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Le Louis XV à Uccle: un cadre singulier, mais...

©Luc Viatour

Les frères Mathieu et Maxence Maenhout proposent des plats autour de produits belges. C'est en tout cas leur souhait, même si la viande est irlandaise, le poisson actuellement de la perche du Nil et le canard (de race mulard), hongrois.

À Bruxelles, dans le parc du Wolvendael, ce pavillon transformé en restaurant porte le nom du célèbre Roi de France, Louis XV Le Bien Aimé. Ce bâtiment classé, représentatif de l'architecture typique du XVIIIème siècle, a été édifié à Amsterdam d'où il est amené et reconstruit à Bruxelles en 1909 à l'initiative du propriétaire du parc, Léon Janssens.

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Aujourd'hui, il est (re)devenu un restaurant dirigé par Mathieu et Maxence Maenhout. Le premier, passionné de cuisine, travaille encore dans le secteur bancaire mais seconde son frère aux fourneaux. Ce dernier a oeuvré au Grand Ryeu de Beaumont et à L'Essentiel de Temploux. Dans cette bonbonnière hors du temps, dix-huit couverts seulement sont dressés en exploitation normale puisqu'elle accueille aussi séminaires et walkings dinners.

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L'idée des deux frères est de présenter des plats autour de produits belges. C'est en tout cas leur souhait même si la viande est irlandaise, le poisson actuellement de la perche du Nil et le canard (de race mulard), hongrois. Seul ce midi-là, je m'installe à une table au nappage immaculé. Le cadre est plutôt singulier. On craignait la grandiloquence, il n'en est rien: la sensation est même plutôt intimiste.

Devant une flûte de "méthode traditionnelle" (c'est un Cava), j'opte pour le menu à 38 euros (entrée, entremets, plat et dessert). Menu imposé (pas de possibilité de choix). Ce midi, on débute par deux mises en bouche. Anchois frais de Norvège et mousse aux asperges vertes. Ensuite, un petit morceau de saumon cuit à l'unilatérale et une inédite huile de mandarine. Un accord singulier, mais réussi. En entrée, un oeuf cuit mollet est entouré de trois petits rouleaux de pain perdu farcis de pointes d'asperges vertes. En accompagnement, une très discrète (trop à notre goût), crème au curry rouge. L'ensemble est saisonnier.

RÉSERVATION
Adresse?
Avenue Wolvendael 14, 1180 Bruxelles (Uccle). Tél. 02/372 28 60 Fermé lundi et mardi. www.lelouisXV.be
Sommelier?
Carte minimaliste de huit vins - belges et références bordelaises et bourguignonnes.
Décibels?
Musique jazzy sous les 40 dB.
Addition?
Une flûte de Cava (6 euros), un menu à 38 euros et un forfait vin à 25 euros. Un total de 69 euros.
On y retourne?
Cet été, pour la formule pique-nique. Un panier garni avec une bouteille de vin que l'on emporte pour manger dans le parc (30 euros pour deux).

 

 

Avant le plat, voici une glace au foie gras. Appréciable pour les amateurs d'une parenthèse glacée entre deux services... Le filet de canard arrive. On ne m'a pas demandé la cuisson, mais il est servi assez rosé voire même un peu trop en extérieur. La cuisson nous intrigue. Le chef nous dira plus tard qu'il a été poêlé puis mis sous vide. Cela me laisse perplexe. Des coeurs d'artichauts (sans doute en conserve, vu la note d'acidifiant), polenta grillée aux épinards et petit jus réduit. Le plat manque de saveur, de relief.

©Luc Viatour

On terminera par un excellent dessert: une mousse de café, croquants au miel, noisettes et une pointe (subtile) de rhubarbe. Dans les verres, un bon blanc, un Bergerac du Domaine de Conti. En rouge, la suggestion du jour est un assemblage des cépages pinotin et cabertin, du Domaine du Chenoy, en province de Namur, signé Philippe Grafé, "La Taille aux Renards" dans le millésime (assagi) 2010. Comme vous le constaterez, voilà un déjeuner au bilan quelque peu mitigé.

©Luc Viatour

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