays émergents Schroders
 © Schroders © Schroders

 

Cependant, les investisseurs ne courent-ils pas le risque de prendre en portefeuille des actions volatiles et peu liquides? "Sur les 1.900 actions que compte le MSCI Emerging Markets Small Cap Index, un peu plus de la moitié se négocient aisément et ne posent aucun problème de liquidité. Les études révèlent du reste que, dans cet indice, les petites capitalisations affichent une volatilité inférieure à celle des grandes capitalisations."

Président Trump

Le gestionnaire de portefeuille n’a pourtant pas abandonné sa prudence naturelle: "La croissance est encore en partie portée par les cycles des stocks et le redressement des cours des matières premières. Mais il n’y a aucune raison de faire preuve d’autosuffisance. Le marché se concentre à l’excès sur ce qui se passe aux États-Unis, alors que le réel moteur de la croissance mondiale est la Chine. Or, l’économie chinoise montre toujours une belle tenue grâce à une politique de crédit relativement souple. Le risque existe cependant que le gouvernement de l’Empire du milieu commence à serrer la vis. Il n’est pas impensable que la croissance mondiale ne réponde pas aux attentes des investisseurs."

N’est-il pas logique que les investisseurs suivent de près ce qui se joue dans l’Amérique de Donald Trump? Le président a été élu sur un programme de stimuli budgétaires et de protectionnisme intensif. Ce qui provoquerait une hausse de l’inflation et, en compensation, un relèvement des taux de base et donc un raffermissement du dollar… Avec, à la clé, un exode de capitaux des pays émergents vers les États-Unis.

Edward Evans ne croit pas à ce scénario: "J’admets qu’il est extraordinairement difficile de se forger une idée claire des projets concrets de Donald Trump. Toutefois, des mesures protectionnistes handicaperaient davantage les entreprises américaines que les firmes étrangères. On peut donc s’interroger sur leur mise en œuvre effective. Et les projets de nouveaux stimuli budgétaires sont peu à peu rangés au frigo. Voyez le dollar: il a déjà abandonné les gains enregistrés peu après la victoire électorale de Donald Trump!"

Croissance structurelle

Schroders est notamment surpondéré au Brésil et en Russie. "Les investisseurs doivent être attentifs aux points d’inflexion dont ils peuvent profiter", souligne Edward Evans. "Le Brésil est sorti d’une grave crise politique – la destitution de la présidente Dilma Rousseff en août dernier – au moment où les cours des matières premières étaient à nouveau en hausse. Tout comme la Russie, le pays enregistre une reprise après une récession. Et les taux d’intérêt y sont également à la baisse."

Cela peut donner l’impression que les pays émergents sont toujours un pari sur les matières premières. Edward Evans dissipe ce malentendu: "Voici une décennie, vous pouviez encore l’affirmer. À l’époque, la part des matières premières dans l’indice des pays émergents s’établissait à 38%. Aujourd’hui, ce n’est que 12%, ce qui est conforme aux économies occidentales. Les pays émergents enregistrent clairement une croissance structurelle."

"Le message est clair mais les investisseurs ne veulent pas l’entendre"

Les investisseurs doivent s’intéresser non seulement aux actions des pays émergents, mais aussi à leurs obligations, assure Matthew Michael, spécialiste des obligations chez Schroders. "Je suis convaincu qu’elles recèlent des possibilités comme nous n’en rencontrons que rarement au cours d’un siècle. Ces dernières années, toutes les grandes crises financières – des dévaluations aux pics des taux obligataires – ont entraîné des bouleversements politiques importants. Pensez au Brésil, où la présidente Dilma Rousseff a été destituée en août 2016. La situation du pays s’est remarquablement améliorée depuis. Et d’autres pays mettent en œuvre des réformes importantes pour la première fois en 15 ans, telle l’Indonésie."

Le message est clair. "Malheureusement, les investisseurs ne l’entendent pas!", soupire Matthew Michael. "Ils regardent les actualités et s’inquiètent de la procédure de destitution au Brésil, mais ignorent tout des évolutions favorables que connaît le pays par ailleurs."

Le spécialiste de Schroders livre un dernier conseil aux amateurs d’obligations: "L’Argentine a disparu de la scène pendant des années parce que des fonds vautours empêchaient son retour sur le marché. Conséquence de la restructuration de la dette que le pays a mise en œuvre il y a eu une décennie et demie, et que certains investisseurs contestaient… L’Argentine n’a donc pas pu procéder aux émissions massives d’obligations publiques opérées par les autres pays émergents voici cinq ans. Aujourd’hui, elle peut à nouveau emprunter sur les marchés internationaux, alors qu’elle n’a pas beaucoup de dette en circulation. Une occasion extraordinaire pour les investisseurs."

 

Les informations et opinions figurant dans cet article sont celles de l’auteur. Cet article se veut exclusivement informatif et ne constitue ni une offre ni une demande d’achat ou de vente d’instruments financiers. Il ne peut être considéré comme une quelconque forme de conseil ou de recommandation. Les résultats passés ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs.

 


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