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8 moments forts du podcast Hors pistes

Hors pistes, le podcast de L'Echo ©L'Echo

Nous avons sélectionné pour vous 8 extraits des grands entretiens réalisés dans le cadre du podcast Hors pistes. Laissez-vous tenter par une dose d'inspiration.

Hors pistes, c'est le podcast de L'Echo qui invite les décideurs et décideuses à exposer leur vision à 10 ans et imaginer un autre avenir collectif. Objectif: comprendre comment leurs décisions d’aujourd’hui pourraient bouleverser votre quotidien, après-demain.

Ilham Kadri (Solvay): le congé de paternité le plus long du monde

«J’ai décidé d'accorder à mes collaborateurs le congé parental le plus long du monde, et à chacun des membres du couple. Que ce soit pour les pères, pour un couple de femmes, LGBT ou homosexuel. Ça a fait réagir autour de moi et certains m’ont posé la question: “Pourquoi?”.

Eh bien, c’est très simple. Par exemple, si le père ne prend pas son congé de paternité pour aider la femme, elle ne pourra pas retourner travailler quand elle le souhaite et avancer dans sa carrière... alors qu’elle est CEO ou leadeuse. Si elle n’a pas cette opportunité, cette possibilité, elle ne le fera pas. Elle a besoin d'un écosystème favorable autour d'elle.

Il faut oser faire des choses disruptives et qui ne sont pas tellement difficiles à faire. Il faut simplement y penser et être inspiré.»

Ecoutez le podcast avec Ilham Kadri

Salvatore Curaba (Easi): le partage de l’entreprise avec les collaborateurs

«De quel droit dois-je être le seul actionnaire de mon entreprise? Le succès d'une entreprise, il vient de ses collaborateurs. J’ai l’impression que c'est une question de cohérence, d'éthique et de partage. Si mes travailleurs travaillent avec moi, est-ce que je ne dois pas partager l’entreprise avec eux?

Je n'oserais pas regarder quelqu'un dans les yeux et lui dire "tu dois travailler plus, tu dois encore être plus performant" en restant le seul propriétaire. C’était, à l’époque, pour répondre à un besoin de légitimité par rapport à mes collaborateurs. Mais c’est aussi pour qu’ils se sentent encore plus concernés: plus la société est performante, plus elle sera valorisée et plus ils gagneront de l’argent.»

Ecoutez le podcast avec Salvatore Curaba

Marie Noble (Foire du Livre): une représentation cohérente de notre potentiel culturel

«De quelle culture parle-t-on? Quelle culture est-elle représentée? Nos institutions sont principalement administrées et gérées par des hommes blancs de 50 ans, majoritairement hétérosexuels. Est-ce la culture qu’on veut véhiculer? Est-il possible de promouvoir une autre culture que celle-là alors que la majorité des gens qui l’administre est très peu représentative de la diversité culturelle?

On a une chance folle à Bruxelles d’être un laboratoire du microcosme mondial avec 184 nationalités. Quelles institutions rendent réellement hommage à cette richesse? Il y a un fossé énorme aujourd’hui entre la diversité culturelle et le potentiel culturel d’une ville comme la nôtre, d’un pays comme le nôtre et les institutions qui représentent cette culture.»

Ecoutez le podcast avec Marie Noble

Guillaume Boutin (Proximus): la revanche des acteurs locaux sur les Gafas

«La Silicon Valley européenne n’existe pas encore. L’Europe a un rôle à jouer dans l’impulsion autour de la tech et des services digitaux. Elle n’a pas été assez présente en la matière, ce qui fait que tous les champions digitaux sont non-européens.

Avec la 5G et la nouvelle approche européenne des données, on va avoir un terrain de jeu qui va favoriser l'émergence de modèles plus locaux, plus centrés autour des marques nationales de confiance.

Pour vous donner un exemple, plus de 50% des revenus publicitaires sont partis vers des plateformes internationales. C’est 1 milliard d’euros en Belgique qui ont profité à Facebook, Google, etc. Avec un nouveau cadre, on peut se donner la chance de faire revenir les revenus publicitaires à un niveau local. Créer une Belgian Data Alliance pour cibler, comme les Gafas, des segments particuliers sur des plateformes de diffuseurs locaux. Si on arrive à récupérer 20, 30, 40% de ces 1 milliard, la filière locale belge serait en bien meilleure santé.»

Annick van Overstraeten (Le Pain Quotidien): le respect de tous les acteurs de la chaîne alimentaire

«Tout le monde doit gagner sa vie dans la chaîne alimentaire. J'ai donc un vrai problème aujourd’hui avec des supermarchés qui offrent du bio à bas prix. C'est un non-sens, ce n’est pas possible que le bio soit au même prix que les produits industriels. Que ce soit le producteur, celui qui transporte, celui qui transforme ou encore le commerçant, dans la chaîne de A à Z, il doit y avoir des gens mis sous pression, qui ne gagnent pas assez leur vie avec les prix qui ont été payés.

Il faut payer le juste prix à tous les niveaux. Nous avons un énorme travail à faire en tant qu’entreprise. Non, Le Pain Quotidien ne fait pas partie des moins chers, loin de là. Mais nous essayons que chaque maillon de la chaîne soit respecté.»

Ecoutez le podcast avec Annick van Overstraeten

Cédric Blanpain (Chromacure/ULB): cure de jouvence et poésie

«En un siècle, grâce à la prévention des maladies infectieuses ou encore grâce à une meilleure hygiène, nous avons gagné 30 ans d'espérance de vie. Il faut bien se rendre compte de ça.

Mais avec le vieillissement, nos tissus et nos organes s'usent avec le temps. Peut-on l’éviter? Je pense que oui. Mais il y a peu ou pas de médicaments qui permettent de le faire.

La restriction calorique et le fait de bien manger, est, et reste aujourd'hui, le seul facteur pour augmenter notre espérance de vie. On ne va pas échapper au vieillissement, il va juste falloir apprendre à mieux vivre avec son corps qui vieillit.

Nous avons aujourd’hui compris un certain nombre de faits. Mais de la compréhension des faits à l'immortalité, il y a un pas énorme. Il y a beaucoup de poésie là-dedans, mais rien de bien rationnel. Il faut juste aujourd’hui assumer notre vœu : vivre de plus en plus longtemps.»

Ecoutez le podcast avec Cédric Blanpain

Olivier Legrain (IBA): la fenêtre de responsabilité des entreprises

«Je ne vois pas de conflit entre ce qu’on appelle la responsabilité sociétale de l’entreprise et sa stratégie. Il faut réintroduire le moyen et le long terme dans la façon dont les entreprises se comportent. On parle d’une fenêtre d’opportunité de 10 ans pour changer la marche de l’humanité et pour éviter des désastres environnementaux. On devrait appeler ça une « fenêtre de responsabilité ». À très court terme il y a peut-être une tension entre stratégie responsable et maximisation du profit. Mais ce n’est qu’à très court terme.

Une entreprise n’est pas là pour maximiser son profit sur les deux années à venir, mais pour être encore là dans 10 ou 20 ans et être opérable, ancrée dans ses communautés, pour qu’elle puisse continuer à attirer les talents.

Je suis optimiste. Il y a une réelle prise de conscience, bien plus qu’il y a 10 ans. Aujourd’hui, je ne connais aucune entreprise qui soit dans le déni. Tout le monde a quelque part à son agenda, à des niveaux différents, la question climatique, la justice sociale... Ceux qui ne l'ont pas disparaîtront très vite.»

Écoutez le podcast avec Olivier Legrain

Thierry Geerts (Google): la nostalgie de l’ambition belge

«Les Belges connaissent relativement mal leur histoire. Premièrement, la Wallonie a été la terre de la première révolution industrielle après l’Angleterre. Soyons fiers de ça. Deuxièmement, c’est ici que s’est développée la première multinationale au monde, avec Ernest Solvay. Après les deux guerres mondiales, qui nous ont fortement touchées, nous ne nous sommes pas dit: «on a raté le train, tout va se passer aux États-Unis maintenant ». Non, il y a eu une véritable relance de la Belgique, très visible à l’Expo 58. A cet évènement, 18 millions de personnes ont visité Bruxelles. Et il n’y avait pas Ryanair, c’était quelque chose qu’il y ait autant de gens dans la capitale.

Le monde entier a été ébahi de voir toutes ces technologies disponibles à Bruxelles: Spoutnik, des réacteurs nucléaires, la première télévision couleur créée par une société européenne… À l’Expo 58, c’était nous la Silicon Valley. Le centre du monde était au plateau du Heysel.

Maintenant, nous sommes arrivés à la 4ème révolution industrielle, et il n’y a aucun plan inspirant.»

Ecoutez le podcast avec Thierry Geerts

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