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Le gaz reste indispensable dans un mix énergétique vert

©Marco Mertens

Il sera impossible de réaliser les objectifs climatiques en opérant des choix exclusifs: nous avons besoin d’un mix énergétique durable, finançable et fiable. “Le gaz est complémentaire des énergies renouvelables et a parfaitement sa place dans ce scénario”.

Seul un mix énergétique judicieux peut garantir notre approvisionnement. La production d’énergie renouvelable dépend en effet des conditions météorologiques. Moins il y a de soleil et de vent, moins les panneaux solaires et les éoliennes produisent d’électricité. C’est pourquoi le gaz a toujours un rôle crucial à jouer. Actuellement, il prend à son compte environ 25% de la production d’électricité dans notre pays. Dans le futur, il permettra de préserver la flexibilité et la sécurité d’approvisionnement de notre réseau électrique.

Du gaz (plus) vert

“Le passage au gaz entraîne déjà une nette réduction des émissions de particules fines et de NOx, mais aussi de CO2”, souligne Steven Van Caekenberghe, General Manager de Gas.be, la fédération qui réunit les gestionnaires des réseaux de transport et de distribution de gaz en Belgique. “En outre, le secteur a la volonté de rendre son produit encore plus respectueux de l’environnement.”

“Le gaz vert facilite la mise en place de solutions encore plus durables, abordables financièrement et fiables. La Belgique compte désormais plusieurs installations de biogaz, qui produisent du gaz vert par fermentation de matériaux organiques tels que les déchets agricoles, ménagers et de jardins. Ce gaz peut ensuite être employé comme source d’énergie.”

Biométhane

Les premières installations de biométhanisation apparaissent peu à peu en Belgique; elles rendront ce gaz plus propre encore. À Merksplas, l’intercommunale de gestion des déchets IOK produit du gaz vert par fermentation des déchets organiques. Injecté dans le réseau, ce gaz est alors directement distribué aux particuliers, les entreprises et les communes.

“Le principe est comparable à celui des panneaux solaires”, prolonge Steven Van Caekenberghe. “Lorsque la production est supérieure à la consommation propre, les panneaux solaires injectent l’excédent d’énergie dans le réseau électrique. Il en va de même pour le gaz vert provenant des installations de biométhanisation dans les entreprises.”

À l’avenir, les utilisateurs pourront conclure des contrats de fourniture de gaz vert comme ils le font aujourd’hui pour l’électricité.
Steven Van Caekenberghe
General Manager de Gas.be

Le gaz vert représente une alternative à la fois de qualité et renouvelable au gaz. Une bonne nouvelle pour l’environnement… mais aussi pour notre porte-monnaie, puisque, mis à part la construction de l’installation de biométhanisation proprement dite, le gaz vert n’exige pas d’investissements ni de modifications à l’infrastructure de gaz existante, y compris aux conduites et applications finales chez les utilisateurs (des chaudières aux installations industrielles).

Autre avantage: l’installation de biométhanisation est opérationnelle 90% du temps. En cela, elle se montre nettement plus performante que les installations solaires et éoliennes, qui ne sont opérationnelles que 10% et 26% du temps respectivement.

Les installations de biométhanisation ont par ailleurs des effets positifs sur l’environnement et l’économie locale. Elles créent des emplois, diminuent les émissions de gaz à effet de serre, valorisent les déchets et incitent les agriculteurs à opter pour une agriculture biologique.

“Pour toutes ces raisons, le gaz vert doit avoir sa place dans la transition énergétique – c’est l’avenir!”, affirme Steven Van Caekenberghe. “La production de gaz vert ne nécessite pas plusieurs années de recherche supplémentaires: la technologie fonctionne et est déployable dès maintenant. De plus, notre réseau de gaz largement connecté nous permet d’importer du gaz vert des pays voisins, ce qui en accroît encore le potentiel.”

Marché du gaz vert

Gas.be veut étendre le marché du gaz vert. Afin de faciliter et de simplifier les échanges, la fédération a créé le Green Gas Register, sur lequel les producteurs de biométhane belges peuvent s’enregistrer volontairement. L’origine du gaz qui s’y traite bénéficie d’une garantie officielle. De cette façon, les organisations peuvent démontrer que le gaz vert qu’elles produisent, transforment, négocient ou utilisent satisfait à des critères de durabilité internationaux et qu'elles réduisent effectivement les émissions de CO2.

“Ce registre apporte de la transparence et contribue à fluidifier le marché commercial du gaz vert”, observe Steven Van Caekenberghe. “Bientôt, les utilisateurs pourront conclure des contrats de fourniture de gaz vert comme ils le font aujourd’hui pour l’électricité. Plusieurs études de marché sont en cours, et nous estimons que le gaz vert pourra prendre à son compte jusqu’à 25% du marché du chauffage en Belgique. Des études européennes évoquent même 50%. C’est un potentiel immense dans lequel nous croyons énormément.”

Pas d’exclusivité

“Nous ne pourrons réussir la transition énergétique que si nous combinons plusieurs solutions et sources d’énergie”, conclut Steven Van Caekenberghe. “Nos voisins aussi ont conscience qu’il ne faut pas s’en tenir à une seule option. Pour atteindre les objectifs climatiques dans les délais, nous devons compléter l’éolien et le solaire par d’autres sources d’énergie comme le gaz. Et cela restera le cas au cours des prochaines décennies.”

Le gaz comme vecteur d’électricité renouvelable

En plus de constituer une alternative aux véhicules électriques, le gaz permet de stocker et de transporter l’électricité renouvelable produite par les éoliennes et les panneaux solaires.

Le gaz rend déjà notre transport plus écologique. Le CNG (gaz comprimé) pour les voitures et le LNG (gaz liquide) pour le secteur du transport se révèlent beaucoup moins nocifs pour l’environnement que le diesel et l’essence.

“Une voiture qui roule au CNG émet jusqu’à 77% de particules fines en moins par rapport à une voiture diesel”, chiffre Steven Van Caekenberghe, General Manager de Gas.be. “Le CNG est aussi une solution pour les automobilistes qui diffèrent l’achat d’une voiture électrique, par exemple en raison de son prix ou de son rayon d’action relativement limité.”

Les transporteurs sont de plus en plus nombreux à abandonner le diesel au profit du LNG. “Presque toutes les grandes marques proposent aujourd’hui leurs camions en version LNG. Le gaz rend plus écologique l’ensemble du secteur du transport. Et le passage au gaz vert pourrait encore amplifier ce phénomène.”

Power-to-gas

Outre le fait de constituer une alternative à l’électricité dans les transports, le gaz permet de stocker et de transporter l’électricité renouvelable produite par les éoliennes et les panneaux solaires. Gas.be plaide à cet égard en faveur d’une reconnaissance des pouvoirs publics pour ce type de projets innovants. Ces incitants supplémentaires pourront être utiles pour favoriser l’éclosion de projets power-to-gas dans notre pays.

Selon ce principe, l’énergie (excédentaire) produite par exemple par les éoliennes est transformée en hydrogène vert, voire, si on la combine avec du CO2, en biométhane synthétique. Ce gaz vert peut ensuite être stocké et transporté via le réseau de gaz pour être utilisé plus tard et/ou ailleurs comme source d’électricité verte pour le chauffage, par l’industrie ou comme carburant pour les véhicules. Il serait ainsi possible de conserver l’électricité verte beaucoup plus longtemps qu’avec des batteries.

“Le réseau de gaz pourrait jouer un rôle dans ce domaine”, confirme Steven Van Caekenberghe. “Avec ses sites de stockage souterrain, notre infrastructure gazière offre une énorme capacité de stockage d’énergie. En théorie, nous pourrions largement approvisionner tous nos concitoyens en électricité verte via le réseau de gaz.”

Moins de pics et de creux

Le power-to-gas autorise une gestion plus efficace de la demande et de l’offre d’énergie solaire et éolienne. En stockant sous forme gazeuse l’excédent d’électricité en période de pics de production, notamment lors des journées très ensoleillées ou très venteuses, pour la consommer plus tard, lorsqu’il y a moins de soleil et de vent et que la production diminue, il est possible de lisser les pics et les creux de l’offre et de la demande d’énergie renouvelable.

“Ceci démontre que l’électricité et le gaz sont parfaitement complémentaires”, conclut Steven Van Caekenberghe. “Plusieurs entreprises belges étudient la faisabilité d’un projet pilote power-to-gas et toutes ses implications. Quoi qu’il en soit, cette technologie recèle un potentiel énorme. Le stockage et le transport d’énergie sous forme de gaz est nettement plus efficace, du point de vue du coût, que le transport d’électricité par câble.”

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