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Le Charlu: "On ne vient pas ici pour grignoter"

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Patrick Fiévez s'attable au Charlu. Des airs de vieux bistrot parisien, de bouchon lyonnais, pour une cuisine gourmande, de terroir.

On l'a connu à l'époque de la brasserie Thoumieux, dans le quartier du Châtelain, à Ixelles, sorte de succursale de la célèbre brasserie parisienne éponyme où Jacques Chirac se régalait de tête de veau. Ensuite, Antoine Salviat a ouvert Le Comptoir d'Antoine, à Uccle. On le retrouve aujourd'hui au Charlu, dans le quartier Saint-Job.

L'esprit n'a pas changé: il y sert une cuisine de terroir authentique dans une ambiance de bistrot tout en décor lambrissé et comptoir en zinc emblématique des cafés français.

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En cuisine, un chef d'origine basque, et plus précisément de Saint-Jean-Pied-de-Port, Olivier Destribois, 40 ans dont 26 au piano. Il affiche un parcours aux étapes très étoilées: Le Divellec, Roellinger, Blanc, Meneau, Guérard. Excusez du peu. En Belgique, il oeuvra pour Evan, au Gril aux Herbes à Wemmel.

Aujourd'hui, le chef propose une carte d'inspiration lyonnaise (dont l'andouillette à la fraise de veau labellisée A.A.A.A.A.) avec des touches de son sud-ouest natal, comme le cassoulet maison ou la tête de veau corrézienne vinaigrette.

En détaillant la carte devant une flûte de Cava, on se demande que choisir...? Toutes les suggestions sont tentantes dans ce registre gourmand qui fait honneur aux spécialités françaises.

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Alors, on hésite - en appréciant le pain et l'huile d'olive grecque de chez Kalios. Nous décidons d'opter pour un choix à la carte. Ma voisine débute avec des artichauts à la barigoule: des petits violets agrémentés de lard fermier et d'un jus de cochon. Début prometteur dans l'esprit souhaité, tout comme mes asperges vertes de Pertuis (village du Vaucluse réputé pour ce légume) et oeuf frit.

Pour suivre, ma complice craque pour une volaille fermière, morilles, pointes vertes et risotto de fregola sarda (une spécialité sarde). Ce plat est déposé sur la table dans sa cocotte. C'est du copieux: on ne vient pas ici pour grignoter! Grincheux s'abstenir comme le témoignent nos voisins de table, particulièrement joyeux et bavards...

Des produits d'exceptions (asperges, agneau, volaille) et des préparations goûteuses qui fleurent bon la France.

Perso, j'apprécie un agneau de Lozère annoncé confit mais servi juste cuit avec un crémeux de haricots tomatés dans un esprit espuma. Le chef nous dira en fin de repas que, vu la qualité de l'agneau, il a préféré ne pas le confire pour lui garder tout son goût.

Au dessert, une coupe périgourdine (marrons glacés et liqueur de noix) et un baba, un peu sec, mais que l'on arrosa de rhum agricole dont la bouteille fut déposée sur notre table.

Dans les verres? Avec les entrées, un verre de viognier du Domaine de la Rectorie des frères Parcé (Banyuls) et puis une bouteille des Côtes Catalanes, très marquée par le cépage grenache, La Vieille Mule de Jeff Carell. Bref, un déjeuner parfait: on reviendra...

Adresse?
Charlu
676, chaussée de Saint-Job
1180 Bruxelles
Tél. 02/374.26.10
Fermé lundi et mardi.
Terrasse et parking.

Sommelier?
Références françaises: Loire, Beaujolais, Languedoc, Roussillon, Sud-Ouest, Champagne... Dont Marionnet (Gamay de Touraine), Mellot (Sancerre), Fabien Jouve (Cahors), Clos des Cazaux (Vacqueyras), JM Burgaud (Beaujolais-Villages),... Coeur de carte: entre 28 et 38 euros.

Décibels?
Jazz classique en sourdine.

Addition?
Deux apéritifs, deux verres de vin blanc, une bouteille de rouge, deux entrées, deux plats, deux desserts. Un total de 150 euros.

On y retourne?
Oui. Et pour un lunch sur la terrasse (18 euros).

À la recherche d'un restaurant près de chez vous? L'onglet 'Les tables de Sabato' reprend toutes nos adresses.

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