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La carte bruxelloise du chef Jean-Philippe Watteyne

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Patrick Fiévez s’attable au The 1040, où Jean-Philippe Watteyne signe la carte et supervise l’équipe.

Ce chef gère deux restaurants dans sa ville de Mons: le ICook et le Bistro de Jean-Phi (un Bib gourmand au Michelin). Ex-candidat Top Chef et animateur d’une émission à la RTBF, Jean-Phi (pour les intimes) a été approché par le groupe AccorHotels pour repenser le restaurant du Sofitel Brussels Europe. On se souvient de l’expérience malheureuse, à la même adresse, du Spud’s, parrainé par le chef parisien Alain Senderens, alors triplement étoilé: ce restaurant n’a jamais décollé!

Adresse?
The 1040
Place Jourdan, 1
1040 Bruxelles
Tél. 02/235 51 00

Sommelier?
Références hexagonales: P. Balland (Chablis), Christophe Pacalet (Beaujolais), Château de La Liquière, (Faugères, Languedoc), Domaine de Garance et La Mordorée (Côtes du Rhône). Huit vins au verre (6 à 10 euros). Service en carafe. Cœur de carte: 35-49 euros.

Décibels?
Zéro musique. Voisins de table cosmopolites, institutions européennes obligent.

Addition?
Apéritif, entrée, plat, dessert et vin pour deux personnes: 144,50 euros.

On y retourne?
Pour le lunch (trois services) sagement facturé 37 euros. On vise le Bib gourmand?

 

Avec ce nouveau concept, une brasserie élégante et contemporaine, l’hôtel à deux pas des institutions européennes espère accueillir les amateurs de cuisine de brasserie haut de gamme avec une carte reprenant de nombreuses spécialités belges actualisées, comme les qualifie le chef. Celui-ci est sur place un ou deux jours par semaine pour épauler l’équipe.

Celui qui dirige la brigade en cuisine au quotidien, c’est Mattéo Vannini, un chef natif de Florence qui fut à l’origine de l’étoile au guide rouge du Da Mimmo, aujourd’hui dans le portefeuille d’un repreneur de quelques enseignes bruxelloises. Le Toscan complète les suggestions créées par le Montois. De bons produits, majoritairement du pays, et même, pour certains, ultralocaux: les herbes aromatiques et le miel viennent du potager et des ruches sur le toit de l’hôtel.

Nous choisissons une bière à l’apéritif. Mon compagnon de table opte pour une Delta IPA de la brasserie bruxelloise Beer Project et perso, plus classiquement, je demande une de mes Gueuzes favorites, celle de Cantillon.

Que prendre en entrée? La plus tentante est une déclinaison originale de croquettes comme on les aime en Belgique. Cet assortiment compte quatre pièces originales et décalées: au fromage d’Orval, au chicon gratin, à la carbonnade et aux queues d’écrevisses. Mais moi, je souhaitais goûter celle qui était proposée indépendamment de ce quatuor, la classique croquette aux crevettes. Seul bémol: le goût des crevettes était masqué par une sauce trop lourde à mon goût.

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Passons aux plats. Mon complice choisit un contre-filet de bœuf (de race limousine), beurre de cuisson aillé, cœur de laitue (et rondelles de concombre peut-être superflues) et frites au blanc de bœuf, comme il se doit. Le vol-au-vent revisité me tentait. Une volaille fermière parfaitement cuite (bien moelleuse), un feuilleté servi à part pour le croustillant et des frites. Juste un petit regret: il n’y avait pas de boulettes, ce qui est le signe particulier de la recette originale.

Passons au dessert. Ce sera une classique dame blanche au chocolat légèrement épicé à la cardamome et un merveilleux ‘by Jean-Phi’: sphère meringuée, crème au mascarpone et copeaux de chocolat. "Un petit moment de violence", m’annonce le serveur en faisant craquer la croûte.

Côté vin, un très original blanc, tendance gris, de cépage merlot (un blanc de noir donc) de l’Hérault (Le Blanc des Filles) et un Beaujolais-Villages, connu et apprécié, de Christophe Pacalet, neveu de l’emblématique vigneron de Morgon, Marcel Lapierre. Cette adresse est appelée au succès. Service en salle sympa et alerte. On applaudit.

À la recherche d'un restaurant près de chez vous? L'onglet 'Les tables de Sabato' reprend toutes nos adresses.


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