Une initiative de Schroders

Investir en toute sécurité en période de turbulences

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"Pas question de s'aventurer dans le market timing"

Les fonds neutres au marché profitent des erreurs commises par les investisseurs dans l’évaluation de la rentabilité des entreprises. Grâce à une stratégie ciblée, ils éliminent ainsi le risque de marché. L’évolution de la Bourse n’a alors plus aucune importance.

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"Imaginez une salle de cinéma où s’élève un panache de fumée", compare Lionel Rayon, gestionnaire de fonds chez Schroders. "Certains en décèlent l’odeur mais restent assis parce que personne d’autre ne bouge. La fumée s’intensifie. Pourtant, personne ne se lève. Jusqu’à ce qu’un spectateur, dont le nez est peut-être bouché, se redresse pour se détendre les jambes. Et brusquement, tout le monde se précipite vers la sortie. L’être humain est un animal grégaire."

Market timing

La parabole de la fumée répond à une question sur l’efficacité du market timing. Une efficacité qui est donc… nulle. "En 2008, nous savions tous que quelque chose ne tournait pas rond et que la situation pouvait se dégrader très rapidement", poursuit le Français. "Néanmoins, personne ne savait exactement à quel point et à quelle vitesse. Pas même moi! Parfois, il faut beaucoup de fumée pour que les gens prennent leurs jambes à leur cou. C’est pourquoi je ne m’aventure pas dans le market timing."

Il faut prendre un risque pour obtenir un rendement raisonnable.
Lionel Rayon Gestionnaire de fonds chez Schroders
 © Schroders © Schroders

 

 

Plus encore: l’absence de market timing est l’essence même de la stratégie sur laquelle repose le fonds neutre au marché géré par Lionel Rayon. "L’orientation de la Bourse n’a aucune importance. Il faut l’accepter. Un portefeuille est neutre au marché grâce à une combinaison de positions ‘longues’, acheteuses, et de positions ‘courtes’, vendeuses. Les premières permettent de parier sur une hausse des ‘bonnes’ actions, les secondes sur une baisse en vendant de ‘mauvaises’ actions empruntées dans l’espoir de pouvoir les racheter par la suite à un prix inférieur. Si une évolution du marché pousse les deux types d’actions à la hausse ou à la baisse, la performance globale reste stable. Le gestionnaire de fonds ne gagne de l’argent que si les positions acheteuses sont plus performantes que les positions courtes."

Risque de surprise

"Il faut prendre un risque pour obtenir un rendement raisonnable", ajoute Lionel Rayon. "Nous choisissons les entreprises sur  base de leur capacité à surprendre positivement ou négativement. Si nous pensons que leurs bénéfices seront supérieurs aux attentes, nous adoptons des positions longues; si nous estimons qu’elles vont décevoir, nous les shortons."

Est-il efficace de miser sur ce "risque de surprise"? "Très efficace", sourit Lionel Rayon. "Les investisseurs ne sont pas bons lorsqu’il s’agit de prédire les bénéfices des entreprises. En outre, ils commettent toujours le même type d’erreur et il leur faut du temps avant de prendre conscience qu’ils se sont trompés. Les bénéfices des entreprises peuvent dépasser ou être inférieurs aux attentes pendant plusieurs trimestres. Nous en profitons et nous y gagnons de l’argent, surtout avec de grandes capitalisations liquides actives dans un seul secteur, ce qui facilite les prévisions. Par exemple avec Micron Technology, le deuxième fabricant de semi-conducteurs au monde en termes de capitalisation de marché."

Le résultat? Depuis 2007, sa stratégie vaut au Français un rendement annuel moyen de 7,1%. Ce n’est évidemment pas mal… même s’il enregistrait plutôt des rendements à deux chiffres pendant et avant le krach de 2008. "La politique monétaire extrêmement souple de la Banque centrale européenne pèse sur nos résultats", se justifie-t-il. "Les liquidités que nous utilisons pour financer les positions courtes sont placées dans des investissements sûrs à court terme. Avant 2008, ceux-ci rapportaient 3,5 à 4% en plus de l’alpha, autrement dit la différence entre les ‘bonnes’ et les ‘mauvaises’ actions. Aujourd’hui, en raison de la politique de taux zéro de la BCE, il ne nous reste que cet alpha. Nous subissons nous aussi les conséquences de la répression financière."

Risques

Des rendements plus élevés restent possibles moyennant un risque à l’avenant. "On peut toujours obtenir 10% sur des obligations turques, brésiliennes et indiennes, mais pour l’investisseur belge, ces produits présentent de gros risques", reprend Lionel Rayon. "Si les monnaies s’effondrent, vous essuyez soudain un rendement annuel négatif de 25%. Et des crises de ce type surviennent régulièrement sur les marchés émergents. Si vous pensez pouvoir prévoir le moment où elles se déclenchent, je vous souhaite bonne chance: j’en suis quant à moi incapable!"

Les informations et opinions figurant dans cet article sont celles de l’auteur. Cet article se veut exclusivement informatif et ne constitue ni une offre ni une demande d’achat ou de vente d’instruments financiers. Il ne peut être considéré comme une quelconque forme de conseil ou de recommandation. Les résultats passés ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs.

 

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