Une initiative de Schroders

Investir en toute sécurité en période de turbulences

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"Les banques centrales opèrent une razzia sur les rendements à venir"

Les investisseurs ne doivent pas attendre de rendements extravagants sur les marchés financiers au cours des cinq prochaines années, estime Alan Cauberghs, spécialiste en obligations chez Schroders.

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Un homme très sympathique, cet Alan Cauberghs. Mais débordant d’optimisme? Pas du tout. Le directeur des placements à revenu fixe au sein du gestionnaire de portefeuille Schroders, où il supervise plus de 130 milliards d’euros, fait ainsi preuve de circonspection à l’égard de la reprise économique en Europe. "L’économie n’est pas en meilleure santé qu’en 2008. Nous voyons à peine se manifester les premiers signes de croissance. Et le taux de chômage, certes en baisse, reste structurellement supérieur à 9%. Dans des pays comme l’Espagne, il dépasse même les 20%."

Sa crainte? Que le regain de croissance que nous connaissons soit plus cyclique que structurel. Les problèmes fondamentaux sont en effet trop nombreux: "L’endettement a beaucoup augmenté depuis 2008, le vieillissement commence à produire ses effets, le potentiel de croissance économique a diminué et les gains de productivité sont trop faibles. Il est très difficile d’être optimiste."

N’a-t-il pas une paire de lunettes roses dans son bureau pour voir la vie en couleur? "Non, pour une raison toute simple: quand on investit l’argent de ses clients, il ne faut pas tenter de voir les choses sous un jour plus favorable qu’il ne l’est réellement!" Nous vivons néanmoins une époque particulièrement clairement intéressante, nuance-t-il immédiatement: "Je n’en ai pas vu beaucoup de semblable au cours de mes 25 ans de carrière sur le marché des obligations. Nous pouvons jeter à la poubelle de nombreuses théories économiques que nous avons apprises à l’école."

Taux plancher

Le problème le plus évident est sans doute celui des dettes publiques. Le volume des obligations publiques a nettement augmenté ces huit dernières années, alors que les taux sont retombés à des niveaux plancher. Pourtant, il faudra bien les rembourser… Pour y parvenir, le nombre d’options est limité, prévient Alan Cauberghs: "La première solution passe par une augmentation des recettes potentielles – une croissance économique soutenue, donc – mais je n’envisage pas un tel scénario dans l’immédiat. Une autre possibilité est une restructuration coordonnée des dettes, un groupe de pays décidant de négocier l’abandon d’une partie de ses créances avec ses créditeurs. La troisième est une hausse de l’inflation, qui réduit la valeur réelle des dettes publiques. C’est ce que les banques centrales tentent d’accomplir aujourd’hui, et cela fait parfaitement l’affaire des dirigeants politiques."

Quand on investit l’argent de ses clients, il ne faut pas tenter de voir les choses sous un jour plus favorable qu’il ne l’est réellement.
Alan Cauberghs Gestionnaire de portefeuille Schroders

 

 © Christophe Ketels © Christophe Ketels

Les dirigeants des banques centrales ne sont pas irréprochables eux non plus, note-t-il. L’an dernier, Alan Cauberghs expliquait encore que les effets secondaires indésirables de la politique monétaire actuelle, extrêmement souple, dépasseraient les résultats souhaités, et il maintient son point de vue. "Parmi ses conséquences, les investisseurs ont déjà eu droit aux rendements qu’ils pouvaient obtenir au cours des cinq à dix prochaines années. L’assouplissement quantitatif n’est rien d’autre qu’une razzia sur les rendements à venir."

Du côté des produits à revenu fixe, les possibilités sont limitées pour les investisseurs à la recherche de rendement, indique-t-il. "Les obligations publiques sont assorties de taux désespérément bas, et les obligations des meilleures entreprises qui affichent une très bonne solvabilité s’échangent souvent à des taux négatifs. Il ne faut pas condamner les obligations pour autant, mais la question de la composition des portefeuilles gagne en importance. Les investisseurs qui ont besoin des revenus de leurs investissements sont presque obligés de placer leurs économies dans des obligations européennes à haut rendement ou des obligations émises par des États ou des entreprises des pays émergents. On trouve encore des rendements attrayants dans ce segment."

Infrastructure

Une solution pour les investisseurs qui recherchent des revenus attrayants à long terme réside dans l’infrastructure. Les besoins y sont énormes, remarque Alan Cauberghs. "Prenez l’Europe, où la plupart des infrastructures datent de l’immédiat après-guerre. Elles ont aujourd’hui plus de 60 ans. De tels investissements créeraient beaucoup d’emplois tout en protégeant les investisseurs contre l’inflation, parce que les revenus d’infrastructure sont généralement liés à l’évolution des prix. Le problème? Pour les pouvoirs publics, cela représente d’énormes dépenses à court terme, alors que les revenus sont étalés sur une longue période." Et le tout au travers d’une crise financière qui a commencé en 2008 et dont nous ne sommes pas encore totalement sortis. Alan Cauberghs sourit: "Nous subissons régulièrement des crises financières depuis plus de 1.000 ans. Nous surmonterons celle-ci comme les autres."

Les informations et opinions figurant dans cet article sont celles de l’auteur. Cet article se veut exclusivement informatif et ne constitue ni une offre ni une demande d’achat ou de vente d’instruments financiers. Il ne peut être considéré comme une quelconque forme de conseil ou de recommandation. Les résultats passés ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs.

 

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