Une initiative de Schroders

Investir en toute sécurité en période de turbulences

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"Une fois sorti de la lampe, le mauvais génie de l'inflation n'y retourne pas facilement"

Ces dernières années, les investisseurs se sont habitués à des niveaux d’inflation réduits. À présent que leur bête noire relève la tête, ils doivent prendre conscience qu’il est temps de changer leur fusil d’épaule.

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"Les investisseurs doivent opérer un reset mental", prévient Matthew Michael, spécialiste des obligations de pays émergents au sein du gestionnaire de portefeuille Schroders. "Les conditions de marché qui ont donné le ton ces cinq dernières années n’auront plus cours durant les cinq années à venir. Nous sortons d’une période où il était inutile de se préoccuper de l’inflation. Le redressement des cours des matières premières l’an dernier a signé le coup d’envoi d’une nouvelle ère de hausse des prix."

Tendances inquiétantes

Matthew Michael voit plusieurs raisons de craindre que l’inflation nous réserve quelques surprises ces prochaines années. "Sous l’effet de la politique extrêmement souple des banques centrales, le système financier baigne dans les liquidités. En recourant massivement à la planche à billets, les banques centrales tentent en effet de maintenir la problématique de la dette sous contrôle. Elles sont parfaitement conscientes qu’un relèvement trop rapide des taux pèsera sur la croissance économique et l’emploi. Le risque est donc grand d’assister à de fortes hausses des prix de l’immobilier et des carburants, notamment parce que les conditions de crédit sont très favorables."

Les temps sont clairement en train de changer.
Matthew Michael Spécialiste des obligations de pays émergents Schroders

 © Schroders © Schroders


Un dérapage inflationniste n’est donc pas à exclure, poursuit-il. "D’autant que les banques centrales semblent préférer un léger retard à tout excès de précipitation. N’oubliez pas que les consommateurs qui remarquent ces hausses de tarif les intègrent immédiatement dans leurs attentes. Une fois que le mauvais génie de l’inflation est sorti de la lampe, il est très difficile de l’y faire entrer à nouveau."

Une autre source d’inflation réside dans les projets de travaux d’infrastructure à grande échelle envisagés dans certains pays comme les États-Unis et la Chine. De tels stimuli budgétaires entraînent traditionnellement des augmentations du niveau général des prix. Matthew Michael met également en garde contre les conséquences d’un protectionnisme accru, l’une des promesses/menaces du président américain Donald Trump. "Le commerce mondial diminue pour la première fois depuis les années 70. C’est une évolution très inquiétante, car le commerce international est indéniablement une source de prospérité. En outre, cette évolution est inflationniste. Prenez l’aluminium, un produit que les États-Unis doivent massivement importer. Aujourd’hui, l’aluminium y coûte moins de 2.000 dollars la tonne. Si Donald Trump impose des droits d’importation, il se négociera à 2.300 dollars."

L’or comme refuge

On voit donc de nombreuses tendances prendre forme. "La plupart des investisseurs ne sont tout simplement pas prêts à relever ces défis", prévient néanmoins Matthew Michael. "On peut le comprendre: ce sont des questions dont ils ne devaient pas se préoccuper ces dernières années. Mais les temps sont clairement en train de changer."

Pour les investisseurs, il est possible d’obtenir un rendement de plusieurs façons dans cette nouvelle configuration. "Les matières premières et les obligations des pays émergents qui engendrent des revenus supérieurs à l’inflation sont intéressantes, par exemple. Ceux qui restent sur la touche sont de toute manière condamnés à perdre de l’argent. Dans la mesure où les taux des comptes d’épargne sont inférieurs à l’inflation, l’argent qui y est parqué perd de son pouvoir d’achat."

Matthew Michael est surtout positif pour l’or, considéré comme une valeur refuge pour ceux qui veulent s’armer contre une flambée inflationniste. Théoriquement, le cours du métal précieux devrait baisser en cas de relèvement des taux de la banque centrale américaine (l’or est coté en dollar); la réalité démontre cependant le contraire, remarque Matthew Michael: "L’or a enregistré un rendement de 10 à 15% lors des trois des quatre dernières périodes où la Fed a durci sa politique de taux. Et la seule fois où son cours a baissé, c’était en 1994: la Fed s’était montrée trop agressive dans le relèvement des taux, provoquant ainsi le repli d’à peu près tous les marchés."

"Nous nous sommes habitués à une vie bon marché"

"Les économies occidentales ont connu une période faste ces dernières décennies", affirme Matthew Michael, spécialiste en obligations chez Schroders. "Pour l’avenir, beaucoup dépendra des progrès technologiques. Nous nous sommes trop habitués à une vie bon marché, je le crains. Bien entendu, la facture de certains produits a augmenté. Au Royaume-Uni par exemple, le prix des maisons a progressé de 200% depuis 1966 en données corrigées selon l’inflation. Pour le tarif d’une pinte de bière, c’est 100%; idem pour les assurances auto. À l’inverse, la livre de bacon a baissé de moitié, tout comme le plein de carburant et le chauffage. Et il en va de même pour les emprunts immobiliers."

Une tendance sans doute arrivée son terme, juge Matthew Michael. "Le coût de la vie augmentera au cours des cinq à dix prochaines années, ce qui signifie qu’il restera moins d’argent à la fin du mois. Du pain bénit pour les leaders politiques qui entendent contester la liberté de commerce et instaurer davantage de protectionnisme… Heureusement, nous n’en sommes pas encore là. L’inflation devra encore beaucoup augmenter avant que des manifestants n’envahissent les rues."

Les informations et opinions figurant dans cet article sont celles de l’auteur. Cet article se veut exclusivement informatif et ne constitue ni une offre ni une demande d’achat ou de vente d’instruments financiers. Il ne peut être considéré comme une quelconque forme de conseil ou de recommandation. Les résultats passés ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs.

 

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