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Aux Armes de Bruxelles: encore du pain sur planche pour retrouver la gloire d'antan

©Cici Olsson

Jan Scheidtweiler s'attable aux Armes de Bruxelles, la célèbre brasserie de l'Îlot sacré.

Dans les meilleures actualités de 2018, on avait épinglé le sauvetage du restaurant Aux Armes de Bruxelles. Cette enseigne mythique de la rue des Bouchers avait été reprise par Rudy Vanlancker qui, grâce à l'expansion de Chez Léon, a bien mérité le titre de 'roi belge de la moule'. Cette reprise met fin à des années de mauvaise gestion.

©Cici Olsson

Tant sous la direction du groupe français des brasseries Flo que sous la houlette des célèbres frères restaurateurs Beyaz, les Armes avaient fini par devenir le énième piège à touristes du quartier, où l'on servait un vol-au-vent médiocre hors de prix dans un cadre usé.

Quand un garçon approche de la table un plateau roulant avec un fourneau, pour faire flamber une crêpe 'comédie française' en salle, on plonge dans le passé.

Dommage pour un restaurant dont l'histoire remonte à 1921, et qui avait même décroché une étoile Michelin en 1954. Dans ses années de gloire, les Armes étaient le lieu où Charles Aznavour, Toots Thielemans et des membres de la famille royale venaient s'attabler autour d'un waterzooi. Jacques Brel y avait une table attitrée, aujourd'hui encore signalée par une plaque à son nom.

Les Armes ont-elles retrouvé leur charme d'antan? Pas tout à fait, car la cuisine n'est pas encore à la hauteur. Néanmoins, monsieur Rudy est sur la bonne voie: côté déco, la cuisine a été entièrement rénovée, alors que la salle à manger est restée une machine à remonter le temps jusqu'aux années 50, avec une profusion de meubles en bois massif, de granito et de vitraux. Une réussite.

Adresse?
Aux Armes de Bruxelles
Rue des Bouchers 13
1000 Bruxelles
Tél. 02/511.55.50
Ouvert 7 jours sur 7.

Sommelier?
Une carte honnête, très française et une dizaine de vins au verre.

Décibels?
Les salles sont vastes et animées, ce qui met de l'ambiance et pourtant, on n'a pas l'impression de se trouver dans un réfectoire. Les décibels restent limités.

Addition?
Total: 79,05 euros.

On y retourne?
Le come-back d'une "grande dame" prend un peu de temps. Par sympathie, j'y reviendrai une fois encore pour suivre ce retour.

 

Les garçons, solennels dans leur uniforme à épaulettes, restaurent aussi le panache de cette époque. Et quand un garçon de la brigade de salle approche de la table un plateau roulant avec un fourneau, pour faire flamber une crêpe 'comédie française' en salle, avec un trait de Mandarine Napoléon, on plonge dans le passé.

Ma première visite aux Armes après rénovation avait été décevante. Le cabillaud poché à la sauce mousseline (26,75 euros) et le waterzooi de poisson (26,55 euros) faisaient pâle figure. Le chef, Cédric Callenaere, pourtant un vétéran de la cuisine de brasserie de qualité, semblait avoir oublié d'assaisonner pratiquement tous les plats.

Quelques mois plus tard, ce faux départ est oublié et la cuisine s'est améliorée. Les deux croquettes de volaille bien croustillantes (14,75 euros) sont justement escortées par une sauce madère à l'ancienne, servie à part dans une petite cruche en cuivre. S'il y avait eu plus de volaille dans la croquette, ce plat aurait mérité le titre enviable de plat signature. Une deuxième préparation typiquement brasserie, les filets de sole mer du Nord (champignons, crevettes, moules, homard, crème), est également correcte, sans être extraordinaire, ce que l'on pourrait pourtant espérer pour son prix - 39,50 euros.

Les Armes sont de retour. Mais monsieur Rudy et le chef Cédric ont encore du pain sur planche pour redorer la gloire de ce pilier gastronomique de l'Îlot sacré.

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