carte blanche

L'IA et l'IoT feront-ils disparaître votre métier?

L’intelligence artificielle et l’internet des objets feront-ils disparaître votre métier? Absolument pas. Ceci étant dit, les Belges avisés commencent dès maintenant à se former pour acquérir les compétences dont ils auront besoin en 2030.

L’intelligence artificielle (IA) et l’internet des objets (IoT, pour “Internet of Things”) permettent d’améliorer la productivité et la qualité des services et des produits. PwC a calculé que, grâce à l’IA et à l’IoT, le PIB belge pourrait augmenter de 14% à l’horizon 2030, soit l’équivalent de près de 15 milliards de dollars. Ces technologies joueront un rôle capital dans l’augmentation de la productivité et l’optimisation des coûts salariaux. Nous voyons aujourd’hui de nombreux exemples autour de nous, des voitures autonomes aux machines capables de prévoir leur besoin d’entretien, en passant par les maisons et les villes intelligentes.

L’enquête sur l’IA lancée récemment par PwC dans 29 pays, dont la Belgique, visait à mieux appréhender l’impact des technologies à l’horizon 2030 dans les différents secteurs industriels ainsi qu’au niveau humain, en matière de genres, d’âges et de niveaux d’éducation. Qu’en ressort-il? Non seulement les tâches informatiques simples et les activités répétitives seront vraisemblablement automatisées, mais ce sera aussi le cas des analyses de données complexes et peu structurées, ainsi que des prévisions financières. Quelque 30% des emplois en Belgique ont donc de fortes chances d’être automatisés, en particulier dans la production de biens de consommation et le secteur de la construction.

Devons-nous avoir peur de l’automatisation? Les robots nous remplaceront-ils? Certainement pas. Ceci dit, nous devons sensibiliser les pouvoirs publics, les entreprises et la population active à cette problématique, et les exhorter à préparer dès à présent les travailleurs de demain. “À long terme, les emplois qui disparaîtront sous l’effet de l’automatisation seront probablement compensés en grande partie par de nouveaux métiers, en raison de l’élargissement de notre économie et de la prospérité qui sera générée par les nouvelles technologies”, indique John Hawksworth, économiste en chef de PwC. “D’ici à 2030, l’automatisation ne devrait pas provoquer de chômage ‘technologique’ à grande échelle, comme ce fut le cas au cours des décennies qui ont suivi le début de la révolution numérique.”

Nous devons agir sans attendre. Apprendre de nouvelles compétences, nous former en permanence et acquérir dès notre plus jeune âge des connaissances informatiques. Grâce à la formation continue, les travailleurs s’adapteront plus facilement aux évolutions technologiques et développeront les aptitudes nécessaires à la création et à la supervision de systèmes d’intelligence artificielle. Cela leur permettra d’interpréter les résultats délivrés par ces systèmes, de réagir de manière adéquate et de prendre des décisions en toute connaissance de cause.

La Belgique a toujours été un pionnier du commerce international et des investissements mondiaux. C’est pourquoi nos gouvernements et nos entreprises doivent se lancer dans l’IA et l’IoT, limiter les risques de pertes d’emploi et de mise en danger du respect de la vie privée, et se féliciter de l’augmentation de la productivité. Bien entendu, ils devront convertir tout cela en avantage concurrentiel pour la prospérité économique et sociale du pays.

Nikolaos Loutas, Data and Analytics Director, PwC Belgium

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