sabato

Testé: Tribeca, où un jeune chef propose une cuisine de brasserie élégante

©rv

C'est une bâtisse dotée d'une façade en lambris de bois noirci, dans un quartier résidentiel des hauteurs de Charleroi. C'est ici que l'ancienne responsable des événements du Casino de Knokke, Christiane Tienpont-Fauville, a repris un restaurant pour en créer un autre, résolument différent.

Chaises et tables noires et blanches, l'endroit est cosy. On avance vers une grande baie vitrée qui donne sur une vaste terrasse, un jardin à l'anglaise, une prairie où paissent quelques vaches et, enfin, un bosquet.

En cuisine, Lucas Vanderschueren. Après des études à l'école hôtelière de Namur et des stages à La Bergerie (Lives-sur-Meuse) qui fut bi-étoilé et à La Villa Lorraine (avec le chef Maxime Collin), il rejoint le Tribeca, à 17 ans, pour, aujourd'hui, en être le chef, à 20 ans!

©rv

En salle, Dimitri De Bodt, que l'on a connu dans une institution gourmande carolo, le Square Sud, fait vivre la tradition de la découpe (comme le bar entier au gros sel, sur réservation) et de la préparation en salle (notamment pour le filet américain): une double pratique devenue très rare.

Il fait beau. En terrasse, une flûte du champagne Lucas-Carton (signé Vranken) va accompagner les quelques mises en bouche pour débuter ce déjeuner: brochette de boeuf, oignon, pomme acidulée; tartare de turbot, citronnelle et crème au wasabi; velouté d'oignons rouges.

Comme entrée, ma compagne a choisi un cannelloni de concombre farci de tourteau, pickels de légumes et salade de Trévise. Une fraîcheur printanière appréciée. Je n'ai pas résisté à la préparation de petits gris de Namur (appellation protégée), relevés de petits pois, de menthe et d'ail des ours. Juste un regret: la main un peu lourde côté sel.

Adresse?
Tribeca
10, rue de Bertransart
6280 Gerpinnes
Tél. 071/31 97 44
Fermé lundi, samedi midi, dimanche soir.
Parkings privés.

Sommelier?
Références françaises telles que Cristal Roederer et Dom Pérignon (Champagne), Trimbach (Alsace), Tracy, Ladoucette, Taluau (Loire), Brocart (Chablis), Charlopin (Côtes de Nuits), Colombo, Cuilleron, Bastide St Dominique (Rhône). Sans oublier la Cuvée Ruffus, méthode traditionnelle belge.

Vins au verre: 7-10 euros. Coeur de carte: 35-80 euros.

Décibels?
Musique en sourdine.

Addition?
Deux flûtes de champagne, deux entrées, deux plats, deux desserts, une bouteille de vin, soit 195 euros.

On y retourne?
Oui, pour se faire plaisir avec le menu homard à 75 euros.

Comme plat, du ris de veau braisé servi avec des fruits rouges, émulsion fruitée et pommes de terre vitelottes. Le ris faisait un accueil favorable aux notes acidulées de cette préparation. J'ai préféré choisir la pêche du jour, soit du turbot ce midi-là, sabayon estragon-menthe, pommes gaufrettes (et non duchesse comme indiqué sur la carte) et fenouil braisé. Le chef aime travailler les poissons dont il semble bien maîtriser la cuisson.

Comme dessert, il associe brownie au chocolat-caramel, à la vanille et à la verveine qui donnent du relief à la préparation.

Dans les verres, suggestions parfaites du maître d'hôtel-sommelier, le Viré-Clessé, un grand blanc du Mâconnais, et Les Pierres Blanches de cet excellent vigneron que fut André Bonhomme. Il nous fera aussi goûter un vin confidentiel, un Coteaux du Vendômois bio du Val de Loire, un mono cépage chenin: une découverte.

À la recherche d'un restaurant près de chez vous? L'onglet 'Les tables de Sabato' reprend toutes nos adresses.

Lire également

Publicité
Publicité