sabato

Testé: Alain Bianchin à Jezus-Eik

Alain Bianchin, le chef du restaurant éponyme à Jezus-Eik. ©Philippe Meyers

Après avoir ses armes parmi les plus grandes maisons étoilées (Barbizon, Comme chez Soi, Hilton, Chalet de la Forêt, rien que ça!), Alain Bianchin a ouvert son enseigne personnelle à Jezus-Eik en périphérie bruxelloise. Celui qui aime apprendre et transmettre n'a qu'un seul mot d'ordre: "Il faut savoir, savoir faire et savoir faire faire!"

C'est lui qui fut à la base du renouveau stellaire de la célèbre Villa Lorraine. Après être passé dans des restaurants étoilés comme le Barbizon à Overijse, le Comme Chez Soi, Claude Dupont puis le Chalet de la Forêt durant douze ans (des débuts jusqu'à l'obtention de la deuxième étoile), Alain Bianchin porte chance aux établissements par où il officie. L'été dernier, il quitte La Villa pour ouvrir son propre restaurant. Trouver des fonds et un lieu n'est guère facile: il choisit finalement une maison d'Overijse (Jezus Eik) à proximité de la forêt de Soignes et du Carrefour Léonard, entourée de restaurants bien connus des Bruxellois qui venaient le dimanche y déguster une tartine au fromage blanc avec une gueuze. Ouvert début février, son enseigne accueille déjà quelques fidèles amateurs de sa cuisine, qu'il aime définir ainsi: "Simple, pleine de goût, classique avec des touches actuelles. Une cuisine qui va à l'essentiel".

En entrant, on découvre tout d'abord une grande salle au dallage gris comme les chaises. Au milieu, une vieille trancheuse Berkel pose devant la cuisine ouverte. En face, un espace bar où l'on peut s'asseoir pour manger en observant le chef au piano.

©JR

En dégustant un original prosecco rosé (cépage pinot noir), voici les mises en bouche. Et là, on craque déjà: mini brochette saumon-agrume; flan de foie gras et parmesan relevé d'une réduction au Porto; mousse de thon et grenade... C'est drôlement bien exécuté, les ingrédients sont en parfaite harmonie. Ce jour là, le lunch propose une salade variée présentée en dôme sur lequel reposent des copeaux très fins de jambon du Pays Basque du producteur réputé qu'est Pierre Oteiza. Pour le menu, c'est un carpaccio de Saint-Jacques relevé d'un gaspacho d'huîtres subtilement citronné. Frais et très marin. Comme plat, un filet de dorade cuit sur peau accompagné des pois chiches à la sauce tomate bien réduite. Un plat ensoleillé (cuisson parfaite du poisson, bien ferme). Le plat du menu est une volaille pattes noires entourée de chicons et de poireaux très braisés, d'une purée et d'un jus bien "serré" rehaussé de quelques filaments de truffe noire. Une préparation classique qu'affectionne (aussi) le chef.

©JR

N'ayant pas (encore) de pâtissier, Alain Bianchin fait confiance à son ami Fabrice Collignon, le roi du macaron. La carte propose quatre déclinaisons de ses desserts. Un cheese cake revisité avec sablé émietté, sorbet et coulis de fruits rouges, très loin de ce classique de la cuisine anglo-saxonne mais très près du paradis gourmand. Le jeune pâtissier réalise aussi un excellent baba au rhum, un dessert oublié, hélas. Bien imprégné de rhum (c'est la moindre des choses quand on porte un nom pareil), il est servi avec crème fraîche et mascarpone.

Dans les verres, un Muscadet bio frais et tonique présenté dans l'excellent millésime 2010; un original et confidentiel blanc italien d'Ischia, une île au large de Naples, dans un esprit identique au précédent; une cuvée "Jardin du Paradis", un rouge des Corbières (Castelmaure) à la réputation justement flatteuse. Petit détail pour conclure: le café (Guatemala, Kenya et décaféiné) provient d'un torréfacteur belge, JJ Delooze. Un plus.

RÉSERVATION
Adresse?

Brusselsesteenweg 663, 3090 Jezus-Eik Tél. 02/657 67 88 Fermé samedi midi, dimanche et lundi. www.alainbianchin.be
Sommelier?
La carte débute par les références d'Espagne et d'Italie, une sélection courte mais irréprochable dont le Rias Baixas Pezo de Seniorans (52 euros) et le Palazzo della Torre du producteur Allegrini (56 euros). Beau choix en rouges et en blancs de producteurs de Loire, du Rhône et du Languedoc (à partir de 31 euros). Sommelier de bon conseil.
Décibels?
Moins de 25dB.
Addition?
Deux flûtes de prosecco, un lunch trois services, un menu trois services, vins inclus: 142 euros.
On y retourne?
Pour suivre l'évolution culinaire d'un chef (enfin) dans ses murs.

 

 

Lire également

Publicité
Publicité